‹ La France et ses coloniesChapitre 198 sur 283 · I. La Cbie de l'Ivoire esi prochi: du diiqulèinc dc^i'ù de · texte numérisé non relu

I. La Cbie de l'Ivoire esi prochi: du diiqulèinc dc^i'ù de

ce que la nature demande pour créer et pour détruire. Aussi la fécondité de la Guinée maritime (hoi-s de la lone des sables) n'a-t-elJe d'égale que son insalubriti!>. Pays maremmatique, bon pour les chimpanzés qui, vus de loin, dans l'omhre du bois, semblent des vieillaiïls soucieux ; mais l'hommo blanc n'y subsiste que peu d'années, et souvent, s'il est imprudent, que peu de jours. Quant aux Noirs, palus, miasmes des étangs, exhalaisons des

boucs lirunrs, la lépiditi;, i-t U's deux cholcurs, et les lieux Ilivernnpes, rien n'y fait, \h vivent à merveille.

Ils sont très divei-s de corps, d'nliurcs, de figure, de dialectes. On les nipporle à deux races prineipales : aux (J((;liin.<, deseendus d'envahisseiii-s arrivés ici depuis quelifues générations, et nu.ï .\giiis, p^-iipie quoIcoiMiui', sans doute Tait d'auli-es peupK-s, que k-sdits tlldiins envahirent.

Dons le bas pays, au bord de lii lagune, environnée, dil-on, de tant de villages que 80 000 hommes l'enloureiit, la populalion, exlriiordinaiivment mêlée, est bonne, paisible, indolente; elle fournil d'infaligaliles pécheurs, de merveilleux piroguiers experts il franeitti' sans chavirei- les sept vagues dont la dernière se brise en écumant sur le sable.

Aux deux liei-s de la levée d'enlrt» lagune el mer.

sur le chemin de Test, le bourg du Pelit-Bas.satn i-egnrde en mer un abinie qu'on peut compai-er à notre Coufdu (Jip-ltreton, qui seci-euse, lui aussi, dans une plage plate, droite, on face d'un littoral de dunes. Le Gouf du Pelit-Bassam a i80 mètres de fond à 600 mètres du liséi-é de la duno, et 4'li à 7400 mèlivs.

funeste ressemblance avec le Grand Gouf des Landes, cette fosse ne se continue pas dans le continent par un estuaire de fleuve. Le giau du lac n'est pas lÈi ; il s'ouvre devant le Giand-Itassam, ville' 0 armant i», dit-on, 500 pirogues pour la petite pèche. Par là gagnent rocéan toutes les eaux que boit la lagune, entre aulres l'Akba ou Comoc, qui n'est point pelil : l'hivernage majeur et, fi un moindre degré, l'hivernage mineur en font

Carte des liliiblisseincnlii Oi

un fleuve impérieux; alors c'est h la vitesse de 4 mêlres par seconde, en courants, en remous, en tourbillons, qu'il fuit de la lagune à l'Atlantique souillé par lui jusqu'à deux lieues au large.

Pendant plus de la moitié de l'année, durant les mois où les alluvions de la crue n" « encrassent » pas la barre outre mesure, le grau du Grand-Bassam donne accès aux naviix>s de trois mètres d'exigence. Aucune autre entrée marine de Guinée ne le vaut, mais la lagune oii il mène manque de profondeur; le dépôt des rivières, la chute des feuilles, le magma, les joncs et roseaux, la comblent peu à |H'U : elle ne supporte, sauf exceptions, que des Italeaux plats s' enfonçant de deux pieds et demi — c'est tout cequ'i! faut pour pécher, et les riverains n'en demandent pas plus.

On ne connaît encore l'Akba que sur dix lieues. en aval de son dernier rapide. Un ignore toid au-

tant les autres maîtres rios de la contrée, le Bia ou rivière de Kindjabo et le Tanoué. Celui-ci, français par sa rive droite, anglais par sa rive gauche, est un gros neuve, qu'on a remonté jusqu'aux premiers obstacles, soit pendant une centaine de kilomètres. Connue le Itia, l'Akba, le Lahou, il l'eçoit des ruisseaux auiifèi-es dont les ^ègres brassent les alluvions : ce qu'ils en tirent de parcelles, pi-ès du crocodile engourdi, de l'éléphant qui vient boire ou courant de l'eau, de l'hippopotame qui s'en va disparaissant du pays, leur fait une petite fortune, de quoi vider quelques bouteilles d'eau-de-feu, chanter, danser, rire et dorndr pendant une semaine ou deux ; puis, non moins heureux dans la ruine qu» dans l'opulence, ils retournent l'i leur Culifornic, au sable des criques.

•.s, des jardins, des ar-

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