Spécialement du pays de Mozambique
MADAGASCAR
lange de peu d*Arabes avec beaucoup de Noirs, Indiens de Tlnde qui sont de parfaits négociants.
Il semble qu'on démêle deux origines dans les traits, la couleur, Thabitude corporelle des Sakalaves; ils ne sont pas noirs de peau, sauf exceptions nombreuses, mais plutôt d'un brun qu'une infinité de dégradations assombrissent ou éclairent, si bien qu'une part d'entre eux tend plus ou moins au Nègre, une autre part plus ou moins au Rouge : ceux-ci rappellent d'assez près les Indiens du Malabar, qui seraient pour moitié dans leur race, et ceux-là les Cafres et autres Bantous, qui y seraient pour Tautre moitié. Beaucoup ont les traits peu ou point irréguliers, même fins, et les cheveux crépelés plutôt que laineusement crépus; comme corps, ils sont petits ou moyens, suffisamment musclés, bien dégagés, alertes : bref, de ceux dont on fait une excellente infanterie légère, une troupe d'assaut, une guérilla ou une contre-guérilla.
C'est ce qu'ils seront un jour, aux ordres de nos officiers, si, le protectorat ne suffisant pas, il fallait monter aux « Mille Villes », qui devraient être françaises depuis tant de décades d'années, au lieu de n'étaler que des cases d'Amboalambos au pied du palais d'une reine ennemie conseillée par des prêcheurs qui abhorrent la France. Par haine des Hovas, les Sakalaves ont de l'amitié pour nous, et ce n'est pas d'aujourd'hui, ni d'hier, qu'ils désirent se venger de leurs maîtres détestés, sur le Toit des eaux de Madagascar.
N'étant pas de sang « jaune », ils n'égalent point, dit-on, les Hovas en intelligence, en puissance de calcul, en fourberie, en coordination des efforts Ters le but; au contraire, étant de sang noir par une moitié de leur ascendance (sinon plus), ils ont du Nègre l'inconstance et l'inconsistance, l'étourderie, la très joyeuse humeur, l'oubli de la veille, le mépris du lendemain, la passion du bruit pour le bruit, la vanité, l'enthousiasme puéril ; et aussi la bonté, le dévouement, la tendresse. Grands enfants, qui sont au nombre de 500 000 peut-être, en, trois « Sous-Sakalaveries », celle du Sud, celle du Centre, celle du Nord.
La Sous-Sakalaverie du Sud, le Ménabé, sur le Mangoka et le Tsijobonina, serait le pays où le mélange des Hacouas et des Malabars aurait donné naissance à la race des Sakalaves, si toutefois ce peuple n'a pas commencé sur la côte orientale de rUe, dans la contrée de Saka.
La Sous-Sakalaverie du Centre, sur de petits fleuves côtiei's, a pour nom l'Ambogo.
La Sous-Sakalaverie du Nord, ou plutôt du Nord- Est, le long des baies amplement déployées, s'appelle le Boény.
Du pays des Sakalaves aux caps séparant la côte occidentale de la côte orientale, le chemin prend peu de temps, puisque cette nation turbulente occupe presque tout le rivage que Madagascar tourne vers l'Afrique.
Au Sud, à partir de la baie de Saint-Augustin, on longe l'aride plage des Mahafalys, qui borde un pays sec, indigent en rivières et désert à demi. Aux Mahafalys, peu distincts des Sakalaves, succèdent, peu différents des Mahafalys, les grossiers Antandroys chez lesquels le littoral tourne au sudest, puis, au delà du cap Sainte-Marie, à l'est-nordest; leur contrée, l'Androy, oppose de hautes dunes à la mer du Midi.
Au nord, à partir de la baie de Pasandava, l'on suit, devant un pays de houille, une rive découpée, qui s'achève à peu près au cap Saint-Sébastien ; du cap Saint-Sébastien au cap d'Ambre, l'antique volcan qui est le pilier septentrional de Nosidambo, des criques sans nombre dentellent ce bout du littoral d'occident; aucune d'elles n'a la sûreté. Tarapleur, la magnificence de la « baie des baies », de Diégo-Suarez, dont les sépare un étroit dos de montagne.
Cet extrême nord de Madagascar, l'Ankara, appartient aux Antankaras ou Gens des Rocs S Nègres d'aspect africain, barbares disséminés dans un pays sauvage et presque vide.