Ou
a des voisins presque aussi hauts que lui : avant tous, le Grand-Rénard, qui monte à 2970 mètres*.
Du Piton des Neiges, laves éteintes, au volcan vivant, direction de Tesl-sud-est, d'autres pitons surgissent, au-dessus d'une espèce de plateau très tourmenté qui s'appelle, à l'ouest, plaine des Salazes, au centre plaine des Cafres, à l'est plaine des Remparts. La plaine des Cafres sera quelque jour le lieu de guérison de la « France Orientale » : sise à 1600 mètres au-dessus de l'océan, le froid (non pas le frais) y descend à — 4®, et la chaleur ne s'y élève qu'à 2 P.
Le Grand Cratère ou Pilon Rorv atteint 2625 môtrès à sa roche supérieure ; il ne flambe plus, il ne bave plus, mais non loin de lui le Piton de la Fournaise ou Cratère Dolomieu, né en 1791, souffle, tousse, flamme et fume, à 2528 mètres au-dessus de la mer du sud-est ; il crache, à peu près tous les trois ans, des laves qui descendent dans un cirque, ou, comme on dit ici, dans un enclos.
Ce cirque est extraordinaire. Cratère antique dont une paroi, celle qui regarde la mer, s'effondra sous le poids de laves enflammées, ce qui en reste frappe de stupeur. Sa chaudière ébréchée a 45 kilomètres de tour, et sa paroi, presque partout à pic, s'élance à 250, même à 300 mètres de hauteur : c'est bien là le Grand Enclos (960 hectares), autour du Grand Rrùlé.
Les laves du Grand Enclos s'en vont à la mer, entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, aux lieux où la montagne bourbonnaise, directement opposée à la mousson, reçoit au delà de 4 mètres d'eau par an, tandis que la contre-côte, à l'ouest, au nord-ouest, ne recueille que deux mètres ou moins de deux mètres, voire 700 millimètres seulement. C'est la distinction capitale de la côte au vent et de la côte sous le vent : à la côte au vent, Saint-Benoit recueille annuellement 4 mètres 124 millimètres d'humidité; à la côte sous le vent, Saint-Paul n'est favorisé que de 700 millimètres, et la ville souveraine de l'ile Saint-Denis, qui est entre les deux côtes, doit se contenter d'un mètre un quart.
La pluie tombait plus fort, au temps des colonisateurs, quand Bourbon n'était qu'une forêt tellement gracieuse et splendide que les colons avaient surnommé l'Ile : Eden. Les défricheurs y ont mis bon ordre, et à présent Ton se plaint, en maint endroit, de sécheresses funestes à la canne à sucre, qui demande beaucoup d'eau, soit au ciel, soit à la montagne. Celle-ci n'en peut fournir, fuute de