‹ La France et ses coloniesChapitre 211 sur 283 · Soberbo Tfjo, neni padrào ao tncnos · texte numérisé non relu

Soberbo Tfjo, neni padrào ao tncnos

Ficarâ de lu ploria 7 Neni lierdeiro De leu l'enome ? Siin : recebe-o, guarda-o, Generoso Aniazonas, o legado De honra, de faina e brio : nSo se acabe A lingua o nome portuguez na Terra !

JCADAGiISCAR

TaD*nirite ; tue géni^ral

MADAGASCAR

I. De 1642 à 1885. — Jamais la troisiômo ile du Globo, ce qu>st on grandeur Madagascor, apivs la NdU voile-Gui née et Itornoo. n'a porté ce nom de quatre syllabes avec quatre a chez n'imporle laquelle des nations qui s'y sont conronduos on un peuple de langue malaise.

I) vient, ce nom, d'un mi^morablo voyageur, non pas en Afrique, mais en Asie : do Mai-co Polo. Cet exploralour parle, en quelque endroit, d'un pays de Hadugat^-ar, qui n'est point l'ile hova-françaîse. On suppose que ce qu'il on dit se rapporte au rivage do Magadoxo, ou plutAt Mogadicho. plage de l'Afrique Orientale qui voit se lever à son occident les montagnes des Gallns, épanouissement méridional du puissant massif de l'Abyssinio.

Qui vil Iloller ici avant tout autre Européen un bleuâtre nuage dans le ciel oriental; et, ce nuage devenant montagne, qui cria le premier : « Terre I Terre I u ? Madagascar étant une ile du périple

d'Afrique, il s'ensuit que ce contemplateur « primordial » ne put être que de Lusitanie. Ce fut la vigie d'une caravelle portugaise, on l'an de grâce lôOO lout juste.

Los LusiUniens la nommèrent Sâo Loui'onço, soit Saint-Lauront. La plus vaste de nus Dos s'appela donc quelque temps comme le plus beau des (louves français, l'immense eau voHo des Canadiens.

Ce nom ne dura guère, ni l'action dos Portugais sur la « llha de Sào Loui-enço ». Pas d'or, pas d'argent, j>ou d'esclaves à portée ; or le peuple du Douro et du Tejo ne cliercliatt que ceci et cela sur le pourtoui' dos mei-s.

En 1643 Madagascar n'appartenait à personne encore : le Portugais l'avait abandonnée; l'Kspagnol n'y avait point passé, toutes ses roules étant vers l'Occident, l'Aniériquo, les « Castilles de l'Or »; le Ncderlandais ue s'en était point occupé; ni l'Anglais, qui depuis s'en est repenti.

5BIJ KOS COLffMES

Richelieu, cette année-ià, déclara que la gronde l l'Orient, qui sembla d'abord courir à la conquête ile était française. 1 de toute l'île, puis s'arrêta Tlanqut^e. Autant en

arriva, sous Colbert, à celle qui lui succéda, à la Compagnie Orientale : elle reçut Madagascar sous le noiti d'Ile Daupbine, en l'honneur de l'héritier de la Couronne, et aussi sous le nom de France Orientale, avec Fort-Dauphin pour chef-lieu, mais elle n'y régna Jamais que sur quelques villages, fi une portée d'arquebuse de ses postes; toute son activité, toute sa vie même fut de six ans, la Société de l'Orient eu ayant duré vingtdeux.

A partir de 1670, Madagascar fut censée domaine royal, et le i-oi de France ne réussit pas mieux que les compagnies : celles-ci périssaient de leurs dissensions, de leurs concussions, de la dilapidation des fonds, de la ruine des bailleurs ; le gouvernement sembla n'avoir qu'un souci, imiter la Société de l'Orient et la Compagnie Orientale en lout ce qu'elles avaient montre d'imbécillité, d'indécision, d'incohérence, de lâcbulés flasques suivies de brusqueries qui duraient le temps d'un éclair. Aucune des tentatives ne fut raisonnable, aucune des conquêtes ne dépassa le littoral funèbrement marécageux, aucune des razzias ne st'ivit ; les victoires, sans marche en avant pour profiter de l'hébétement de l'ennemi, valurent tout juste autant que les défaites qu'on se gardait bien de balancer au plus vite par des triomphes.

c»rie de ■adigascar. Histoire honteuse, môme

Il en fil don 'i une compagnie de grands sei- 1 dans ces dernières années qui nous ont apporté le giieurs, financiers et mai'chands, à la Société de | protectorat de l'ile sans que nous l'ayons mérité.

Cetle n épopée o est de celles qu'on ne raconte )as.

Le prolecloral date du 17 décembre f885.

II. Le platean d'Émirne; le peuple des Hovas- — Qu'on imagine notiv Plateau Central, moins centra) en France qu'à Madagascar, et que

e Tnalgache «t s«ï entïnli. — Dessin de Bidi, d'iprèl une pholognphie.

sur ce Plateau du centre on place le Paris de la grande Ile, on aura trèâ exacleiiieiit la plate-forme d'Émirne ou d'Imérina, avec sa Tananarive, qui est la a ville-lumièi'u p des Malgaches. Les deux

extrêmes de la France, Lutèce et l'Arvernie, ce qu'on a nommé les deux pôles, l'attirant et le rùpulsir, sont unis là-bas, el l'Auvergne des Madécasses porte leur plus prestigieuse cité.

Auvergne où nous serons forcés de monter quelque jour. C'est pour ne pas l'avoir fait que nous possédons si peu Madagascar, de nom seulement, et encore à demi.

Nosidambo, c'est l'un des noms indigènes de Madagascar. Cela veut dire Tile aux Sangliers, la Terre sylvestre et sauvage.

A sa sauvagerie contribue la montagne. Elle couvre la plus grande part des 59200000 hectares de Nosidambo, qui n'a pas moins de i625 kilomètres du nord -nord -est au sud -sud -ouest, avec 600 kilomètres de plus grande largeur, la moyenjie étant de près de 400 dans un contour de rivages d'environ treize cents lieues.

Avant de connaître Madagascar, on l'avait pourvue d'une chaîne régulière, suivant l'axe de l'île, juste aussi loin du littoral de l'ouest que de celui de l'est : ce qui faisait les rivières orientales aussi longues que les occidentales. Or elles sont deux, trois et même quatre fois plus courtes.

Tels qu'on les a montés, descendus, point partout, mais au hasard des itinéraires de l'explorateur, du colon, du marchand, les monts malgaches s'étalent confusément, en bosse irrégulière, chaînes, chaînons, plateaux, massifs, sur la vieille échine de Nosidambo.

Madagascar est un des pays tropicaux où la neige éternelle n'argente pas les dômes, les pics, les cylindres, les tours, les pyramidions, les taillantes; il lui manque l'admirable contraste de la blancheur vierge des névés avec la verdeur et la sombreur des forêts, celui de l'hiver sans fin des sommets avec le printemps perpétuel sur les feuilles et les fleurs des vallées; et à cette absence de frimas immortels ses courants perdent en abondance, en continuité : toutefois ce sont de vraies rivières et non des oueds languissants, tarissants.

Sans diadème étincelant, glace et neige au fronton des sierras, Madagascar n'élève donc aucune de ses têtes à la hauteur d'un « Blanc », d'un « Rose >, d'un « Pelvoux », d'une « Vierge )), mêmed'unNéthou, d'un Posets, d'un Vignemaleou d'un Néouvîelle ou Vieille-Neige.

Les premiers de ses monts s'élancent assez exactement au milieu de l'île, à distance à peu près égale du cap d'Ambre, pointe la plus septentrionale, et du cap Sainte-Marie, pointe la plus méridionale, un petit peu moins loin de celui-ci que de celui-là.

On les appelle monts d'Ankaratra. Ils pointent dans l'azur au sud-ouest et au sud de Tananarive,

capitale de Madagascar, vers les sources du fleuve majeur de l'île, l'Ikopa, plus ou moins égal en longueur au Rhône.

A simple vue, ils paraissent deux fois plus bas que leur taille réelle. Ils sont comme enterrés jusqu'à la ceinture dans le plateau, qui a 1000, 1200, 1500 mètres d'altitude: eux, ils montent à 1800, 2000, 2500; ils sont faits de gneiss, de granits, de laves, et c'est une autre et grande ressemblance entre l'Auvergne et l'Imérina.

Le géant parmi ses géants, qui sont des cônes de lave, s'appelle le Tsiafajavona, ce qui veut dire : Jamais sans nuages*; ses 2590 mètres le font intermédiaire entre la plus haute Pyrénée et le plus haut puy d'Auvergne — il a 704 mètres de plus que le Puy de Sancy, 814 de moins que le Néthou ; s'il atteint les 2728 mètres que lui octroient d'autres documents, il dépasse le Sancy de 8i2 mètres et ne le cède au Néthou que de 676. Ses voisins, ses rivaux, se nomment le Tsiafakafo (2540 mètres), l'Ankavitra (2550 mètres), l'Ambohimirandrana (2Ô50 mètres) : noms de très douce et belle sonorité, comme tous ceux de la terre malgache, et s'ils nous semblent longs, parfois démesurés, avec leurs six et sept et huit syllabes, c'est parce que nous ignorons la langue, qui se plaît aux mots composés, et que là où nous ne voyons qu'un seul terme, il y en a réellement deux, trois, quatre, avec deux, trois, quatre idées.

Ces monts sont beaux, mais le plateau qu'ils épient, l'Imérina, l'Émirne, le pays d'Ankove, ne l'est guère, et la grande fécondité, la riante opulence, les forêts, la verdure, ce que la nature a de souriant, lui fait défaut. Élevé moyennement de 1200 mètres, et par là même bien plus tempéré, sous l'astre du Tropique austral, que la terre basse où mènent ses rivières à l'ouest et à l'est, il ne brise le vent des hauteurs par aucune forèt; même les petits bouquets d'arbres, voire les arbres isolés lui manquent, sauf les fruitiei^ plantés dans les jardins des villages : tels l'oranger, supportant sans peine la fraîcheur nocturne et matinale que l'élévation du sol fait au plan de l'Imérina, le goyavier, le manguier, le néflier du Japon, le pêcher de France, et tout autre arbre à fruits qu'il plaira d'acclimater, car ici le climat se prête à tout.

Vu de l'un de ses monts, l'Emirne fuit au loin comme un pays nu, comme une contrée de coteaux et plaines, comme le socle mal aplani d'une terre

1. D'autres traduisent : Celui que les nues ne peuvent gravir entièrement.

MADAGASCAR

Tougc OU grise, argiles sans puissance créatrice ou laves sombres étendues sur un granit qui se montre aux gerçures du sol par des bosses et par des pointes.

Comment la province d'Imérina, qui n'a pas même, dit-on, 2500000 hectares, peut-elle donc entretenir aisément son million d'hommes — \ 300000 avec les districts qui en dépendent?

Parce que mainte vallée bien arrosée y est féconde en riz, et surtout parce qu'une vaste plaine est là, la plaine de Betsimitatatra, longue de sept h huit lieues, sur largeur égale, au pied môme des trois collines de Tananarive, sur des ruisseaux éternels qui courent au fleuve Ikopa. Cette plaine fut un lac de l'ikopa, quand ladite rivière n'avait pas fendu la paroi du calice, là où elle se précipite^ maintenant du plateau par les cascades de Faharantsana. La brèche faite, le lac devint marais; il l'est encore à demi, puisque, devenu rizière immense, on irrigue jusqu'à les noyer ses champs autour des villages assis sur les buttes qui furent les îlols de l'antique Léman, ou sur les coteaux qui en marquaient le pourtour. Très nombreux sont ces villages, ces bourgs, et les hameaux, les fermes, les cases, aux environs de Tananarive, dont le nom signifie justement les Mille Villages ou, si l'on préfère, les Mille Villes.

Tananarive, réellement Anlananarivo, n'a pas môme moitié de la gloire de Rome et des villes qui prétendent l'imiter par leui*s sept collines de piédestal, Lisbonne, par exemple, et Constantinople. Elle ne porte que sur trois coteaux, en amphithéâtre, à des altitudes variant entre 1500 ou 1350 et 1500 mètres ^ Ce sont là des sites égaux en surrection à ceux d'une foule de cités mexicaines, guatémaltèques, salvadoriennes, costa-ricensiennes, grenadines « équatoriales », péruviennes, etc., et c'est pourquoi le ciel de Tananarive dispense aux Tananariviens les mômes faveurs qu'aux habitants des ciudades, des pueblos, des aldeas de l'Amérique espagnole dans les contrées qui furent* Anahuac, terre des Quetzal, patrie des Chibchas, « Altiplanicie » de Quito. L'été, qui est notre Jiiver, puisque Madagascar est une île australe, n'abaisse pas la température au-dessous de 6 degrés; l'hiver, qui est notre été, ne l'élève guère au-dessus de 28°,50; dans cet air si doux, sans aucune brusquerie, on ne frissonne un peu, parce que le corps est inexpert au froid, que quand les vents soufflent de l'orient

1. Lo bourg primitif autour duquel s'est cristaUisée la ^n*and'vi!lc est à 1460 mètres au-dessus de la mer, à quelque 150 mètres plus haut que le lit de la rivière Ikopa.

et du midi, car c'est la haute montagne qui les expire.

Comparé aux climats du bas pays, l'air de l'Imêrina, par sa quasi-fraîcheur hivernale, et surtout par sa salubrité, semblait d'avance promettre aux hommes du Plateau l'empire de Madagascar.

Et en effet il le leur a donné.

Les gens de l'Imérina portent plusieurs noms : d'abord ceux qu'ils se donnent, puis ceux qu'on leur a donnés.

Kux-mômes ils s'appellent les Antaïmérinas ou plus simplement les Mérinas, autrement dit les hommes de l'Imérina, et aussi les Ambanilanitras, « tous ceux qui vont sous les cieux » ou « les seuls qu'il y ait sous le ciel ». Ayant oublié leurs origines, qui ne sont point malgaches, et portés par une grande terre autour de laquelle ils ne voyaient que de petits îlols, ils purent se croire de bonne foi les fils uniques de la mère des hommes.

Le nom qu'ils tiennent des Sakalaves, leurs plus nombreux, leurs plus puissants ennemis dans l'île, Amboalambos, signifie les chiens-cochons, les sangliers obscènes. Celui qu'ils tiennent de nous Européens, celui d'ilovas, appartient à leur langue, mais il a le tort de prendre la partie pour le tout : il désigne une des trois castes de la nation des Antaïmérinas, qui se partage en Andrianas ou nobles, en llovas ou non-nobles, en Andévos ou serfs.

Une nuit très noire nous aveuj^le sur les premières invasions de Madagascar par ses voisins plus ou moins éloignés d'Afrique, d'Océanie et d'Asie. Ses maîtres les plus antérieurs furent-ils des autochtones? Qui sait? Mais de l'Afrique Orientale à la côte occidentale de Nosidambo, rivage des f- Sakalaves, il y a distance bien petite — à peine si 100 lieues* séparent le cap malgache de Saint- André des plages de Mozambique. On peut donc imaginer sans outrecuidance que le continent des Dorés sombres et des Noirs fournit à l'île, alors solitaire, les premiers chefs de sa destinée.

Malheureux les pionniers, les inventeurs, les initiateurs, les hommes du commencement ! Les premiers occupants sont en baUûlle contre l'inconnu. Ils cherchent des gués de rivière et se noient dans desgours; ils explorent à travers bois et buissons, pendus sur des précipices, les virées et les dévirées des torrents ; ils déterminent les sentiers dans le fouillis des forêts vierges; ils vont furetant dans la

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