‹ La France et ses coloniesChapitre 184 sur 283 · Foulbé, el non Foulah, est l'exact pluriel do F'oulo · texte numérisé non relu

Foulbé, el non Foulah, est l'exact pluriel do F'oulo

inconscience (car un jeune peuple est comme un enfant, il ne siiit ce qu'il faitj, pourquoi divisèrentils la nature entre la « brutalité » et 1' « humanité », tandis que nous l'avons partagée entre l'homme et la femme? La chose peut d'autant plus surprendre qu'ils ont une passion profonde pour ces animaux qu'ils mirent alors au même rang que l'inanimé. Aucun peuple n'aime plus ses bêtes de service. Nation pastorale, ils ne se sont faits agriculteurs qu'en de rares pays, et à cela contraints par le temps, le lieu, le milieu.

En menant d'herbes en herbes leui's bœufs bossus dont il semble qu'ils voient en eux des frères et non point des esclaves, ils ont traversé l'Afrique de l'orient à l'occident, à travers Haoussas, Sonraïs, Bambaras, Mandingues, laissant çà et là des tribus de leur race, tribus qui ont fondé de vastes dominations, tôt élevées, tôt effondrées. Telle est la loi des empires, mais ceux des Foulahs tombent encore plus vite que les autres.

Conquérants trop peu nombreux, ils s'absorbent parmi les conquis. C'est une race itinérante, étirée, dispersée. 11 lui manque une mère patrie bien vaste, bien compacte, bien peuplée, très essaimante, d'où les colons lui viendraient en grand nombre pour compléter l'œuvre des hommes d'armes. Aucune immigration ne les avive dans les royaumes qu'ils ont établis; ils y restent quelque temps caste supérieure, puis ils se mêlent et disparaissent lentement dans les Nègres qu'ils ont amenés à la loi du Prophète.

Peu de nations, en effet, sont aussi peu ramassées que celle de ces a Noirs » qui ne sont pas noirs, qui sont à peine cuivrés*. Immense est l'aire de leur dissémination parmi les Soudaniens vraiment obscurs de peau qui, s'ils leur sont très inférieurs en^ beauté de visage, leur sont généralement supérieurs en hauteur de taille, en envergure d'épaules, en capacité de thorax.

11 y en a sur mille lieues de long (de l'orient à l'occident) et sur deux cent cinquante de large (du nord au sud), dans les bassins dti lac Tzâdé, du grand fleuve Niger et du moyen fleuve Sénégal, au milieu de quatre ou cinq grands peuples allophyles et allophones vis-à-vis desquels ils ne sont, tous réunis, qu'une toute petite minorité.

Le même siècle aura vu leur grandeur, leur décadence ; et ce siècle est le nôtre.

Musulman depuis des siècles, ce peuple presque aussi dispersé que les douze tribus d'Israël ne

I . liOs Foulahs purs, s'entend, en dehors des Foulahs mêles à divers degrés avec les Nègres.

s'éLiit pas soucié de crever des poilrines de Kafrrs' au nom du [tahman et Rahiin*.

En 181)0 il dormait, l'n homme, une idée, le i-éveilléi'ent, dan» le Hauussa, grand pays k l'ouest du Tiâdé, sur des rivières qui courent à la rive gaudie du Niger audessous di's défdés par lesquels ce fleuve r[uitle le Saliara pour le Soudan.

En 180:2 un Poulo plus ou moins marabout, Ottiman le DamfAdic, souleva lesFoulalis du Hnuussa, sesfrères, contre les païens du Soudan central.

11 put se croire un vengeur, un exterminateur, un prophète, car son Dieu lui donna des victoires si foudroyantes qu'en trt'S peu d'années le nom des Koulalis fut le plus l'edouté de tous dans l'Afrique des Noirs au nord de l'Equateur; et leur empiii- de Sokolo courba sous sa loi de nombreux feudataires.

Il existe encore, cet empire foulfouldé , mais sous une autre forme, en deux royaumes, sans puissance réelle et déjà bafoué par maint vassal qui s'estime aussi foH que son suzerain. Le poular' n'y a point détrôné (tant s'en faulj * -^ --, le langage haoussaoua. '"^ ^ devenu tout au contraire un verbe eon- in pouId. - Dessin de. Baj quérant, langue de

commerce qu'adoplenl au loin des allophyles et devant laquelle le foulbé recule comme les autres.

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