Bœufs zèbus
et aussi : « Vois la tente du Maure : il y a dedans quelqu'un d'honnête, c'est le cheval ! » De son côtf , le Maure saharien, fort éprouva par le climat du Soudan, disait : a Tiens-toi loin du pnys sans rochers 011 croissent les grands arbi'es : tu y mourrais vite, ot liin chameuu comme toi b.
On peut imaginer ce qui serait advenu des Noirs de la rive gauche stnis l'inlervontiou de la t'ranee. Malgré leur petit nombre, les Maures auraient fini {>ur disloquer toutes tes nations et sousnations de la rive gauche. Puis, après des siècles de sang épandu devant des cabanes brAlties. ils se seraient absorbés dans les vaincus (ainsi qu'ont fait, par exemple, les Mandelioux en Chine), mais en laissant après eux leur ivligion, leur langue, et, dans mainte famille, l'héritage des nobles traits du visage ismaérîte.
Ce qui devait advenir n'est point arrivé.
En quelques aimées de guerre, les Français ont rejeté pour toujours les Maures sur la rive droite du fleuve que ni Douaichs, ni Braknas , ni Trarzas n'ont plus le droit de franchir armés en guerre, et ils ne te
franchissent pas non in Hann' Trana. — Gravure il(
plus. A part cela, de la collection Bayol, commun
parfaitement indépendants dans leure steppes interrompus au voisinage du Sénégal par des marigots de crue et décrue qui ne coulent pas d'eux-mêmes, mais apportent, puis emportent l'eau qu'ils tiennent de la grande esondance annuelle.
En face d'eux les Maures avaient outre fleuve les Ouolofs et les Toucouteurs, ceux-ci en amont, ceuxlu en'aval jusqu'à lu mer.
Les Ouolofs' ne sont pas un peuple vulgaire. 1. Ou dit aussi, t lorl, les ïolofTs.
D'abord, on n'en connaît pas de plus noir; ils sont de ceux dont l'ébène luit autour de superbes dents blanches. Presque sans barbe aux joues et sans barbe au menton, ils ont laillede géant, larges épaules, bras musculeux, thorax amplissime.
On ne peut pas les dire sujets de ta France ; ils
sont plutôt ses aniis fidèles. Klle recrute chez eux
des piroguiers pour la barre du Sénégal, qui est
souvent difflcile, des laplols ou matelots pour le
fleuve, des volontaires
pour la guerre, des
ouvriers d'art pour la
paix.
Le malheur c'est que l'école ne les ail pas encore faits Français de langue autant que de cœur. Tous parlent encore leur très sonore quoique passablement guttural ouolof, idiome agglomérant, le plus employé par le commerce dans les escales de l'intérieur. Autre infortune : la plupart adhèrentâ l'Islam, qui ne peut que les éloigner de nous.
Cette même religion a fait des SOOOOOToucouleurs du Fouta nos plus constants ennemis. Pour les dompter il a fallu plus de guerres que pour museler les Maures, et ils ne > Thiriat. d'»pr<\. uni- |iiioiogra|ihi<' sonl encore qu'à demi iquft' par la swi^té Je Giosraphif. résignés à la supré-
matie des chrétiens de Saint-Louis. Musulmans fanatiques, ils essayeraient volontiers de nous barrer une fois de plus le chemin du haut Sénégal.
Ils nous l'ont barré longtemps avec persévérance jusqu'à ces dernières années, depuis qu'Ël-Hat^ji Omar a soulevé contre nous le fanatisme des Foulahs.
Car les Toucouleurs sont des Foulahs, d'ailleurs fort mêlés de tous les éléments eirconvoisins. Mais que sont e^iaclement les Foulahs ? Ici les disputes commencent.
SOUDAN
Ils viennent de TEsty la chose parait sûre, et c'est là loute notre science de leiire origines.
Est-ce du Tell que, Berbères, ils descendirent pour se mêler à des Nigritiens dans le Soudan central, puis s ébranler vers le Soudan d'occident?
Sont-ils partis du Nil, ou de TAsie dans laquelle d'aucuns leur ont cherché une patrie jusque chez les Indiens, voire chez les Malais? Furent-ils parents des vieux Égyptiens dont trente, quarante, soixante siècles nous ont transmis les traits, fort pareils à ceux des Foulahs?
Ce qu'on ne peut nier, c'est qu'il y eut parmi leui*s ancêtres des hommes beaux, de la beauté arabe.
Beauté qui revit sous nos yeux dans d'admirables visages du plus pur ovale, animés d'un charmant sourire. Les cheveux ne sont ni laineux, ni crépus, ni frisés par touffes; point de prognathisme, des lèvres minces, un nez droit ou busqué — on dirait des Blancs, de ceux qui sont superbes, n'était la couleur de la peau, qui varie entre le rouge sombre et le doré bronzé.
Leur langue non plus, le foulfouldé, ne nous apprend rien du lieu de leur origine. D'une part elle a quelques rapports avec l'agglutinant ouolof ; d'autre part, il semble évident que l'arabe n'a pas été sans action sur elle, soit aux temps antérieurs, soit modernement, depuis que le Poulo* a passé de la boolâtrie, culte du bœuf et dé la vache, a la religion du Dieu Unique.
C'est un splendidc idiome, nous dit-on, puissamment original, prodigieusement riche en formes', extraordinairement soucieux de l'harmonie, à tel point que la racine môme des mots varie par permutation de consonnes quand le mot passe du singulier au pluriel ; de quoi le nom même de ce peuple nous offre un exemple : du singulier Poulo au pluriel Foulbé', le P se change en F. Sa belle sonorité, la prédominance de la voyelle î, certains redoublements de consonnes, lui ont mérité le surnom d'italien du Soudan.
En une chose il est probablement unique au monde : il n'a pas divisé ses noms en masculins et en féminins; il a préféré mettre en face le genre « humain » et le genre « brute », qui comprend les animaux et les choses.
Quand lesFoulalis créèrent leur langue, en pleine