Appelés < pains de singe
Si les Fi'ançais augmentent leur nombre, les naissances n'y sont pour rien ; il y a paiiiii nous au Sénégal quatre cercueils pour un bereeau- Comment résister sans fléchir au terrible climat du bas neuve, è la chaleur humide, aux fièvres d'accès, au long empoisonnement par les miasmes, à la dysenterie, à l'anémie bienlM incurable? Puis parfois la fièvre jaune tombe sur ces énervés, elle en abat le tiei-s, le quart. L'hivernage surtout décime les Européens. Ainsi quedit le proverbe : n La poussée des feuilles du baobab', c'est la fin du Blanc; leur chute*, c'est la fln du Noir ».
Le malheur du Sénégal fut que pendant deux cents ans la colonie ne quitta pas les comptoirs
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NOS COLOMKS
étouffants, le long du Sénégal inférieur, qu'elle ne monta point jusqu'au Fouta-Djallon, qu elle ne se distendit pas jusqu'au Niger.
Nous savons maintenant par expérience que le climat du haut fleuve n'est pas le Minotaure insatiable du fleuve d'en bas, qu'on se désaltère à l'eau de Bamakou plus impunément qu'à celle de Bakel, Podor et Dagana, que la région d'où descendent les branches des Nigers d'occident et d'orient est inclinée, élevée, probablement saine. Bien plus, il devient évident que la contrée fouta-djallonkése. dans sa plus grande extension, avec ses Rivières du Sud et son prolongement vers le levant, au pied septentrional des Kongs, n'est pas du tout hostile aux enfants de l'Kurope. Ainsi, nous pouvons espérer de trouver une terre d'expansion où nous ne l'aurions certes pas soupçonnée, à l'horizon de Free Town* l'empoisonneuse. Rivières du Sud, Fouta supérieur*, immensités du haut Niger, Tell des Aouellimiden près du Niger moyen, peut-être avons-nous là cinq fois plus de « Tell » que dans notre chère Atlantide.
A ce (( Soudan colonial » il faut, non des Français du Nord, mais des Français du Midi, Bas-Languedociens, Cévenols du sud et de l'est. Provençaux, Corses, Algériens. Aux Sudistes le Sud! Nous aurons mis deux ou trois siècles à comprendre cette vérité.
La mortalité n'a pas trop éclairci la troupe blanche qui, conjointement avec les Nègres, a récemment construit les deux chemins de fer sénégalais, de Dakar à Saint-Louis et, sur le haut fleuve, des Kayes à Diamou' (63 kilomètres) : parce que ces Blancs étaient des Marocains el des Italiens.
En l'absence d'une nation de sang français, un peuple hybride né des Blancs et des Négroïdes ou Négresses aurait pu croître, semblablement aux
i. C'est la capitale do la Sierra-Léoiié.