‹ La France et ses coloniesChapitre 208 sur 283 · hecUt'es contre 7000000x.O · texte numérisé non relu

hecUt'es contre 7000000x.O

l'histoire faillit en ajouter une autre. Elle a fait de l'Amazonie un Portugal de l'Equateur, et longtemps elle parut vouloir faire de la Congolie un Portugal du Tropique : ce qui n'aura pas lieu, sauf pour la partie du Zaïre que les conventions internationales ont dévolue au peuple d'Aquem et d'Alem Douro, d'Aquem et d'Alem Tejo. Et peut-être les Lusitaniens, mieux armés que les autres Blancs contre l'Afrique des chaleurs moites, empiéteront -ils, d'horizon en horizon, sur des territoires qu'on vient de leur enlever malgré la priorité de leurs découvertes, les voyages de leurs pombeiros', les travaux de leurs missionnaires, l'autorité déjà grande acquise par la langue du Camoens sur les tribus du littoral et de l'intérieur, de la Serra et du Campo, du Matto' et du Sertâo'.

Donc pendant quatre siècles les Blancs ont connu cet estuaire comme traflquants, surtout comme négriers; durant quatre cents ans ils ont vu le Rio Poderoso jaunir la mer, couverte par lui de troncs de dérive, d'îles flottantes, de débris continentaux; ils l'ont contemplé dans les crues où il est assez fort pour refouler au loin l'Atlantique, et pourtant ils ne l'ont jamais remonté plus haut que son premier rapide, point éloigné de l'Océan.

Il a fallu pour le reconnaître qu'un voyageur partit de la contre-côte. Tel un Grec du temps jadis qui serait débarqué vers l'embouchure de la Gironde, aurait traversé la Gaule et l'ilelvétie, puis, tombé sur le Danube, l'aurait suivi jusqu'à la mer qui s'échappe vers une mer plus grande par les goulets du Bosphore et de l'IIellespont.

Ce voyageur, un Anglais*, voulut imposer au Bu Puissant le nom d'un autre Anglais, de Livingstone, qui, parcourant le pays des sources du fleuve, avait pris le haut Congo pour le Nil. Ce nom, par chance, n'a point prévalu : le Congo reste Congo comme devant, et s'il se brise aux chutes Stanley, s'il s'endort dans le Stanley Pool, justes commémorations des travaux du découvreur, res lacs, ses cascades, ses rapides, ses tributaires sont purs des noms dynastiques, Victoria, Prince de Galles, Arthur, Albert, Alice, Alexandra, qui se sont répandus comme une lèpre anglaise à côté de ceux de Wellington el de Waterloo. 11 lui sufflt amplement de quelques noms belges, tels (|ue lac de Léopoldll. En somme, le bassin du Hio Poderoso n'a pas gardé les noms lusitaniens des premières explorations,

i. Chefs de Cfiravane.

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