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Sianlcy

CONGO

quand les Portugais cherchaient ici de Tor, des richesses, des esclaves et le fabuleux royaume du Prôtre Jean qu'ils ne devaient trouver nulle part, ni en Afrique, ni en Asie; il a échappé aux noms saxons que les Anglais sèment à pleines mains dans les régions nouvelles; il garde ses noms bantous. ce qui est simple et bon.

Quand le Congo commence à toucher le territoire français par sa rive droite (en nul endroit nous n avons part à sa rive gauche), il a déjà presque toute son énormité.

Ses ruisseaux originaires voient le jour h moins de 200 lieues de la mer des Indes, orientale à l'Afrique; or le Congo se verse dans la mer occidentale. Ils jaillissent à iSOO mètres au-dessus des mers, plus ou moins, au flanc sud de la chaîne des monts Tchingambo, et s'unissent sous le nom de Tchasi, puis de Tchambèze.

Le Tchambèze s'amortit dans un marais, car le lac Bangouéolo ou Bemba, par i500 mètres d'altitude, perd de plus en plus sa noblesse de lac; il devient palus, les dépôts de son Rhône ont partout recouvert la roche de fond. Ce n'est plus qu'une vasière avec 5, 8, iO pieds d'eau verte, rarement 15 ou 18. Très vaste encore, de par 150 kilomètres de long et 50 à 80 de lange, il va s'effaçant ; le marécage de pourtour gagne incessamment sur les roseaux du rivage par le progrès des alluvions qui incorporent la roselière au sol demi-consistant: diminués en arriére, les roseaux hauts de 3 mètres au-dessus de l'eau et cachant aisément pirogues et piroguiers empiètent journellement en avant sur le Bangouéolo, surtout à l'orient, au sud, h Toccident.

Arrivée dans ce laid lac, à travers palus, sous le nom de Tchambèze, la rivière en ressort sous le nom de Louapoula, terme dont la première syllabe. Loua (ou Lou, Lo, Rou, Ro) est un radical bantou qui signifie cours d'eau. Point grandiose encore, il quitte sa première conque lacustre avec une largeur de 70 mètres seulement, sur 6 de profondeur, puis il se dilue longtemps dans un marais d'aval qui n'est pas plus beau que celui d'amont.

Enfin il retrouve le fond de pierre, les berges fermes, la pente, les rapides, les cascades (entre autres celle de Mambirima ou de Monbottouta). Mais c'est pour s'alourdir encore dans un marais et, au bout de ce marais, s'endormir dans un second lac, le Moéro ou Mérou, par 850 mètres au-dessus des mers.

Lo Moéro, dont 150 kilomètres font la longueur,

s'amoindrit aussi par dépôts, joncs, roseaux, feutrage et palustration. Vers son septentrion, où se lèvent monts et coteaux, il est lacustre plutôt que palustre ; il ne peut s'épandre de ce côté comme il s'épanche des autres à perte d'horizon, quand la grande cnie le hausse de 12 à 16 pieds au-dessus (lu niveau de la saison sèche. Plus petit que le Bangouéolo et recevant un « loua » plus grand et non moins trouble en temps d'averses, il ne peut pas ne pas s'effacer aussi de siècle en siècle, avec recul visible môme d'année en année.

Un troisième lac, cuvette de peu de profondeur, reçoit le jeune fleuve issu du Moéro sous le nom de Loualaba ou de Louvoua : c'est le Louandji, dépression à laquelle arrivent le Kamolongo et le Loukouga.

Le Kamolongo est le Loualaba d'occident, l'eau du Bangouéolo et du Moéro étant le Loualaba d'orient. Encore très peu connu, c'est, peut-être, ou probablement, le plus fort des deux Loualabas. Comme diraient certains sauvages, l'un est le père, l'autre la mère du Congo.

^aisle Loukouga, lui, ne grandit guère le fleuve, et quelquefois pas du tout. Il déverse pourtant le superbe lac Tanganyika par un cours de 250 kilomètres, en une vallée que coteaux, monts et forêts embellissent.

A l'inverse du Louandji, du Moéro, du Bangouéolo, creux peu creux que l'alluvion comble, le Tanganyika est un gouffre dans une faille de la Terre. La sonde y est descendue à 657 mètres; si elle y trouve des abîmes de 450 à 500 pieds plus profonds, ces gours seront de niveau avec le miroir des mers, l'altitude du lac étant supposée d'environ 800 mètres. 11 a 630 kilomètres de long, 90 de plus grande ampleur, 50 de largeur moyenne, ce qui le fait égal à 55 fois le Léman. Pourquoi donc un pareil « Lago Maggiore » sous un ciel pluvieux n'émet-il pas un constant Ticino? Serait-ce que le Loukouga, son effluent, soutient parfois la poussée de sortie par l'obstacle de ses plantes aquatiques, joncs et roseaux amoncelés en digue autour de troncs, de branches, et maçonnés d'alluvions? Car ces forêts de souches, d'herbes fluviales, ces radeaux accrochés quelque part au courant des eaux sont capables de supporter un poids énorme de flots. Serait-ce que durant certaines périodes l'évaporation emporte au ciel tout ce qu'apportent les tributaires de la « Réunion des Eaux* » — des eaux vertes, pour tout dire?

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