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INDO-CIIINE
noise, Kécho ou le Grand Marché; et Dong-King ou la Capitale de TOrient, par opposition à Tay-King ou la Capitale du Couchant : celle-ci, détruite aujourd'hui, montre encore quelques débris de son existence passée, très faibles restes, car les cités tonquinoises sont bois, bambous, cases, paillottes, plutôt que murs, pierres, fer et solides assises. Cette Capitale de TOccident, sur le territoire devenu province de Thanh-Iloa, est d'ailleurs au sud plutôt qu'à l'ouest de la Capitale de l'Orient. C'est de Dong-king que les Européens ont fait Tonquin.
Toutes les villes tonquinoises ne répondent pas à cinq noms comme Hanoï, mais il en est peu qui ne répondent h trois — un nom chinois (Jont on se sert peu, un nom annamite qui est l'usuel, un nom officiel qu'on n'emploie qu'en paperasserie, le pinceau à la main.
Excessive anarchie qui rend pénible l'étude des annales indo-chinoises.
Le Tonquin représenUmt pour les Annamites le Bac-Ky ou Contrée du Nord, TAnnam propre est le Nam-Ky ou Contrée du Sud, et la Basse-Cochinchîne le Gia-Dinh.
Des neuf, dix, douze millions d'hectares* du Tonquin, i 400 000 appartiennent au Delta. Le reste se divise entre la Montagne et la Forêt.
Le delta nourrît de sa riche substance environ 6 millions d'hommes, soit plus de quatre personnes par hectare; or le pays le plus densément peuplé de l'Europe, la Saxe, n'en sustente que 2i2 par kilomètre carré, malgré son énorme hypertrophie industrielle, tandis que le Tonquin n'est qu'agricole. La Belgique, démesurément industrielle aussi, n'en entretient que 203.
11 est, dans l'instant présent, le Tonquin vivant, par opposition au Tonquin non vivant encore, ou vivant à peine — la Montagne a peu d'habitants, et la Forêt n'en a pour ainsi dire pas.
Il a pour auteurs de ses alluvions le Fleuve Rouge, et, à un très moindre degré, le Tay-Binh..
Le Fleuve Rouge ou Song-Koï* doit son nom au limon rouge entraîné par ses eaux; c'est, comme teinte, exactement ce que les Espagnols d'Amérique appellent ui^Rio Colorado.
Rouge ou rougeâtre par lui-même, il boit une
i . Les évaluations de la surface du Tonquin varient beaucoup, parce qu'on ignore encore la frontière précise à l'ouest (si frontière il y a), entre les Tonquinois d'une part, les Birmans (ou prétendus tels) et les Siamois (ou dits ainsi) d'autre part.