‹ La France et ses coloniesChapitre 206 sur 283 · Im. 50àl m · texte numérisé non relu

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SCI

ilu chasscui', il fuit l'Iiomme dès qu'il le voit, l'entend ou le soupçonne. Ce qu'il y a de difficile quand on lui fail In guerre, ce n'est pas de le tuer, mats de le découvrir et de l'atleindre. Pris jeune, il a de la docilité, il s'alTectionne, on le domestique.

Dans la même contrée que les iijiuas, sur le littoral bien plus que dans l'intérieur, vivent les liètes

de la forêt, du sous-bois, de la savane : le léopard, ta panthère et autres félins, moins le liou. qui n'affectionne pas ce pays des palmiers, des dragonniers pyramidaux, du bois d'ébène, du caoulcliouc qu'on coupe au lieu de le blesser seulement pour en cueillir le suc; le cabri, l'antilope, le sanglier au front blanc, le buffle qui détale comme la lièche, lui le cousin du bœuf n au pas paisible et lent »,

Ud brai de l'OgAoué près de Lopë, ptji des Okandas. — Deuin de Riou, d'après un croquis de ï. )ic<|ue« de Bnua.

le crocodile, <r ornement » des fleuves, des rivières, des ruisseaux, des coulées, des lagunes, l'hippopotame en grandes bandes dont les plongeons font une houle dans les rios. L'éléphant est rare: on lui fait la vie dure, il s'en va, cherchant la paix, qu'il ne trouvera pas, l'ius redoulables que félins, cuirassés, pachv^lerines, deux infiniment petits, la fourmi et la chique, sont, l'une embarrassante, l'autre douloureuse à l'homme. Les fourmis bachikoués renouvellent, |)ar centaines de millions de combattants, les exploits des bandes de quelques cen-

taines d'aventuriers qui furent les conquistadores; quittant soudain pour « chercher d'autres cieux » leurs villes souterraines, plus peuplées, mieux ordonnées que Londres, Berlin, Paris. Chicago, New- York, elles marchent à l'assaut du monde en une armée noire où pas un soldat n'est indiscipliné, lâche ou traître. Ce sont des invincibles, et tout fuit devant elles, aussi bien la béte que l'homme, abandonnant en toute hâte les cabanes qu'il ne pourrait défendre ni par le feu, ni par l'eau, car rien ne les arrête, sinon le grand soleil, qui les éblouit.

et encore triomphonl-elks de ce roi triomphant : enti'ées sous teri'e, elles déblaient et passent en tunnel. La chique osl un présent du [Irésil; ainsi que le dit son nom lutin, Pulex pénétrant, cette puce pénétre entre l'ongle et l'orteil, el si l'on ne l'en extrait , elle y dépose st^s (cuk, puis elle y nourrit sa famille, et la douleur du patient est inexprimable. Finalement, le doigt s'ulcère el tombe.

Le délia déposé par les (roubles rouges de rOgôoué de crue (^Ogl^oué de saison sèche est une eau pure) n'a pas moins de 480000 hectares. Parmi les branches qui s'y croisent et décroisent, il en est quatre majeures : le Nazareth, dont 2 mètres 50 centimètres d'eau seulement couvrent la barre de sable, le Yombé, l'Animba ou Hexias, le Fernan Vaz. Celui-ci n'est pas ù proprement dire une

Ctivrs palHjuiiis (voy, |

bouche de l'OgAoué, mais une baie prolongée par la lagune de Nkonii ; et ladite lagune reçoit ^ la fois l'Ouango, bras ogùouéen, et l'Ovenga, descendu de monts de 1065 mètres continuant au sud du fleuve la chaîne de rebord autrefois nommée par les Portugais Serra Complida ou Serra do Cristal. Toutes ces embouchuivs étant gênées par les épis de sable, aucune n'admet les très grands navires, inéme avec le secours de la marée, qui remonte pendant 45 kilomètres. Jusqu'à Ngola.

- Jln avant du delta, le cap Lopez s'avance au loin

dans r.Vtlantique ; il sépare en deux réseaux le labyrinthe des bouches de l'OgAoué : les unes s'ouvrent à son orient, â |>artir du Nazareth ; les autres à son sud-est, jusqu'au Fernan Vaz.

IV. Eouilou; le Loango. — Au delà du Fernan Vaz, dont les marigots ont des Camas pour rares habilauls, le littoral appartient aux Ngovés; puis viennent les Bavilis. Ces trois nations, pour l'in^lant très imparfaitement connues, se rangent, semble-

NOS COLOMES

t-il, dans le même groupe abantou que les Mpongoués gabonais.

En avant de ses promontoires, cap Sainte- Catherine, pointe S<Htê-Cania, pointe Pedras, cap Mayorabé, devant ses longues lignes droites, plages de sable, résonne sourdement, de jour, de nuit, par vents et sans vents, la caléma, qui est la vague écumante.

En arrière de ses lagunes brillent des rembos, autrement dit des fleuves; des rios et des arroyos descendent le chemin de la mer entre des rives bordées de hauts papyrus, puis ils s'amortissent en marais et marigots, parmi les pandanus, les mangliers, les palétuviers, les roseaux géants, les bambous: la forêt dont ils sortent monte en gloire par des arbres de 150 h i80 pieds de haut; et plus loin que la sylve bleuit l'escarpement de la Serra do Cristal, bord et support de l'Afrique intérieure.

Des fleuves qui s'engloutissent dans l'Atlantique entre le Fernan Yaz et le Kouilou, deux valent qu'on les nomme : le Nianga pour son dédoublement, le Ngongo pour sa perle.

Le iNianga, d'une longueur supposée de 550 kilomètres, se sépare en deux alors qu'encore sans ampleur il erre au pied des montagnes natales : le bras de droite reste Nianga, sui* la route de la mer, vers le nord-ouest; le bras de gauche, la Célina, s'en va [)aisiblemcnt au sud-est, jusqu'à trois cascades qui l'abaissent ensemble d'une quarantaine de mètres, spasme passager, et la Célina, redevenue calme, va s'unir au fleuve Kouilou dans les environs de Frankville.

Le Ngongo, rivière d'environ 40 mètres de largeur, ne vient pas de bien loin dans la montagne. A cinq ou six lieues de l'Océan, il rencontre un chaînon calcaire, qu'il ne tourne point, il le perce et va ressortir à la racine du versant opposé; de l'engouffrement à la renaissance, l'isthme terrestre a plus ou moins 1000 mètres. Le Ngongo s'achève dans les lagunes littorales de Concouati que la saison des pluies, exhaussant de niveau, réunit à la très longue lagune de Banya, et à son tour l'étang de Banya; fort analogue à ceux de notre Languedoc, se termine ù 75 ou 80 kilomètres au nord de Concouati, au grau de Couango.

Le Kouilou serpente pendant cent vingt-cinq a cent cinquante lieues, dans un bassin de six millions d'hectares*. C'est un Ogôoué moindre, qui reproduit très exactement les directions du fleuve des Batékés, des Pahouins, des Abongos et des

1. Approximation reposant sur des cartes qui sont encore plus qu' a imparfaites ».

Bakalés, dans une vallée plus belle et plus féconde. Il n'y a guère de contrées supérieures à celle-ci dans toute la vaste étendue de nos colonies.

Sa naissance est, ainsi que celle de l'Ogôoué, sur le plateau des Batékés, non très loin de la rive droite du Congo. 11 s'appelle d'abord le NiariS et ne devient Kouilou^ que dans son cours inférieur, à partir de Frankville : aussi, réunissant les deux noms, l'appelle-t-on souvent Je Niari -Kouilou. Grandi par une foule de rivières dont les principales sont la Loudima et la Louasa, il passe devant des postes européens que n'ont point élevés les Français : ils furent l'œuvre de l'Association Internationale, qui les construisit avec une activité dévorante pour mettre la France en présence du fait accompli, devenu le roi du monde.

Ils sont nôtres pourtant depuis 1885, ayant été troqués par l'État International, successeur de l'Association, contre nos droits sur la rive gauche du Congo. Quelques-uns de leurs noms sont des noms abantous; d'autres, tels que Grantville, Franktown*, Strauchville, Rudolfstadt, rappellent l'internationah^me de l'illustre compagnie « philanthropique »); d'autres enfin, comme Baudouinville et Stéphanieville, veulent flatter la maison royale de Belgique.

Issu du plateau d* a en dedans », le Kouilou doit, pour arriver en « dehors », sur la voie libre vers la mer, trancher des montagnes parallèles. 11 le fait, par des étroits si dignes de leur nom qu'au plus fort de l'étranglement, six mètres seulement séparent les deux parois de schiste; or, à peine entré dans sa basse vallée, dès qu'il a ces monts à l'orient, il prend des largeurs de 200, 300, 500, voire 700 mètres, soit la moitié des ampleurs de rOgùoué, et l'on y navigue en canonnière à vapeur l'espace de 60 kilomètres. Suivant l'usage de cette côte, il ne s'ouvre pas sur l'Océan par un lit profond engouffrant de vastes marées; lui aussi lutte contre le sable amoncelé par l'Atlantique, et sa barre est une barre difficile.

Sa course est donc le voyage normal des fleuves du couchant d'Afrique — un val herbeux dans les savanes du plateau ; puis une descente folle de la montagne par rapides, rebouilles, tourbillons, cascades, au fond des précipices tortueux; ensuite une majestueuse lenteur (crues omises) au milieu du Grand Bois ; enfin le cordon de sable et la barre malévole.

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