‹ La France et ses coloniesChapitre 207 sur 283 · Devcuu Frankville · texte numérisé non relu

Devcuu Frankville

Il va sans dir? que ce haut et ce bas pays, ces savanes et ce bois vierge dilTërenti qu'il y a des forêts dans le Kiliou supérieur et des savanes dans l'inférieur; que les sylves ont pour arbres les arbres de cette zone du continent noii-, palmiers divers, palmier donnant l'huile, palmier donnant le vin de palme, palmier éventail, élaîs, bombax gigantesque, acajou, tek, bois rouge, caoutchouc; que la lian», entrelaçant les branches, tombe en guirlande sur les fougères, les arbustes, les orchidées du sous-bois, et que, plus que les ai-bres euxmêmes, elle fait de l'équatoriale forêt la prison sombre où l'on étouffe, si bien qu'on s'épanouit

d'aise au soleil dés que tout à coup l'on en sort et qu'on respire l'air libre de la savane; que cette savane, d'où s'élance le baobab, cacherait une armée, voire artillerie et cavalerie, dans ses herbes hautes de huit à douze pieds, et que si dans les futaies enlianées, voiHte obscure à demi, l'on désire la chaude splendeur du jour, dans la torride savane armée d'épines d'acacia l'on aspire aui sentiers ombragés du bois vierge; qu'en approchant des marais, les rivières s'empâlrent dans la vase entre des mangliers, des palétuviers, des joncs, des papyrus; que cette fange a pour roi fainéant le citicodile, pour potentat lourd mais folâtre l'hippo-

e nuriliine de l'OgOoutf. — l>eiaiii lio Riou, d'après u

polame; que les singes vulligenl dans les branches, qui sont comme un chemin de l'air moins embarrassé que les sentiers où les serpents rampent sur b feuille morte, entre les troncs qui pourrissent, tombés de vieillesse en travers; que parmi ces singes il y a le chimpanzé el le gorille, qui ne va guère plus loin vers le midi; que l'éléphant traqué fuit de savane en savane en remontant les rius; que la panthère, le léopard chassent la gazelle, le bufllu, le zèbre pétulant, le sanglier, non toujours impunément attaqué, et toute viande assez grosse pour valoir d'être happée; l'hyène aussi cherche sa proie, putride s'il se peut, car toute hèle suit son idéal.

Itu Kouilou jusqu'à la fin de notiv part du Luango

[>. ItKCLUI. — Nw (^OLOKIC*.

— tel est le nom de ce beau littoral, qui s'achève à la rive droite du Congo — la France possède la ville nègre de Loango, le bourg de Pointe-Noire, sur une baie calme, cnlin le fleuve de Loango, le Louiza Loango* ou Louenimé, long de 150 kilomètres.

Bordant longuement le Congo d'avant les grandes cascades, la province française devrait s'étendre aussi jusqu'à la rive droite du fleuve d'après l'escalier des chutes. Ce n'est pas le cas : entre le bout maritime de l'Ouest Africain au sud et la marge du prépolent Zaïre il y a plus de r^nt kilomètres de littoral, dont les deux premiers tiers au Portugal, le dernier tiers à l'État Indépendant et Relge.

Banlous dj Loango,

II — il

V. Congo. — Comment se fait-ii que quatre cents ans aient passé sur l'Afrique équatoriale, sur l'Europe, sur le monde, avant que la race inquiète des Blancs, qui court sans s'arrêter par toute la Terre, ait résolu l'énigme du Puissant, du Poderoso, comme l'appelèrent d'abord, vers les trois quarts du quinzième siècle, les Portugais, ses inventeurs, avant de le nommer Zaïre S par corruption du Nzadi des Indigènes?

La mer montrait pourtant, à des signes non douteux, quelle immensité d'ondes lui verse le Poderoso. A cinq lieues et demie de la bouche du Congo Teau de surface de l'Atlantique est encore douce; à seize lieues, elle est encore intransparente et jaunâtre; à quatre-vingt-dix, à cent lieues, elle n'a pas encore détissé toutes les îles de roseaux que lui transmet le courant du fleuve; des arbres vont en dérive, çà et là balancés, qui sont les derniers témoins de la rive intracontinentale dont ils ont été déracinés par le « Puissant », et là même, voire plus loin, l'Océan mêle toujours à son vert glauque un peu du flot contaminé de l'Amazone africain.

Amazone, ou guère s'en faut, quoique plus court de 1510 kilomètres que le roi des fleuves' dan« un bassin presque deux fois moindre"'.

Roule-t-il en movenne 100000, ou 110000, ou 120000 mètres cubes par seconde, ainsi que le prétendent ses plus fervents admirateui^s? Non sans doute, mais il en traîne bien la moitié, 60000, ou 55000, ou 50000 ; et nul n'estime son module à moins de 36000.

Inférieur à ce seul Amazone, il lui ressemble en tant que flls du même Tropique et du nu^me Equateur.

Tous les deux boivent également les eaux des deux hémisphères : vu la contrariété de saison des deux moitiés du Globe, ils ont donc à la fois, tous les deux, l'hiver et l'été sur leur territoire, et, pour mieux dire, la saison sèche et l'humide saison; leurs mois de pluie se répartissent ainsi sur toute l'année, par la vertu d'une zone, puis de l'autre; les tributaires du Nord baissent quand ceux du Widi montent, et ils s'élèvent pendant que ceux du Midi descendent — d'où une certaine constance de niveau, d'ailleurs moindre sur le Congo, qui appartient surtout à l'hémisphère austral, que sur l'Amazone, mieux équilibré le long de la ligne des jours de douze heures.

Aux similitudes de climat, de zone, de nature,

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