‹ La France et ses coloniesChapitre 166 sur 283 · HE · texte numérisé non relu

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des cailloux sur les roules, el plus d'un porte à son cliepeau de paille la plaque de cantonnier. Comme travailleurs de terre, on les préfère aux Arabes, cela va sans dire, et même aux Espagnols ; on les

Uiic faiiiitte kabyle. — Dnsin ilc G. Tuillier, d'tprte una |ibolo^aphîc c<

unlquée par H. Poinssot.

rencontre dans les quatre provinces, voire dans celle de Tunis, mais surtout dans celle d'Omn. Les uns, émigrants temporaires, s'en retournent au pays, 1b vigne plantée, la moisson faite : les autres y restent et font souche d'ouvriers des champs. Le

recensement de 1886 en a signalé 17445, la Tunisie non comprise. Là-dessus, l'Oranie en réclame à elle seule 14374, dont beaucoup sont, par malheur, des Juifs venus pour le brocantage et l'usure.

Dans divers ksour sahariens et dans beaucoup d*oasis, les Noirs sont la vraie trame de la population ; dans le Tell on ne les trouve qu*en très petit nombre. Employés aux travaux serviles, ils demeurent dans les grandes cités, toujours prêts à rire aux éclats, turbulents, gesticulateurs, passionnés pour la gambade ; au demeurant, bons et utiles. A Tintérieur, ils forment quelques humbles tribus, qu'on nomme les Abid, ce qui veut dire les serviteure.

Nègres purs, ils sont peu nombreux, et Ton a vite fait de compter, même à Alger, les bruns, plus que bruns, bons enfants à ténébreux visage : ils apportent et emportent des matériaux de bâtisse, ils creusent des fondations, ils tressent des paniers, ils poussent devant eux un bourriquet chargé qui glisse des quatre pattes sur le caillou des rues en escalier, ils broient le café au pilon, ils badigeonnent en blanc les maisons, et la cliaux met sur leur face des taches blanches, moins blanches que leurs dents.

Nègres « larvés », ils sont innombrables. Jusque dans les tribus reculées on voit, tantôt presque imperceptibles, tantôt violemment accusés, quelques signes de la race noire sur des visages arabes ou kabyles, la traite ayant de temps immémorial amené des Soudaniens dans le Tell à travers le Sahara; le Grand Désert n*a jamais effrayé les marchands d*honunes, pas plus que les forêts, les marais, les mers, ou même le péril do pendre aux vergues des croiseurs : ravir, convoyer, vendre son frère fut toujours une affaire superbe.

Le préjugé de couleur n*existant pas en pays dlslam, c'est à très nombreux milliers que les Négresses sont entrées dans les familles telliennes — les Nègres aussi, mais en nombre infiniment moindre que les « beautés d'ébène » .

A ce point qu'une moitié peut-être de nos Atlantidiens roule, dans le torrent de son aorte, du sang de Cham à travers le sang de Sem.

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