‹ La France et ses coloniesChapitre 260 sur 283 · Le moDt Cépeniu · texte numérisé non relu

Le moDt Cépeniu

nous coiileslons nui Bri-si liens, liêrjlicrs du Portugal, d que les Brésilions nous contestent.

Le territoire qu'on nous laisse en toute puissance commence dans l'ouesl à la rive droile de l'enibouchui'e du lleuve Meroni, qui sépare la Guyane Française de la Guyane Hollandaise. Il s'aclièvc à l'emlioucliure du lleuve Oyapock au delà duquel s'étendent au loin vers le sud-est les savaues et

les forêts qu'il tort ou raison le Brésil nous dispute. Du rivage compris entre ces deui fleuves jusqu'à la Iranclie des monts Tumuc-llumac d'où ces fleuves descendent, tout est â nous, de nom s'entend, car de fait nous n'y régnons guère; puis au delà du partage îles eaui, sur le cours de gmnds rios qui s'en vont en cascades vers la rive gauche du fleuve des Auiazoues, on retombe dans [a Guyane contestée.

IVnilcncier noltiat. ■

en des lieux oii les Portugais, puis les Brésiliens ont fait quelque cliose, et nous rien.

Absents de la Guyane disculée, notre présence n'a jamais cessé d'être funeste à la Guyane indiscutable; nous n'y avons conçu que la cliinière et récliauffé que le néant.

De toutes nos folies, la plus insensée fut celle de 17C3.

Perdue l'Amérique du Nord en iltiO devant les murs do Québec, un de nos ministres imagina de nous ouvrir à deui Iwttanls les portes de l'Amérique

du Sud en colonisant la Guyane avec une promptitude inverse à la i sage * lenteur que nous avions mise à peupler le Canada. Il jeta du coup 13000 à liOOO Européens sur Cayenne : des européens, c'esl^*<lire des hommes qu'on ne doit opposer qu'avec mille précautions à l'ennemi telluriquc de la zone équatorio-trupicale basse.

Or on choisit précisément pour tenter celte rude aventure les Français les moins aptes à bravei' le palus guyanats : des Lorrains, des Alsaciens ul, àcùlé de ces nationaux, des Allemands du

guïame française

Patatinat, des bords du Rhin, des Suisses; avec cela, des Parisiens, et tout ce qui voulut bien devenir du la nuit au jour fabuleusement riche dans la patrie de l'Inca Doré. Car les racoleurs avaient promis aux racolés une sardanapalesque opulence.

Arriva donc qui souliailait la joie, les Testins, la danse, les amours, les bijoux, l'or; le joueur sans une seule pistole à lancer sur le tapis Tranc, rofficier à qui la guerre ne souriait plus, parce qu'il en sortait léger d'argent, lourd de rhumatismes, criblé de blessures, et vaincu; le déclassé, le scélérat, le sordide, la fille de joie. Ainsi, d'une part, le paysan pauvre ébloui de mensonge, et, d'autre part, le citadin vicieux ou simplement brelandier el frivole.

Tout cela fut entassé, au nord-ouest et non bien

loin de Cayenne, sur les écueils appelés Iles du Salut. C'était, au \rat, les Iles de la perte, et sur le continent d'en face, à la rive du pelit fleuve Kourou. Ou les empila dans dos casernes de bois dix fois trop petites pour le nombre des victimes, on ire sut ni les nourrir, ni les employer, ni les pacifier quand à force de misère ils devinrent effervescents; ilsmoururentde faim, de fièvre, de dysenterie, de dénuement, d'épuisement, de dégoill, de fureur, do folie, ù l'exception de peut-être 2000 hommes qui tinrent bon jusqu'à leur retour en France, et d'à peu près 60 familles plus fortes que le sol empoisonné, que l'air, que la sottise et l'ignominie de leurs chefs qui su jalousaient et s'accusaient sur tes cadavres des colons : elles furent le seul gain de la Guyane : les unes venaient ou de

Les II» du Salut

u large. — Dcsin de Riou, d'après M. Doujer.

France ou d'Allemagne, les autres appartenaient ù la race héroïque des Acadicns, que les Anglais venaient de chasser du nord-est de l'Amérique Septentrionale, de la péninsule acadienne devenue depuis lors la Nouvelle-Ecosse.

A la suite de ce désastre, honte de M. de Choiseul, de ses protégés, de ses agents, de la France, la Guyane cessa d'attirer les colons. Ayant dèvoi'é d'une seule fois plus d'hommes que le Canada Français n'en reçut dans le siècle de sa fondation, elle resta Cayenne la maudite, dont on fuit comme de la peste.

Dès loi's elle ne vit arriver, de temps en temps, fort rarement, que des hommes épars. Français de la Franche-Comté, gens des États-Unis, et des Chinois et des Malais; plus, et surtout, des involontaires : lus Noirs amenés par la traite, les 500 à 6O0 proscrits dépoi'tés sous le Directoire quand la

République mangeait elle-même ses vrais ou faux républicains; enfin les escrocs, les voleurs, les effracteurs, les assassins do la méti'opole et des colonies : ce qui, digne de la guillotine, n'avait poui'tant pas gravi les marches de l'échafaud.

Aussi la Guyane restc-t-elle, cent vingt-cinq ans après les abominations de a l'expédition du Kourou », la plus malingre de toutes les colonies de n'importe quelle nation du monde ; à peine si elle égale en peuple un bon canton de la France, et en culture une de nos bonnes communes, au boi-d de l'empire de 15 à 14 millions d'hommes fondé par un peuple qui n'avait que de 3 à 3 millions d'iimes sur un territoire cent fois moins vaste que l'étroit domaine métropolitain. Car le Brésil contiendrait à peu de chose pri-s cent royaumes de Portugal, non compris les lies adjacentes'.

t . Ix^s Açores et Kudirc.

111. Monts et riviàres. — L'ile Guyanaiso est h la fois très ancienne par la vieillesse de ses roches centrales et ti-ès moderne par la jeunesse des altuvions de pourtour déposées par les lleuves, surtout par le plus grand d'entre eux, premier du monde, le fleuve des Amazones. Ces alluviuns n'ont point fini, et de sitôt elles ne finiront |ias d'acci'oilre la Guyane; elles In continuent sous le flot littoral et, dans l'avenir, d'exhaussements en exhaussements imperceptibles, elles ajusteront d'autn's terres liasses, d'autres plaines sans (wnte, d'autres palus littoraux à la ceinture marine. Sur la côte de notre colonie, l'Océan, colmaté par-dessous, n'a

pas de profondeur; il est capitonné de boue, et l'on atteinlsa vase à un, deux, trois mètres; on ne trouve cinq métrés qu'à deux, trois, quatre lieues, et vingt mètres qu'à huit, ou neuf ou dix lieues en mer.

La roche ancienne qui, lentement usée, crée de son usure cesalluvions, monte ii 2000,2500 inëtr(.'s de hauteur, mais loin de la Guyane française, dans la Guyane anglaise et la Guyane de Venezuela. Chez nous les monts Tumuc-llumac, trois à quatre fois plus humbles, se tiennent humblement entre 400 el 800 mètres, tout au fond du domaine incontesté. à la tranche des bassins, entre les sources des

Les Tumuc-Humac, ri

n Vidal. — Dessin de Riou, d'après u

' photograpliie i

fleuves côtiers et les naissants de tributaires de gauche de l'Amazone.

Nous disons Tumuc-Humac, par corruption du nom indien, Cumu-Oumu, Coumou-Couniou ; celte montagne est nommée de la sorte par les Indigènes de co que le palmier coumou gravit ses pentes et vét ses plateaux.

Montagnes basses et, mieux encore, hautes collines seulement, les Tumuc-llumac ne penchent aucun glacier vers la forêt où le boa géant s'entortille aux arbres sveltes, comme une liane vivante et sifflante aussi grosse parfois que le tronc qu'elle embrasse. Hais il (lieut tellement sur la Guyane Française, spécialement sur le versant sepleuliiunal de la chaîne des Tumuc-Humac, que les fleuves de la colonie roulent à bassins égaux plus d'eau

que mainte rivière alpine entretenue par l'éternel névé qui se concrète en glace éternelle. 2" ,49 de pluie par an à Cayenne dans les années chiches, 4'',19 pendant les annèi's humides, et beaucoup plus sans doute au paravent des monts, c'est assez pour remplir ce qu'on nomme ici les criques, c'està-dire les ruisseaux et rivièi-esqui, s'unissant, font les fleuves.

Au lieu de criques, un eût dû les traiter de torrents. Leur cours est incessamment brisé, leur lit n'étant que mcher compact, elles n'ont encora pu l'amenuiser en pente continue, douce, normale; elles s'en vont irrégulièrement, par biefs dormants et sauts, comme les rivières du Canada, sinon qu'elles ne s'épanchent pas en lacs de montagne, et que, descendues dans le plat pays, elles

GUYANE FRANÇAISE

s'nDastomospnt on coulées mart-cngeuses. Aucun de ces sauls n'a majoslucuse hauleur; ils ne sont poinl ù proprement parUrr cascades, mais embarras, obalaclesde roches, avec pcrluis plus profond où l'eau s'engoufTi'c avec telle fureur que souvent un fleuve plus fort que Seine. Loire, Garonne ou Dordogne passe presque tout entier entre des pi-

liers de pierre à peine écartés d'un bond de tigre, ainsi qu'on désigne ici le jaguar.

Fort nombieus, viiire innombrables, son! les barrages de retenue d'où l'eau lente, en apparence immobile, des biefs s'êcbappe en rapide. Ils relardent singulièrement le cours des criques, ils en réservent les crues pendant les mois où la pluie

A l'embouchure du Hironi, pr^ de Saint-Idurenl. — DchIp ds Riou, d'iprès une pholographie.

s'abat te plus trop icalem ont, el par là contribuent pour une lionne part ii l'abondance, à la tenue des fleuves guyanais, qui doivent ainsi leur puissance de toute l'année à quatre causes : à la force et à la durée des pluies, à rim|)erméabilité d'un sol de rocbe et d'argile, aux barrages naturels qui retiennenl l'élan îles eaux vers l'aval, eulin au peu de pente de la Guyane entre le pied des Tumuc-Humac et lo grand palus littoral.

Le ru majeur de la colonie, le Maroni, sépare la Guyane Française (rive droite) de la Guyane Hollandaise, terre mieux lenue, mieux connue.

deux ou trois fois moins vide, beaucoup plus riche que le phénoménale ment pauvre et malheureux établissement de t^yenne. Deux torrents le forment, l'Aoua et le Tapanahoni, venus d'un pays de l'or et dont le volume comparatif n'a pas encore été séneusemenl mesuré : l'Aoua roulerait eli temps sec 600 métrés cubes, et le Tapanahoni ZÔ5. Réunis ils font un fleuve de 400, 500, 800 métrés de large, puis de 1200, de IbOO lorsqu'ay.int bruyamment franchi son dernier barrage, au saut Hermina, il entre dans la région de la terre alluvionnaire molle et du marécage,

sans avoir rencontré sur son chemin la moindre ville, le moindre village européen — quelques plantations, deux ou irois jardins, des hangars à bétail, des coupes de bois, c'est tout; le pays est à l'Indien, très rare en de rares carbefs', et au Nègre, très rare aussi. Du dernier saut à la mer, le Maroni passe devant le grand pénilender de Saint-Laurent, puis devant le village des Halles. Hatte ou ménagerie, c'est un mot du français de Guyane signiliant l'enclos, le parc ii bétail. Le Maroni n'a pas loin de 700 kilomëlres, comptés à partir de la source de la crique Itany, tête de l'Aoua.

Des bois vierges, des savanes, des sauts rapides et des rebouilles, des Indiens nomades, des Nègres instables, des criques oi!i l'on cherche l'or, el tout au bout, le palus, puis la mer transrayée d'alliivions, ainsi vont, (l'es pareils au Haroni, les autres neuves guyanais, ces jils de la solitude : la Nana, qui porte des navires pendant quatre lieues; le Sinnamari, célèbre par les misères et la mort des révolutionnaires ou des modérés proscrits sous le Directoire; le Kourou, plus fameux encore, pour avoir consommé vingt-cinq fois plus de RIancs que le Sinnamari; la rivière de liiyenne; le très auri-

L'Ojrapoch près de son embouchure. — Dessin

hotographïe.

fèie Approuague, qu'on navigue A partir du saut Maparou ; l'Oyapock, presque aussi puissant que le Maroni, et qui, long de 350 kilomètres, borne comme lui, mais provisoirement seulement, la Guyane Française ; sa rive gauche est à nous, sa rive droite nous est disputéi' par le Rrésil : il sépare donc au temps présent le domaine reconnu du territoire contesté, où coulent des lus à peu prés égaux ou peu inférieurs à l'Oyapock, le beau (^chipour ; leCounani, qui a donné son nom à une république éphémèi-e se réclamant du protectorat français; le Tartarougal; l'Aragouary dont l'embouchure touche à l'estuaire des Amazones.

i. Cabanes.

I )V, Le Grand Bois, la Savane, le Palas. — Du nord au sud, notre Guyane se divise on terres hautes el terres basses. Les terres hautes commencent aux Tumuc-Humac, par la forêt, et se continuent par la savane — celle-ci, en réalité, n'est point haute, mais elle fait partie du pays « supérieur », parce que, tout à fait exondée, elle domine le marais riverain de l'Océan.

Le Grand Bois, digne de son nom, est grand, même immense. Il couvre presque toute la Guyane Française; la Savane, assez vaste dans les terrains contestés, a peu de place dans les ISmillionsd'hectares de la colonie entre Oyapock et Maroni; quant au Marais, il ne tient guère que la cAte avec quelques lieues d'espace vers l'intérieur à la rencontre de la Prairie et de la Sylve.

Le Grand Boa il« la Gutbm. — Dettin île 11 0. ItEO-vn. — Rue Cum)mu>

CIIYAKF, FRANÇAISE

Grand Bois, Bois Vicrgo, Sylvo. Forél, sous quelque nom qu'on vante ce sanctuaire sans profanateiire, c'est une men-eillcuse patrie des arbres. On ne peut pas dire qu'aucun pays du monde en porte

de plus beaux, de plus parrails, de mieux faits pour le luxe en même temps que pour l'usage et la durée.

Les Toresliers s'extasient sur la splendeur de

^1 Guyane. — Utfdn cic Itiou, tl'ipi^s i

hatographiE,

cette sylve, qui a vingt fois plus d'eapftcea que la forêt d'Europe et dont la valeur se compte par dizaines de milliards. Tanlâl bois 1res dur et, comme on dit, bois de fer, taiit<H bois demi-dur, tanl6t bois mou ; tantôt bois de construction, tantôt

de mdture, tantôt de teinture, tanlôt d'ébénisterie, Lintùl de tannage, nombre de ses sortes d'arbrcs, imprégnés de résine, sont imputrescibles, A tel degré que, les uns forts et rigides, les autres souples, ils peuvent braver des siècles.

NOS COIONIES

Elle a deux aspect*; divers et presque contraires, suivant qu'elle crail en terre haute et sèche, ou cil terre hasse et humide, à la live d'un fleuve, d'une cri(|uc, niâmc d'un ruisselet.

La sjlve du sol sec a la majesté, la sjlve des basfonds mouillés a l'expansion, la Tougue et folie; à l'une la belle ordonnance, h l'autre le fouillis confus, inextricable.

N'abritant point de sous-boïs, la forêt sans rÎTÎère monte d'un seul élan, par des milliers, des nti liions de fùls droits, comme les colonnes d'un temple. jusqu'à la nef de verdure qui cache le soleil, le jour, le bleu des cieux, le gris ou l'argenté des nues. C'est à la hauteur de voûte de nos plus fières cathédrales, à 100, A 130 pieds en l'air, que le dAme de feuillage arrête ou filtre la lumière d'en

d'aprts un cmqnis du docteur Crertui.

haut pour le clair-obscur d'en bas; cotte nef de rameaux croisés est le palais du singe, la volière des oiseaux de bruyant pluinag'e; il y a peu de vie bruyante au pied de la colonnade, sur le terreau de feuille putrescente ou poui'rie fait h souhait pour la vie obscure, bien que miraculeusement active, exubérante, du peuple intini des insectes.

L'animal grouille au contraire (l'homme étant à peu prés absent) dans la foi-ét des rivières et des rivages : animal parfois affi-oux, souvent abject.

comme en entretient volontiers toute terre gluante et glissante et lubrique, encore indécise entre le sec et le mouillé, lia vase du palétuvier convient au caïman; l'eau qui se décompose au soleil sur l'argile sied au devin ou boa, à la couleuvre, comme disent ingénument les Guyanais : il s'y plait tant, qu'on en a trouvé qui doublent, triplent presque l'habituelle longueur de 5 à 6 mètres.

Ces boues trempées n'agréent pas moins au crapaud pipa, qui serait le plus hideux des êtres si la

CUYASE FRANÇAISE

terre de Cayenne na portait pas CaraignétMîrabe : araignée par ses tenlaculos velus dont les poils irritent comme l'orlie, cral» par sa carapace centrale et par ses cinq |>attes cuirassées, serpent ou scorpion par le venin de sa niorsmv.

A la crique viennent s'abreuver le niaîpouri ou lapir, qui, par sou nidimeiil de proboiicide, est réléplianl de l'Amérique; mais un éléplianl nain;

le tigre i-ouge que les Cayennaîs nomment jaguar bien qu'il soit, en somme, une espèce de tigre; le superbe jaguar qui, lui, est bien une bêle américaine, la plus souple, et la plus redoutable pour l'animal et pour l'bomme; le cougouar, félin moindre : le gracieux ocelot, moindre que le cougouar; et des cerr» et biclies, assez semblables h leurs congénères d'Evurope, et des pécaris, san-

cbci tes RoucouycniiiA.

gliers moins massir» que les nôtres, et des tatous cuicasstis, et des porcs marrons ou porcs sauvages, descendants émnncipés des codions qui préfèrent la p;Uée à la liberté; puis, de petits mammifères en foule.

Au-dessus des feuilles froissées par le brig.nnd d'en-bas, par le trigonocépbale ou fer-de-lanci', qu'on désigne ici sous le nom de grage, bourdonnent les tyrans de l'air, dans la lourde cbaleur d'un climat dont la moyenne est de 27 degi-és. Les msringouins et moustiques font de la vie un sup-

plii'e ; la cliique ou puce [)énèlrante pond ses œufs sous l'ongle des orteils, et, sa famille se multipliant, on souffre le martyre — du moins n'en meurt-on pas, comme de l'engeance que la mouche hominivore a pondue dans l'oreille ou dans le nez de ritomme et qui, devenant un peuple de larves aux portes du cerveau, tue par les tortures de la méningile.

Il est encore d'autres ennemis du roi de lu Terre en cette l'égion trop féconde : la fourmi qui mange les récoltes; le scorpion qui blesse d'une blessure

NOS COLOMES

cuisante, [larfois morlullc; l'angiiillc éloclriquc ou gymnote qui frappe d'un pelit couji de tonnerre au passage de certaines criques ; la raie venimeuse ; le poisson piraï dont la denture aiguisée coupe sans peine, d'un seul coup, le Iwut de pied du traverseup à gué des rivières.

I,a vie végétale étant exti'anrdinatremcnt eipaiisive au bord des eaux courantes ou des eaux mortes de la Guyane, par reffet du soleil ut de la pluie àur de puissantes alluvions plastiques, la vie végé-

tale y abonde et surabonde sous des formes odieuses & l'homme; surtout dans leMai-ais littoral qui, plus encore que la Sylve entremêlée du rivage des fleuves, est le lieu des pullulalions de Ixitraciens, île reptiles, d'insectes, de mouches venimeust's, à l'ombre de plantes dont plus d'une distille des poisons mortels.

La Savane, elle, est pleine d'air et de hunière. CHo n'effraie pas comme le Bois Vierge, elle est bien plus cléinenle au Diane; il y peut vivre, sans

étouffer comme dans la Sylve, sans s'intoxiquer comme dans le Palus.

Si les aventuriers du début avaient pbnté là leur lente au lieu de s'embourber à la côte; si, de concert avec les Indiens, qui n'étaient point hostiles et dont les filles désiraient l'alliance du Blanc, demi-dieu de leurs rêves, ils avaient gagné la Suvane par le sentier du bois ou le sentier du canot; si plus tard les gouverneurs de Cayenne avaient assis quelques bonnes chaussées sur l'inconsistance du Palus, la Guyane serait aiyourd'hui, toute grandeur à |Kirt. un Brésil avec francophones issus du Français, du l^araibe, du Nègre importé. Au pastoral

des premières années ei^t succédé la culture; de la Savane, les colons eussent i-emonté les Heuves jusqu'aux Tumuc-llumac et au delà ; en même temps (|iie le Marécage, éventré dans sa mollesse par des canaux en damier, se serait vidé de son ti-op d'eau délayant la bourlie.

Mais les « colons i, croupissant dans le Mai'ais, n'essayèrent que ti-ès peu la Savane sèche. — 11 y a la « Savane sèche », en dehoi's de l'atteinte des lagunes expansives de la saison des pluies; il y a la R Savane tremblante u, feutrage d'herbes cl de roseaux, sur fonds de boue, tourbière de l'avenir; il y a le « pripri », qu'abandonnent très peu les

CUTANE FRANÇAISE ainsi désignée de ses

eaux; il y a la a Pinotière palmiers pinots.

Du Marais, peu h dire. Son nom lt> présente. Ses alluvions, peu à peu, se tassent, et lentement

aussi sa lisière septentrionale refoule la dernière vague de l'océan qui meurt à la côte sur des vasière», des sables, des archipels d ecueils : ceux-ci seront un jour des rochers dans un plan sans roches.

Village (le Itoucouycnncs. — [leuin de lliou, r

c pholograpbie

Le Marais est à la Tois palus, dune et forêt avec quelques éciaircies. En deux cent quatre-vingtcinqanslesPrançaisont gagné sur lui SlSTiIiectare.'i, pas même la moitié de l'aire de Paris entre mui-s.

Là-dessus 2000 hectares sont en plantes vi-

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