Sègou-Koura
la prochaine sécheresse fera peut-être une terre ferme, boues dont la prochaine exondance fera peutêtre le fond d'un palus. D'abord simple, ce réseau de branches devient extraordinairement confus; après quoi il se rétrécit : les bras nombreux s'unissent en bras de moindre nombre, et, en lin de compte, tout aboutit au lac Débo, qui, d'ailleurs, n'est guère aussi qu'une inondation permanente, différente d'elle-même, non seulement suivant les saisons, cela s'entend, mais encore selon les années. Quand les pluies ont tombé très fort chez le Mandingue et chez le Bambara, son étendue, sa forme, le lacis de ses lagunes, le dessin de ses îles et hautsfonds ne ressemblent que de loin à ce qu'en peut faire un hivernage indigent. On l'a comparé à ce lac de No où le Nil Blanc s'unit au fleuve des Gazelles, mais il lui manque le monstinieux radeau d'herbes qui feutre la Grande Eau des Éthiopiens, des Nubiens et des Égyptiens.
Dans l'onde qui suivant son abondance repousse au loin les bords de l'élastique Débo ou recule vers le centre de la vasque rétractile, il n'y a pas seulement le tribut du Djoliba-Mayo ; il y a aussi celui de la Rivière Blanche, du Mahel-Balével, qui s'unit à la rivière de Bamakou entre les lieux où commence l'excessive diramation du fleuve et ceux où ses vraies ou fausses rivières s'amortissent dans la plate cuvette du Débo.
Deux des noms de ce maître tributaire du Niger supérieur signifient également, en deux langues différentes, la Rivière Blanche : ce sont les noms de Bakhoy, que porte également une des branches mères du Sénégal, et celui de Mahel-Balével; un troisième nom, c'est Oulou-Oulou. De celle grande artère nous ignorons presque tout. Ce que nous en savons, c'est que cette seconde ou première mère du Niger coule chez des Mandingues et des Bambaras; que dans son onde flottent le crocodile et l'hippopotame dont le Djoliba est exempt; enfin qu'elle reçoit des « mahels n ou rivières diversement colorées, telles que le Mahel-Danével et le Maliel-Bodével.
Ainsi largement accru, le Niger du Débo double au moins celui de Ségou-Sikoro, mais on ne sVn aperçoit guère, tant il se dispei'se vaguement en coulées.
En aval du Débo, cet éparpillement continue de plus belle. C'est toujoui*^ l'immense roselière et jonchère, les boues, les palus, les mares, l'inextricable entre-croisement des lits coulant en tout temps et de ceux qui ne coulent que lorsque la crue annuelle les' ressuscite pour quatre ou cinq ou six
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