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C6to de l'Ivoire n'y trouvent point où commodément débarquer. lU ancrent U deux, Uvh, quaire kilomètres en mer.
Aborder leur serait inorlei. l'n ressac de six h sept vagues, dernière crise de l'océan convulsionnaiiv, les coucberatt en épave sur les sables du rivage. Mieux vaut communiquer avec la terre par le va-et-vient de pirogues «lue montent de tivs vaillants mariniers noirs.
Le sable est partout sur la rive, car la rive est de sable, irais 'i y eut un Age de la Terre, peu éloigné
du nAIre. où la mer guinéennc montait en marée dans des golfes rétrécis vers l'amont, entre des collines d'un quartz ayant de l'or dans ses veines: alors elle assoui-dissait sa sonorité dans des criques profondes.
Tandis qu'elle se brisait en blanelie écume sur les gris promontoires, elle rassemblait paliemment les grains d'une levée de centaines de lieues de longueur.
Dès que cette digue eut dépassé le niveau des hauts Hots, ce i^ue rAtlan(i(|ue avait isolé d'elle-
c DayanI, il'»|irès un*
JOlograpliic.
même ne put rentrer dans l'urne des eaux daniertume. Ainsi naquirent d'immenses lagunes parallèles à l'océan, dont elles ne sont séparées que par un mince cordon d'arène et de dunes.
La lagune d'Ëbriè, longue de trente lieues, nous appiu-tient tout entière, et ce n'est pas la seule. A son exlréniilé du couchant elle s'appi-oche fort du fleuve Labou, qui coule entre le domaine français k l'est et le pays sans maître à l'ouest. De notre limite occidentale au San Pedro, qui est la borne orientale de la Libéria, 200 kilomètres de rivage sont à qui voudra les prendre. En s'en emparant, la France doublerait presque le littoral de
sa colonie des Grandes-Lagunes, lequel a présentement S'iO kilomètres, du fleuve l^liou jusqu'au fleuve Ta noué.
Le Laliou remplit mal son devoir, qui est d'ouvrir aux vaisseaux un accès dans les lerres, — car comment désenibarquer ailleui-s que dans les « rios d et les gr.ius des lagunes sur une céte sans abri, dans une eau sans profondeur? — Il vient de loin, sans doute de la hauteur des terres, et il s'avance en flots abondants: mais de ses trais embouchures aucune n'admet les navires, ou seulement les barques, si méchanlemeni s'y brisent les rouleaux du ressac sui- la barre.
COUPTOIftS DE £U1NËE
un
Ayant au midi un bourrelet littoral, la lagune d'Ëbrié s'adapte aux terres du nord par les indentations de ce qui Tut la rive de la mer. Mainte rivière non reconnue encore y mène le tribut de la montagne h travers des forêts de haute luxuriance où rampent des pythons de vingt-cinq à trente pieds de longueur.
La splendeur exubêi'anle des sylves de Guinée tient k la double pluviosité du ciel. Il n'y a pas ici qu'une saison mouillée pour ramollir ce qu'a racorni la saison sèche, abreuver ce qu'elle a menacé de la mort par )a soif, rajeunir ce qu'elle a tourné en vieillesse ; il y en a di'ux : la grande ère des pluies en avril, mai, juin, juillet, la petite en
octobre et no\enibre. Cela fait six mois sur douze, et la sécheresse ne dispose ici que de décembre, janvier, février, mars, août et septembre.
Tant d'ondées en deux fois, puis les soleils subéquatoriaux' entre les deux saisons d'orageuse averse, les lagunes, des mares sans nombre, partout les eaux et paHout l'alluvion, voilà justement