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Pus toujours : pris à temps, on en guérit

LA MARTINIQUE

le tour de la maison des créoles; la nuit, puisqu*on en a vu ramper dans la ehambr<^ du sommeil; et jusque dans la ville, où Ion en a tué plus d*un; même jusque dans l'eau des rivières, car ils nagent et pochent.

Laisser vivre en paix, croître et multiplier en joie un pareil ennemi, quand il serait si facile d'en avoir promptemcnt raison par l'introduction du secrétaire ou serpentaire, grand oiseau du Cap do Bonne-Espérance, qui brise avec passion et mange avec volupté les serpents les plus gonflés de poison, c'est une preuve, entre mille autres, du nonchaloir des Blancs des Antilles. Mais comment donc auraient-ils échappé, quelle qu'ait été l'énergie du sang de leurs ancêtres, à la diminution de volonté, à l'intermittence d'effort, à l'amoindrissement de désir, à l'exténuation de pouvoir, en ce pays où la tiédeur ne cesse jamais, où l'humidité dure presque toujours?

C'est un climat déprimant que celui de la très gracieuse île, avec trop peu de changements, soit lents, soit brusques, pour habituer l'organisme créole à la lutte. Jamais de froids contre lesquels se raidir! Qu'attendre dans les plaines et vallées d'en bas, toutes terres habitées, d'une moyenne annuelle de 2G°,6, égale à celle de la j^edoutable Calcutta? Si le mercure monte, très rarement, jusqu'à 55 degrés, il ne descend pas souvent à 20.

Le ciel, parfois subitement passionné, terrible, éclatant en ouragans, en éclairs, en tonnerre, en coups de vent qui renversent les villes, ne verse donc qu'indolence et langueur; éternel conseiller de la paresse, il endort à la longue et le corps et l'esprit après une surexcitation passagère.

La moyenne annuelle d'un lieu s*abaissant ici d à peu près un degré par cent mètres d'ascension, la Martinique offre, à partir de 500, 600, 700 mètres, etc., sous les isothermes de 18, 20, 22 degrés, des sites moins uniformément tiédcs, capables d'éveiller l'énergie comme l'éveillent les climats de Provence, de Catalogne, d'Algérie, de Numidie ou d'Oianie. Mais les colons n*ont colonisé qu'en bas; il leur eût été dur de fuir le printemps du rivage-; la montagne était droite, la forêt entrelacée, le torrent s'indignait contre les ponts, et à chaque grande « descente* » il menaçait de les rompre. La plaine était plus conmiode, ils demeurèrent dans la plaine, et ils y sont restés jusqu'à ce jour, diversement occupés aux œuvres de la campagne ou à celles de la ville, à celles de la mer, et beau-

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