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OBOK
laves, et que ces laves, descendues dans la baie, ont failli la barrer, mais n'ont fait que Télrangler.
Des sables, des coteaux d'une surrection d'au plus 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, séparent, à quatre ou cinq lieues de distance, le Gubbet-Kharab d'un bassin sans déversoir, l'Assal, lac de sel dit ironiquement lac de miel par les Arabes qui vont trafiquant ou nomadisant dans la contrée.
L'Assal, ovaloïde ayant 8000 à 10000 mètres de grand axe, 5000 de petit axe, et 40 de profondeur, fut séparé de la mer des Indes, et spécialement de la baie de Tadjoura, dont il fit partie, par l'expansion des laves et peut-être aussi par un soulèvement de sol. Il forma donc, d'abord une conque égale en altitude à l'Océan; puis, l'évaporation aidant, il baissa de niveau et en même temps se rapetissa tellement qu'on estime aujourd'hui diversement h 173-231 mètres son infériorité par rapport à la basse marée du golfe de Tadjoura.
A 70 kilomètres ouest-sud-ouest de l'Assal, d'où partent des caravanes chargées de sel, le lac Aoussa,qui, lui, est une eau sans saveur amère, se dilate au loin, puis se contracte, puis se redilate, puisse resserre encore suivant le flot que lui verse une longue rivière tombée du Choa, l'Aouach ou Aouàsi, qui peut avoir 800 kilomètres. La fonte des neiges sur la haute sierra, les pluies du Choa méridional, contrée qui a sa petite part des averses du Tropique, l'épanouissent en une sorte de mer douce qui n'aurait pas de reflux, car toujours plus elle déborde; puis la sécheresse saharienne le dévore, et c'est alors comme une mer qui n'aurait point de flux, car toujours plus elle recule. On pense que l'Aoussa n'égale pas non plus le niveau des Océans, seulement il s'en faut de peu.
L'Aouach est la vraie raison d'être de notre « colonie » d'Obok. Sa vallée, qu'il inonde, qu'il restaure chaque année en humus, ainsi que le Nil fait de Misraïm', offre un chemin de toute facilité Vi^rs le socle clioan, la région des Gallas, l'Afrique* intérieure. Porte ouverte sur un continent, mais porte fermée pour qui ne sait pas l'ouvrir à deux battants et qui n'ose crier à haute voix : « Sésame ! ouvre-toi! »
Du cap Doumaïra au cap Djiboulil la ligne droite donne au territoire d'Obok une longueur de 120 kilomètres; la largeur allant à 50 kilomètres environ, la colonie se trouve couvrir 600 000 hec-