‹ La France et ses coloniesChapitre 18 sur 283 · ReO.!!!. — HUS COLOHIES · texte numérisé non relu

ReO.!!!. — HUS COLOHIES

eux, comme l'Amérique, l'Asie, l'Océanie et les Iles, voire aussi l'Europe?

Seize ans plus tard, en 1846, quand déjà l'Algérie était conquine, le Maroc humilié. Abd el-Kader réduit à rien et près de se rendre, l'Angleterre étant unie è la France par les liens de 1' < entente cordiale », le premier ministre anglais Bobert Peel osa prononcer ces paroles épiques en plein parlement de Londres :

« L'Angleterre n'exige pas actuellement l'évacuation de TAlgérie par la France, parce qu'un des partis politiques français se servirait de notre ultimatum contre Louis-Philippe, dont la dynastie serait aloi's menacée par la révolution.

« Nous n'avons pas retiré les notes envoyées au ministère Polignac et renouvelées au pouvoir issu du mouvement de 1830. Notre consul d'Alger n'a point demandé l'exequatur : il est toujours accrédité auprès du Dey.

a La prudence et notre bon vouloir pour le gouvernement français nous font seuls la loi de ne point user de notre droit, qui ne saurait être prescrit : d'ailleurs nous n'attendons que le moment favorable pour demander à la France l'évacuation de l'Algérie. »

tt Alliance admirable que l'alliance anglaise, disait un jour le prince de Metternich. C'est celle du cheval et de l'homme, et l'Angleterre n'est jamais le cheval! )>

Les ministres de Charles X n'étaient pas ceux de Louis-Philippe : fermement, même impertinemment, sinon avec une nuance d'injure, l'Angleterre fut invitée à montrer sa force, si par hasard elle osait; et la flotte, enflant au vent ses voiles, partit en triomphe pour le Midi.

Elle portait dans ses flancs la victoire, mais le conseil en était absent : on se jetait, léte baissée, dans une aventure héroïque sans en avoir calculé l'avenir.

La France ne se disait pas : « Je vais tenter aujourd'hui quelque chose de grand. J'ai perdu l'Amérique, je veux essayer de l'Afrique, gravir l'Atlas et voir au delà : car mon néant me pèse. J'entends des paroles, je ne vois jamais d'actes ! •>

Le conseil était absent, la folie présente, s'il est bien vrai que l'escadre fendit le flot, non pour faire de la Méditerranée un lac français, du moins un lac latin, mais pour diviser la côte barbaresque entre les nations de l'Europe. Est-il possible que le vertige habite assez en nous pour que nous ayons médité d'offrir Cran à l'Espagne, Arzeu à l'Angleterre, Ténès au Portugal, Bougie aux Napolitains, Djidjelli aux Toscans, Stora aux Sardes, Bône à l'Autriche?

Nous n'aurions gardé qu'Alger.

Même pas Alger, si les conseillei's de Louis- Philippe, hallucinés comme ceux de Charles X, avaient réussi dans leur projet de donner notre jeune conquête à Méhémet-Ali, pacha d'Egypte; ou si ceux de Napoléon 111 étaient parvenus à mettre

debout le « royaume arabe » dont Abd el-Kader aurait été le premier vice-roi.

IX. La prise d*Âlger. — Magnifique était l'escadre qui voguait sur la mer d'azur dans les derniers jours du mois de mai 1850, à l'une des époques de l'année où cet azur est le plus rarement déchiré par le « charpentier majorcain ». Il le fut pourtant, et la flotte dansa sur les vagues; même elle fut renvoyée vers le nord par une fureur de vent, et il sembla que la tempête sauverait encore une fois le repaire des capitans-pachas, menacé comme il ne l'avait jamais été, par plus de 100 vaisseaux de guerre avec 347 transports, 27 000 matelots, 56 000 soldats.

C'est quand nos navires approchaient du rivage que, les vents s'étant insurgés, l'amiral donna l'ordre de remonter vers le septentrion. Partis le 25 mai de Toulon, quand se leva l'aube du 51 on était en vue du cap Caxine, l'un des promontoires que le massif de la Bouzaréa plonge en mer à l'occident d'Alger.

A toucher le but, il fallut le fuir, l'esprit troublé par le souvenir des armadas espagnoles brisées sur cette côte maudite.

Mais il n'était pas besoin de re traverser toute la Méditerranée pour rassembler en lieu sûr la flotte et le convoi disséminés par l'orage. A moins de moitié chemin de la France, et juste au nord du siège de l'Odjac, s'élève une île espagnole, ou plutôt catalane, appelée Majorque* de ce qu'elle dépasse de beaucoup en grandeur les autres terres de son archipel des Baléares; l'immense baie de Palma ré(;liancre au sud, h l'abri des vents du Nord, de la « tramontane », qu'arrête une haute sierra.

Heureusement ralliée dans la baie de Palma, la file des navires en repartit le 10 juin, et le 12 le mont d'Afrique lui réapparut. Elle ne cingla point vers la rondeur de baie quatre fois exécrée par les armées espagnoles. Laissant à l'orient le sable hostile où l'Harrach mêle en hiver sa bourbe au sel transparent et mobile, elle passa majestueusement devant Alger la bien gardée, la guerrière, la blanche, la sultane, la favorite, puis s'arrêta de l'autre côté du mont, dans une autre courbe de la mer littorale.

Le 14 juin l'armée débarqua sur la pLige de Sidi-Ferruch, dont nous savions depuis 1808 qu'il

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