BECLlf". — Nos COLOMES
rliées et coliques, la petite vérole, les fièvres, le choléra, le ver solitaire, la lépi-e partout promenée par des lépreux qui ont toute liberté de communiquer leur mal ; ils se promènent dans les rues, ils vont voir leurs amis, ils entrent et sortent, ils prennent femme oii bon leur semble, même dans les familles sans lèpre.
Mais si Hanoï n'est pas saine, elle n'est pas non plus malsaine, tropicalement parlant. On peut
môme traiter le Tonquin de bonne colonie, comparativement à tant d'autres qui sont mauvaises. Ainsi, par exemple^ Hanoï vaut mieux que Saigon.
La moyenne annuelle de ces deux villes dilTère de près de trois degrés : 24^,19 pour Hanoï, 27^,05 pour Saigon.
Mais on sait le défaut des movennes et comment deux nombres égaux peuvent conclure, chacun de son côté, une infinité de faits inégaux. Rien ne le prouve mieux que la comparaison de Saigon et de Hanoï. .
Les 27**,05 de la cité majeure de Cochinchine équilibrent des saisons déjà presque équilibrées et dont aucune n'est le contraire des autres : à Saigon, le mois le plus froid, décembre ou janvier, donne une moyenne de 25'^,5, et le plus chaud, mai, 28^,6 ; tandis que dans la cité majeure du Tonquin, janvier, temps le moins brûlant, se résume par 14°,3 et juin, temps le plus torride, par 51<*,4. D'où, pour Saigon, une oscillation mensuelle de 5^,3; et, pour Hanoi, de 17^,1. Entre les températures extrêmes, l'écart n'esta Saigon que de ^^^2^ il est de 28\3 à Hanoï».
H s'ensuit que Saigon et la Cochinchine nous montrent un de ces pays merveilleusement anémiants où, tous les mois étant pareils en chaleur, rien ne secoue la fibre, et l'homme tombe dans l'apathie, qui est le principe de sa ruine.
Tandis que Hanoï et son Tonquin deltaïque subissent des saisons diverses, dont une positivement très fraîche, que même on doit dire froide par comparaison à celle qui tombe en écrasement du ciel avec une torridité de 30, 55, 56 degrés à l'ombre.
Qu'il y ait de vrais froids au Tonquin, le calendrier tonquinois le montre : il parle de neige — non de neige tombant sur Hanoï, mais de neige sur la montagne, à l'horizon voisin.
Ce calendrier n'est pas, comme le nôtre, divisé en douze mois.
Semblable au calendiûer chinois, il partage l'année en vingt-quatre demi-lunaisons, soit seulement 55i jours, au lieu des 305 de l'année solaire; il faut donc rétabUr parfois l'équilibre par une intercalation. Tous les quatre ans, nous avons une année un peu plus longue que les trois autres; eux, ils ont toutes les trois années un an plus long d'un treizième que les deux précédents.
Hs ont donné aux demi-lunaisons de leur tonquinoise année, qui part de la mi-février, des noms