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UNE

hésite entre cinq cents, huit cenls, mille années — il touchait de ses flots de crue, en terre alors cambodgienne, aujourd'hui siamoise grAce à notre condescendance, les monuments d'Àngkor, qui était la superbe capitale de l'empire des Khmers. Dans une enceinte que Paris remplirait à peine, cette métropole abritait un peuple dont de puissants architectes ont consacré la grandeur. Tours et murailles, immense temple bouddhiste, terrasses, palais sculptés, larges fossés, lacs artiliciels, digues énormes, avenues de géants de pierre, dragons fantastiques, ce qui lient droit, ce qui s'effondre, ce que les siècles ont amassé de décombres aussitôt

Prnmidï de Pndin-Penb (Vaj. p. 4S0). — Dewin d'E. Toumoia, d'après un croquis de H. i

sttisis par la forêt, Angkor fut une Athènes dont la langue ne nous a point laissé d'harmonieux chefsd'œuvre, une Rome dont nous ignorons les gloii'es et les crimes, une Thébes incapable de résister au temps comme la Thèbes du Nil : ciel d'airahi, l'Egypte éternise; sot de sable, bois clairs, palmiers sans lianes, elle peut ensevelir mais elle ne ronge pas — ciel de pluies, forêt touffue, racines mordantes, plantes étouffantes, lianes grimpantes, le Cambodge dévore avant d'ensevelir.

C'est ainsi qu'il a presque anéanti Lovék ou Cambodia, la capilale d'il y a trois cents ans dont il reste les débris de l'enceinte, qui était triple; ainsi encore désagrège-t-il Oudong, la métropole qui remplaça Lovék et qu'a remplacée Pném-Penh en 1866 : Oudong est k sept ou huit lieues au nord-

nord-ouest de PnAm-Penh.à la limite d'inondation de la rivière Tonlé-Sap; elle avait aussi trois enceintes, deui en bois, une Irolsième, plus intérieure, en briques, autour du palais ; et ce palais se levait, cité somptueuse, dans la ville plébéienne.

Le peuple d'Angkor, les Khmers, pères des Cambodgiens, qui sont des flls très dégénérés, se ratlachait à la race des Jaunes; plus ou moins parents des Malais, des Siamois, des Annamites, des Birmans, des Tibétains, ils se mélangèrent plus ou moins (peu sans doule) avec des conquérants venus de l'Inde. En tout cas leur langue est M indo-européenne u, et non pas mongole; et c'est cerlainement de l'Inde qu'ils reçurent leur religion, leur archileclurc. De Lanka (Ceyian) leur vint le bouddhisme, de l'Inde gangétique le style

de leurs tumples rie Vichnoii et d'Indra. L'ofllorescciice de leur M3lla-^ocor ou Grand l'iuipire fut spleridiHc.

t.i légende raconte que leur poteiilat couiliait sous sa loi cent vingt princes et qu'il commandait i'i cinq raillions de gueriiei's. Le Siam, le Cimbodge, le Laos, la Coclunuliine, le Tonquin tenaient dans ses domaines. Les Portugais, ce tout petit peuple très grand dans l'Iiisloire, parurent dans le pays vers le milieu du seizième siècle, et plus d'une flgiire cambod(;ienne en porte le témoignage; rUt'ient, d'ailleurs, est plein de métis lusilaniens.

Donc la fastueuse capitale du Halia-Nocor, qui

n'est plus que le Nocor-Khmer, royaume des Kluners, ou le Sroc-Kbmer, pays des Kliinei's, Aiigkur, a cessé d'être frôlée par l'inondation du 'fonlé-Sap. et elle est loin de la ligne de retrait du lac. Dès que les averses de lu mousson du sudouest ont cessé de gonfler le Ml indo-cliinois, h proportion que le Mékong redescend à son bas niveau, la rivièi-c Tonlé-Sap vide ce qu'elle avait rempli, et le lac baisse.

Il redevient en quelques semaines une cuvette marécageuse, avec forêts déjoues et lignes de palétuviers autour de la coupe centrale, qui, réduite à la profondeur de quatre à cinq pieds, se trans-

- Dessin de U. Clorgct, â'a\i<is ui

forme en un immense vivier sans limpidité, vase, herbe et poissons autant qu'eau. Trente mille hommes y pèchent.

On attribue ' 50 000 habitants, population tôt grandissante, A i'nAm-Penh ' ou Mont d'.Vbondance. Mont, c'est-â-dire coteau. Ainsi que la moindre taupinièi-e était mont au rat du bon La Fontaine quand, devant une motte de terre, il criait a Voici les Apennins, et voici le Caucase I », •lînsi les peuples de plaine, comme le sont essentiellement les Cambodgiens, élèvent leurs lerties ù la dignité supri^mc en fait d'altitude.

Elle domine un sol excellent, plaine irrigable

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