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Maison dus Français

de Géba, du Rio Grande, et dans les iles alluviales de l'archipel des Bissagos.

Mais il reste entendu, signé, solennellement paraphé qu'à l'orient d'un certain méridien le Fouta- Djallon ne peut nous être contesté, même là où courent en descente rapide les torrents originaires des rios qui plus bas deviennent portugais.

Au midi de cette Lusitanie nègre (Lusitanic encore sans Lusitaniens), la France recommence donc et ne cesse plus qu'à la Sierra-Léoné, contrée de Noirs dont la langue et la civilisation viennent d'Angleterre.

Nous avons là 300 kilomètres de littoral, sur 200 kilomètres de travers, soit 6 millions d'hectares, avec 200 000 à 300000 hommes, sur une terre prodigalement arrosée, fertile à souhait, et, tout semble l'annoncer, clémente aux Blancs dans ses parties hautes, là où les torrents coulent sur la roche, en amont des lieux où ils deviennent fleuves entre forêts, puis estuaires dans la boue.

Ces « Rivières du Sud » se ressemblent toutes : en haut, la pierre du Fouta-Djallon ; en bas, de courts et maremmatiques estuaires, des iles, des marigots ; entre l'amont rocheux et l'aval fangeux une vallée dont l'humus a pour principal élément le grès ferrugineux de la montagne.

Telles se suivent, du nord-ouest au sud-est, le Cogon ou Compong, fleuve abondant, non encore connu dans la hauteur des terres ; le Nunez, qui porte le nom d'un Portugais du temps des découvertes; le Katako, où l'on n'entve pas sans diiïiculté; le Pongo; la firameya; la Dubréka; la Mellacorée, dernière Rivière du Sud, non loin du 9® degré de latitude, le fleuve qui vient ensuite, la Grande Scarcies, étant chose anglo-nègre, sur territoire sierra-léonésien.

Le Nunez, que les Noirs nomment le Kakoundi, ne vient pas de loin, le Cogon s'interposant entre ses sources et la coupole du Fouta-Djallon. H baigne, à vingt lieues de la mer, le joli bourg, point trop malsain, de Boké, qui est un de nos forts, postes et comptoirs. On y entre par une bouche de sept kilomètres de large et l'on y navigue durant quinze lieues sur de gros navires, par 5 ou G mètres d'eau à marée basse ; avec la marée haute on monte jusqu'à Bpké.

Le Pongo s'appelle, en amont de l'estuaire, Fatalah et, tout en haut, à la descente du Fouta- Djallon, Samanka ; c'est du moins ce qu'on croit probable, mais on a si peu désenibrouillé l'écheveau des fleuves du Sud qu'on n'a que présomption, intuition et non certitude; ce qu'on attribue à tel

estuaire peut appartenir à l«l autre. Où nous le connaissons exactement, le Pongo, tout proche d<! a» fin, subit la marée l'espace de dix lieues, puis il s'ouvre, près du poste de BoiTa, sur un golfe encombré de laut d'iles de vase qu'il est plus marais que golfe, avec une infinité de marigots étroits ou larges : If^ larges voient le soleil, les plus étroits voient l'ombre, vei'sée comme d'une voilte de cathédrale par une nef de verdure. Aucune barro des Rivières du Sud ue menace les vaisseaux autant que la sienne — ne pas l'enfiler juste, c'est écbouer sur le sable que distribuent diversement les vagues de tempête.

Li Brameya tombe dans l'estuaire de Sangaréa, lacis confus de terres mouillées, de fleuves et faux ~ fleuves ; en ce même rentrant de mer se perd la Dubré^a, dans le voisinage du mont Kakoulima, cane et peut-être volcan de 900 mètres de hauteur : ladite Dubréka continue le Konkouray, de longue étendue, son origine étant à la cime du Fouta-Djullon.

I^ Mellaeorce, li-ès peu fleuve et beaucoup estuaire, a sur sa rive gauche le poste fiançais de Boiity, lieu qui n'est guère fiévreuï, o sénégambiquemenl » parlant.

Les Foulahs du Fnuta-Djallon ne pouvaient pas

Le Rio Pongo. — Itosin i

Webpr, il'iprts urn» phologra|ilii

ne pas disloquer, du haut de leur citadelle, les peuplades nègres du versant occidental des monts.

Ils l'ont fait, du mieux possible, brouillant tout, jetant ceux-ci sur ceux-là, ceux-là sur ceux-ci, et versant â flots leur bien le plus précieux, l'Islam, sur les païens maudits de Dieu. L'intrusion des Français semble avoir mis ici un terme aux progrès de la « Vraie loi ».

Nabas et Bayas du rivage, Landoumans du Congo, Soussous de la Bmméya, de la Dubréka, de la Mellacorèe sont désormais tranquilles. Parmi ces nations, celle des Soussous, qu'on croit être les cou- >iiis des Handingiies, parle l'idiome le plus répandu dans ces pays.

VI. Présont, avenir. — l'our l'instant, le Soudan français ne vaut guère malgré l'immensité de son élendue.

De fait, quelle est son aire? On ne saurait le dire, puisque tout l'orient du haut Niger nous reste encore inconnu. Nous ignorons absolument quelles rivières gagnent la rive droite du fleuve, de Tombouclou jusqu'aux rapides de Bnussa qui leiminent rationnellement le bassin supérieur à nous reconnu parconventioninternationale; or ces rivières appartiennent évidemment à notre Soudan, [lourvu que notre docilité moutonnière vis-à-vis de l'arrogance anglaise ne nous amène pas 6 professer, contre la vérité des clioses, que le « Haut Niger ». dont on nous j-ecomiail ex|iressément le protectorat, s'ar-

rète au coude de Bouroum, même à celui de Tombouctou I

Plaise au temps armé de sa faux que la France, qu'il épargnera longtemps encore, n'ajoute pas à tant d'autres cette preuve de son indigne incohérence d'idées!

Si le Niger de Bamakou nous est précieux, celui qui s'affranchit du Sahara pour longer de sa rive gauche les campagnes où passent les routes du Tzâdé ne peut nous être indifférent : le ouadi de righargar, la montagne lioggarienne, le sillon saharien du Tafessasset, le cimentent de loin avec l'Algérie, de même que l'Oued-Mia, l'Oued-Messaoura, le Tell des Aouellimiden rattachent, à travers le Grand Désert, notre Atlantide à ce Nil des Esclaves qui miroite à quatre lieues au midi de Tonibouclou.

150 millions d'hectares, 7 millions d'habitants, cette surface, ce nombre d'hommes approchent peut-être de la réalité. Là-dessus iOO millions d'hectares et 5 millions d'êtres dépendent d'ores et déjà de la France : soit directement, soit surtout indirectement, à la suite de traités de protectorat plus ou moins mal compris des potentats noii'sou similinoii-s qui les ont acceptés.

Ces conventions n'ont de valeur vraie que vis-àvis de l'Kurope, parce que les Anglais ou tout autre pi»uple qu'un avenir proche amènera peut-être dans le Soudan central sont et seront tenus de respecter ces « droits acquis )>.

Mais le Foulah, le Mundingue. le Sonraï, le Ouolof, le Soussou, le Landouman, le Féloup, n'en ont guère saisi la portée, et nul doute qu'ils les violeront souvent.

Sur celte aire égale» à trois fois la France nous n'avons encore que peu de prise.

A ce jour, notre puissance ne tient au sol par aucune racine tenace profondément entortillée dans la terre.

Elle se borne à la résidence de quelques soldats dans de petits forts.

De ces forts, ceux qu'on peut appeler les forts nécessaires défendent la grande route stratégique de l'Atlantique au Niger.

Richard-ToU, à 144 kilomètres en amont de Saint-Louis, maitiue le confluent du Sénégal et de la Taouey, (jui est le marigot remplissant et vidant le lac Paniéfoul ; l'endroit est beau, mais il est malsain, et comme lui, de l'autre côté du grand bras du fleuve, l'île de Toll, qu'on tenta vainement de coloniser — ce n'était point le lieu, et l'heure n'avait pas encore sonné.

Dagana ne vaut pas mieux que Richard-ToU. Ce n'est pas ici que trouveront jamais un sanatoii*e , nos garnisaires épuisés par les fièvres de l'hiver- I nage. Certes l'hippopotame y folâtre avec délices dans la boue noire des marigots, le crocodile y somnole en béatitude, le lion, l'hyène, la panthère y rôdent la nuit sans appréhension des accès combattus par la quinine; mais le Français n'est point à l'aise dans ce fort, près d'une bourgade de 5000 Nègres entourée d'une plaine sans pente. Le Sénégal, réduit à 300 mètres durant la sécheresse, malgré la marée qui le soulève encore ici quelque peu, s'épanche en crue à d'immenses largeurs, et quand il se retire il laisse des mares putrides sur l'argile étanche.

Podor, à 26i kilomètres de Saint-Louis, date de 1743. Cela suffit, en ce pays où rien n'a duré jusqu'à ce jour, pour lui donner une antiquité vénérable. 11 défend en aval la grande ile à Morfîl entourée par deux bras du fleuve; Aéré, à 360 kilomètres de Saint-Louis, défend le bras méridional, et Saldé le bras septentrional, à 46!2 kilomètres de la capitale, à 8 au-dessous de la diramation des deux Sénégals qui embrassent cette ancienne terre de l'ivoire.

Matam, àOOtî kilomètres de Saint-Louis, partage avec Uichard-Toll, Dagana, Podor, Aéré, Saldé, le (( privilège » de l'insalubrité lorride. Bakel, à 76î) kilomètres, ne vaut pas mieux; c'est un bourg de 4000 Noirs, dans les cabanes rondes, faites de paille, qui sont les maisons du pays. Médine, à 9:26 kilomètres, vaut exactement Bakel. Tous ces forts sont brûlants, fastidieux, pestilentiels, mortels à partir du retrait des eaux de l'hivernage.

Bafoulabé, qui voit les deux « surgeons » du fleuve se confondre, est à 1030 kilomètres du chef-lieu; Badombé, sur le Dakiioy, à H 10; Kita, à 1240; Koundou, sur le Baoulé, à 1350; Bamakou, sur le Niger, à 1465.

Voilà la route militaire du Soudan français. Toute notre force est dans ces citadelles enfantines dont aucune encore n'a été brusquée par les armées des marabouts.

En dehors de ces forteresses et de quelques postes dans le pays des Rivières du Sud, la France ne règne directement que sur les (avirons de Saint- Louis. Tout le reste lui appartient sans lui ajipartenir, par la fiction des protectorats.

Chaque année augmente le nombre des roitelets protégés; chaque année aussi la protection se resserre ici ou là ; en même temps les sentiers embroussaillés, enherbés, envasés, font place à des routes,

quelques routes à des chemins de fer; et il n'est pas de jour où quelque village n'apprenne à tourner les regards vers Saint-Louis comme vers un nouveau soleil.

Le nombre des Français s'accroit, très lenlemenl, le climat étant presque partout contraire; s'il monte, c'est parce que \e trafic entre Europe et Soudan, autrefois réduit à la seule gomme arabique, a pris de la diversité, de l'ampkur.

Des indigènes parlant les langues du pays sont à la dévotion de nos commerçants. Ils vont, visitant les bourgs, les marchés, les escales. Us achètent l'arachide, plante oléagineuse, le sésame, qui donne

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I aussi de l'huile, le caoutchouc, la cire, les hois de teinture, d'ébétiisterie, les peaux, les plumes d'au- ' truche, quelques dents d'éléphant; et, dans le I pays des Itiviéres du Sud, l'huile de palme, le café, la noix de kola, fruit salutaiiv qui guérit de plusieurs maux ; on l'emploie contre les lièvres, on la verse dans l'eau vieille, impure, croupie, presque décomposée, et celte eau r^eunit. elle devient pure, on peut la boire.

Cette contrée des Rivières du Sud est bien l'une des meilleures de notre Soudan, non moins que la plus gracieuse et variée. On n'y voit pas, la montagne y touchant presque la mer, ces plateaux sans

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0 Nunei (voj. p. 310). — ftdssiii de Tajlor.

l'ipi-^ une |>lHi(Dgra|>hie.

(in de grès ferrugineux, terre ocreuse, rouge, ingrate, que traverse la route de Kita Ji Bamakou ; ce n'est pas non plus, comme sur le bas du Sénégal, la plaine vague, inrinie, presque aussi saharienne que le Sahara d'en face dés que s'est écoulée la pluie de l'hivernage, el que le soleil darde sur un sol parcheminé; heureusement que le Nègre, ayant secoué son indolence, a semé, planté dans la boue ce qui sera sa récolte, le mil, le sorgho, le riz, le mais, les melons et calebasses ; et que, délivré des cuisants moustiques, Héau du Sénégal pendant les mois pluvieux, il attend joyeusement le don de la terre, tandis que mûrissent pour lui les fruits du monstrueux baobab'.

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