De 7",3 a 55o
pittoresques, bien plus « savoureux » que les nôtres, lesquels sont, ou des noms de dieux oubliés, comme janvier, ou des noms de flatterie, comme août, pour Auguste, ou des noms de nombre, connue de septembre à décembre :
Première domi-luiiaison. . . .
Deuxième doini-lunaisoii. . . .
Troisième demi-lunaison. . . .
OuaUMème dcmî-Iunaison. . . .
Cinquième demi-lunaison . . .
Sixième demi-lunaison . . . .
Septième demi-lunaison. . . .
Huitième demi-lunaison. . . .
Neuvième demi-lunaison . . .
Dixième demi-lunaison . . . .
Onzième demi-lunaison. • . .
Douzième demi-lunaison . . . Treizième demi-lunaison . . .
Quatorzième demi-lunaisou . .
Quinzième demi-lunaison . . .
Seizième demi-lunaisou. . . .
Dix-septième demi-lunaison . .
Dix-luiitième demi-lunaison. .
Dix-neuvième demi-lunaison. .
Vin^Mième demi-lunaison . . .
Vingt-unième demi-lunaison. .
Vin^t-deuxièmc demi-lunaison \ing:l-troisième demi-lunaison .
Vingt-quatrième demi-lunaison.
Eau de pluie.
Mouvement des reptiles.
Equinoxe de printemps.
Clarté pin^e.
Pluie pour les fruits
Débuts de 1 été.
Petite crue.
Semence des herbes.
Solstice d'été.
Petite chaleur.
Grande chaleur.
Début de l'automne.
Fin du chaud.
Rosée blanche.
Equinoxe d'automne.
Rosée froide.
Frimas.
Début de l'hiver.
Petite neige.
Grande neige.
Solstice d'hiver.
Petit froid.
Grand fioid.
Début du printemps.
£n envisageant l'année à notre façon, comme composée de douze mois, on a proposé pour chacun de ces mois les caractéristiques suivantes :
Janvier. . . .
Mois des écarts horaires de température
Février. . . .
Mois des brouillards.
Mars
Mois de l'humidité.
Avril
Mois des jours lourds et couverts.
Mai
Mois de la chaleui* sèche.
Juin
Mois de la chaleur humide.
Juillet
Mois des vents du bud-Est.
Août
Mois des grandes pluies.
Septembre. . .
Mois des coups de vent.
Octobre. . . .
Mois des jours variables.
Novembre. . .
Mois de la sécheresse.
Décembre. . .
Mois des vents du >'ord-Est.
Ainsi le calendrier du Tonquin mentionne des frimas, des froids, des neiges, un hiver — parce que tout cela existe.
Quelle est la raison de cette infraction singulière a la normale des climats intertropicaux, infraction telle que d'aucuns croient que les Français pourront travailler aux champs dans les diverses contrées du Tonquin; bien entendu, en dehors du Delta, dont la vase est faite pour TAnnamitc et pour le buffle, son compagnon de travail, ph»ngé comme lui dans la bourbeuse eau des rizières? On en discute encore. Peut-c'tre faut-il l'attribuer à un courant froid qui, parti de la mer d'Okhotsk, puis ayant longé la Mandchourie, la Chine du nord, la Chine du sud, viendrait apporter dans le golfe du
Tonquin, sous le 20' degré, In rraîchcur, fille du Troiil, qu'il a puisée sous le 60*.
Pour cette rajaon ou pour d'autres, le Tonquin oppose cinq mois Trais, novembre, décem-
EIINE ih9
bre, janvier, février, mars, à cinq mois très chauds, mai, juin, juillet, aoilt, septembre, formant une saison extraordinai rement pénible pour l'Européen : avril d'une part, octobre d'autre
a Parto Je Chine. — Dnsln
;, Bumanil, d'aprèï des jihotographii»
part, essentiellement variables, participcntdcsdeux ce qui lonilte sur nous on France ; aussi tous les
saisons, tantôt plus de l'une que de l'autre, et tan- fleuves, bras de fleuve, bayous, arroyos, torrents
tôl, inversement, plus de l'autre que de l'une. penchés par la montagne ont-ils, au temps des
Qufinl h la hauleur des plûtes, Saigon donnant averses, une Turce d'expansion prodigieuse; dans
148j millimètres par année, la ville du Song-Koi les lits des rivières, dans les marais, dans les
en dispense moyennement iS02, plus de deux fois plaines d'argile, partout l'eau monte; elle pèse
lourdement sur les digues, et toutes ne lui résistent pas, elle en crève, elle en dépasse, d*un flot supérieur à celui des précédentes années, et elle peut envahir des bas-fonds immenses. Hais ses ravages sont, môme alors, moindres que ses bienfaits; elle ne détruit point les villages, bâtis audessus de sa portée; elle n'emporte point de routes, car il n'y a d'autres chemins ici que les levées des rivages de fleuve ou canal, d'autres sentiers que les talus d'entre rizières ; et dès qu'elle a percé l'une des digues en son point faible, elle perd de sa force en s'épanchant, et laisse debout tout le reste des lignes du damier.
Et avant de se retirer, elle dépose dans les compartiments une épaisse alluvion régénérati ice des terres deltaïques.
Par Bac-Ninh, Haï-Dzuong, Haï-Phong, .Quang- Yen, Hong- Yen, Nam-Dinh, Ninh-Binh, s'en vont à la mer les chenaux et bayous entre-croisés du Delta, eaux louches qui ont pour père le Fleuve Rouge et un peu le Taï-Binh, rivière bien moindre qu'on dit, sortie des Ba-Bé ou des Trois Mers, c'est-à-dire des Trois Lacs*, dans le pays de Cao-Bang.
Bac-Ninh a la physionomie des villes tonquinoises, une citadelle, un quartier civil ou cité marchande et des négociants chinois.
A Uaï-Dzuong, ruinée par la guerre franco-chinoise, il reste 8000 à 10000 âmes, le tiers ou la moitié de ses 20000 à 25 000, quand ses femmes, ses plaisirs, ses jeux, ses fumeries d'opium en faisaient la ville de dissipation du Delta.
Quang-Yen, à peine un bourg, avec quelques pêcheurs, aura le grand port du Tonquin, si l'on ne choisit pas, ce qui vaudrait mieux, un rentrant de la baie d'Allong.
Ilong-Yen possède une forteresse : en quoi elle est pareille aux autres villes du pays.
Nam-Dinh, seconde cité du Delta, compte 20 000 à 25 000 habitants, d'aucuns disent 50 000 à 60 000 ; sa campagne produit le meilleur riz.
Ninh-Binh est place forte. Conmie dit le Tonkinois : « Hanoï est la tôte du Tonquin ; Ninh-Binh en est le cou! m
Ces chefs-lieux de province, de département, d'arrondissement, n'offriraient aucun intérêt sans la vie intense qui en anime quelques rues et qui, tout autour d'eux, grouille dans le Delta fabuleusement riche, incroyablement rempli de gros villages, et jardin là où il n'est pas rizière. Bien de supérieur, pas même dans la Chine, i)\x l'homme
i. Eu aiiiiaiiiitc il n'y a qu'un mot pour lac et \}o\iv mur.
exabonde, où toute culture est « maraîchère », où il n'y a de sol peinlu que pour les villes, bourgs, villages et cimetières.
Le golfe où ce plan d'alluvions continue de s'agrandir s'ouvre sur la mer de Chine par un écart de plus de 500 kilomètres, dont 220 occupés à l'entrée même par l'ile de Haïnan, qui a 3620000 hectares avec 2500000 hommes.
Avant que le golfe du Tonquin commençât à se diminuer des 1400000 hectares du Delta, il s'avançait triangu lai rement jusque vers le lieu que couvre aujourd'hui Sontay, là où le Fleuve Rouge, le Song-Koï, dont il se peut que le vrai nom soit Chong-Koï ou Grand Fleuve, sort de la montagne, quand viennent justement de lui arriver la Noire et la Claire. Privée de cette part d'elle-même, l'eau du golfe s'arrondit maintenant en une courbe régulière, espèce d'arc de cercle ayant sa concavité vers l'ouest, tandis qu'au sud le littoral de l'Annam dessine im arc de cercle contraire avant son sommet vers l'orient.
Quand le Taï-Binh, le Song-Koï et, plus au midi, le Song-Ma, le Song-Ca et d'autres « songs » * annamites n'avaient pas encore gagné sur lui, les uns par de vastes champs plats, les autres par quelque peu de boue, par des lagunes, des dunes, le golfe baignait partout le pied de la montagne, et cette montagne était haute. Aujourd'hui ce n'est plus qu'à sa rive nord et, en Annam, à certains promontoires, que ses flots déferlent sur \n roche même. Du cap où le Kouang Oriental, Kouang- Toung", se sépare du Tonquin, jusqu'aux premières fanges du réseau du Taï-Binh, 150 kilomètres, sur les 050 de contour du golfe, sont cote accore, hautaine, dure, sans alluvions de reboid, devant une « sierra » de iOOO à 1500 mètres, si prochaine des flots qu'elle n'a pu jeter à la mer que des torrents de quelques kilomètres, ou au plus de quelques lieues, et pas un seul fleuve deltagène.
En face du mont escarpé, il y a des îles escarpées, des îlettes, des écueils, cimes d'une autre chaîne de montagnes noyées dont les cols, plus bas que le niveau même des océans, sont des détroits de diverses largeurs, depuis ceux où des flottes naviguent à l'aise jusqu'aux couloirs où la barque n'oserait s'engager.
11 y a des millieins et des milliers de ces îles;