Ce mot sifrnifie neuve, rivière
2. Par opiwsiliou au Kouanji-Si ou Kouanp: Occidental. Os deux provinces, les deux Kouauj;s, ont Canton pour ville supérieure ; avec le Yun-]Nan, elles foruieut le miili de ia Chine, à sa frontière avec riudo-Cliiue.
INDO-CHINE
elles gardent du large plus d'une baie superbe, et elles ont, elles aussi, dans leur dédale, mainte eau tranquille, asile de tant de corsaires que Tensemble de ces archipels en a pris le nom d'Iles des Pirates. La Chine avait renoncé à se débarrasser de ces forbans ; ils ont maintenant affaire h la France, qui lance des canonnières contre leurs jonques effilées.
Les Iles des Pirates sont-elles destinées à se coller au continent par rempAtement des alluvions, comme le a Rouge » en a déjà soudé plusieurs à la terre ferme, dans son delta où, bien que basses, on dirait des monts ; et ainsi les nomme-t-on : monts Pagode (2G0 mètres), monts des Pachydermes, monts de l'Eléphant, monts des Pins parasols, monts de Dong-Trieu, de Gia-Dinh, deNui-Déo, etc., etc.?
Les plus voisines de la Camargue commune au Song-Koï et au Taï-Binh subiront vraisemblablement (ou peut-être) ce sort : le Fleuve Rouge est de force à les circonvenir de boue, si les courants portent de ce côté, mais il se passera sans doute bien des septennaires avant qu'il ait bloqué même la baie d'Allong, la moins éloignée, qui a devant elle la plus grande de toutes ces îles, Cat-Ba, longue de 30 kilomètres, haute de 800 mètres. Cat- Ba est calcaire, elle est boisée, et toutes les autres sont comme elle composées de roche tendre cassée en parois vives, et densément sylvestres, avec tigres, singes hilares, buffles stupides.
Les'profondeui's du golfe n'ont rien de l'Abîme que ne sauraient combler un Nil, un Rhône, un Gange; tantôt le sondeur y trouve 100 mètres, tantôt 50, tantôt 20.
Ses courants sont dui^s, ses brumes opaques du mois de novembre au mois d'avril, et cependant ses eaux miroitent entre le 17*^ et le 20"* degré.
Des typhons y mêlent parfois l'onde, l'écume, Tair, les vents, la foudre, en une inexprimable confusion. Alors la mer peut monter de huit mètres au-dessus du niveau de ses plus fortes marées, elle s'écroule sur la platitude des deltas, et c'est le déluge soudain, la mort venue conmie un larron dans la nuit. Le cvclone de 1882 a nové oiOOO hommes, dont liOOO dans la seule province de Haï-Dzuong.
IV. La montagne et la forêt. — En montant du Delta tonquinois aux deux autres régions dites Montagne et Forêt, on quitte brus(ïuement les rizières, les villages, les villes, le brouhaha, le tohubohu de la plaine au peuple innombrable pour le
désert, que l'Annamite évite. Ce peuple est, avant tout, l'ami des chaudes alluvions, des champs gras, de la rizière, des eaux poissonneuses ; le Bois, le Mont lui font horreur, et il ne les habite point. Il les laisse aux tribus sauvages, et celles-ci n'essayent point de les conquérir sur la bête fauve.
La politique chinoise contribue pour une part à cette solitude. C'est une maxime du « grand et noble empire », qu'une nation doit s'ii^oler des autres nations par une marche déserte. Si donc on est séparé par un mont aérien, par une forêt très redoutable, par un marais sans fond, par une sablonnière immense, il faut ne point creuser de puits dans ce .sahara, ne pas asseoir de chaussée dans ce palus, ne pas défricher cette sylve hantée par les Dragons, ne point tracer de route rampante jusqu'à l'ensellement des cols de cette montagne.
Ainsi ont fait les Chinois sur la frontière des Kouangs et du Tonquin; ils ont laissé la marche de séparation des deux contrées a sa sauvagerie première. Le « seigneur tigre » y rôde en paix; faute de maisons il n'y lit pas, affichés sur papier de couleur, les caractères annamites qui célèbrent sa bonté, sa magnanimité, sa justice, car c'est par les louanges qu'on espère le fléchir.
Les autres bêtes de l'Annam vivent de même, presque exemptes des ruses de l'homme, en ces régions abandoimées. Buffles non domestiqués, éléphants, singes, rhinocéros, les cerfs, daims et chevreuils qui sont la proie du tigre annnent le jour et surtout la nuit de ces sylves profondes.
Pays pour l'instant très mauvais, malgré ses altitudes qui comportent des climats frais avec tendance au froid en hiver. La fièvre des bois y est terrible, les eaux y sont de méchante nature, ici parce qu'elles passv^nt sur des terres plombées, cuivrées ou minéralisées par tout autre métal à nous funeste, là parce qu'elles dissolvent la pourriture des forêts; l'éléphantiasis, la lèpre, le goitre y régnent. L'Annamite a donc raison de les redouter, et il n'y trouve point les sols plats, profonds, aptes aux rizières, et cette boue où il s'envase avec presque autant d'allégresse que son buffle; la montagne ne lui offre que du rocher.
Mais il ne semble pas douteux qu'une fois les routes faites, la sylve éclaircie. Mont et Forêt ne deviennent le Tonquin préféré des Français : ils y rencontreront, passé 500, 800, 1000 mètres, les uns leur Provence, les autres leur Auvergne, leur Limousin, leurs Petites Alpes, leurs Avant-Pyrénées, dans un climat presque congénial.
>0S COLOMES
V. L'Annam proprement dit. — La nation dos Giao-Chi, née au Tomiuin, non do chassuurs, mais de pt^cheurs et de colons, resla lidi-le à ses origines pacifiques.
Elle n'est pas guerrière, elle est plulûl ossaimanto.
Qu.ind elle eul mis en riziôiv le dolla song-koîque, comme il lui répugnait d'abattre k foi'ât dans la sierra, et quç do tous cdiés la ehaine sylvestre et la mer l'entouraient, sauf au sud, file tenta lo sud. qui n'est que longues thormopyles enlit' un Olytnpo très inférieur on élancement à celui des llollénos ot unUcôan chinois sans Iles de marbre, s.nns chaleur soroino, sans beauicdemi-dioui, sans langue liannonieuse flexildo,.
Il y avait l;i, tout au long d'une dizaine de degrés de latitude, sur l'eslran, dans lo mont, et, par do là le moni, sur le grand fleuve Mékong, un puissant empire deTsiampa.
Il fallut donc se battre, on se battit; les Giao-Chi vainquirent, puis, par colonisation, ils assimilèrent ce qui est devenu l'Annam propre; après quoi,
vers l'an I liûO, ils en- ~ . ~ .
trèrent en contact avec c.R-ii'j-.r
los Cambodgiens, ou, Mnndnrin annamilp
pour user du nom na- . daiirts un<>
tional.avec les Kbmer
qui peuplaient alors le delta du Mékong, aujoui^ d'bui Oodtinchine.
De la Corhinehine ils liront comme do l'Annam : ils l'empliront do Giao-Chi, et ces Giao-Chi finiront par presque éliminer la nation dos Khmer. à force de culonies danij dos villages de culture
j et de pèche, confoi-mément ,'i l'instinct essentiel
' de la race.
I Ainsi s'allongon jusqu'à la pointe des alluvioiis
' mékongoises l'empire que ses habitants dénommèrent, par rapport à la Chine, qui est ici la contrée cenUale, antérieure, supérieuiv : Annam. ou le Sud Pacifique; Viet- Nam, ou le l'ays par delà le Midi, l'Outre- Midi; Nam-Yiet, ou le Midi à franchir, à traverser; Nliat-Nam ou lo soleil du Midi.
Par rapport au Tnnquin, qui est la Roule Kxiériouro , lo Dangi\goai, l'Amiam propre est la Route Intérieure, (Hi Dang-Trong. l!n mur de gueiTc, levé au seizième siècle, séparait autrefois l' ^ En dehors a do r (I En Dedans ». il l'un des étranglements du littoral.
l'Annam commence au noi'd par doux provinces qui sont r^i'ilement lonquinoisos. on vertu de leur histoire, de leur situation, de la liaison de leui-s deltas par des n rua » ou bouches, Jleuves, avec les deltas du Song-Koï et du Tai-Itinh.
Ces deux provinces . : s'appellent le Tanli-lloa
■ - - ■- et lo Nghé-An, conti-
' - ■', ■>' '';^ nué par le lla-Tinh.
- D^,!- riE. Honj^i, ^^ Tanh-lloa se par-
i>iiui<«raf>iiie. tage, identiquement au
Tonquin, en un vaste delta très opulent, tn-s peuplé, en une Forêt déserte, on une MonLigne qui ne l'est guère moins sur SOS schistes, ses argiles, son sol ferrifère. Son « song )), c'estsi-dii-e son llouve, lo Simg-Ma, vient de loin dans la sierra divisionnaire d'entre mer et Mékong, et c'est encore presque un inconnu