I . Arbre à jKiin
Son nom fran^'ais lui est mérité par les pins colomiaires de la sylve du pourtour; ces arbi*es superbes s'élancent à côté du banian ou figuier multipliant et de l'assainissant niaouli.
A l'autre bout de la Calédonie, suivant l'axe de son double récif, d'autres îles, lluon, Surprise, Fabre, le Leizour, la prolongent à 270 kilomètres de distance. On les réunit sous le nom d'archipel lluon.
Ce ne sont pas des Iles, mais des ilettes, même de petits écueils, en corail : la plus grande, le Leizour, n'a que 60 hectares, stériles, on peut dire, leur peu de bois malingre, épars, ne vaut guère ou ne vaut rien. Ce qu'elles avaient de plus précieux, le guano des oiseaux de mer, est parti sur les navires des exploitants; bref, ces îlots inhabités sont à peu 'près conune n'existant pas.
196000 hectares d'un sol de corail, 20000 âmes, trois îles inégales, ainsi se présente l'archipel des Loyauté, qui sort de la mer à iOO kilomètres à l'est de la côte néo-calédonienne.
Leur rangée, à la fois parallèle a la Calédonie et à son récif d'isolement, comprend, du nord-ouest au sud-est : Ouvéa (16000 hectares), faite des deux îlots de Ouanéki et de Fadgaoué, des îles Beaupré, des écueils des Pléiades; Lifou (115000 hectares); Mare (65000 hectares). Les caries anglaises donnent à Ouvéa le nom d'ilalgan, à Lifou celui de Chabrol, à Mare celui deliritannia : ainsi les appelèrent leurs découvreurs, un Anglais en 180o (à lui revient la nomination de Britannia) et le Français Dumont d'Lrville en 1827. Mais on a repris les anciens noms canaques.
Elles ne nous appartiennent que depuis 186i: onze ans après la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie, tandis qu'il aurait fallu, brusquant l'aventure, faire miiin basse sur toutes les annexes oX dépendances de la grande terre, sur les Nouvelles-Hébrides et autres archipels de cette zone des mers. Nous aurions de la sorte une « Océanie » vaste, ayant contiguïté, continuité, valeur et puissance, au lieu d'îles et d'îlots dispersés, comuM» sont éparses sur le sol les pierres d'un édifice qui ne sera jamais bâti.
Encore les Loyautés ne nous appartiennent-elles que matériellement. Moralement, elles ne sont pas à nous. Des missionnaires anglais ont converti presque tous ces insulaires au protestantisme ; à la plupart ils ont appris l' « anglo-saxon », et c'est tout rêcenunent qu'on a cessé d!y célébrer la reine des Trois Rovaumes et des Mille et une Colo-
NOLÏELLE-CALÉDOME
nies, en des hymnes piem 1res Tortemenl pénétrés de a loyalisme u à la « première dnme ilii pnys' *.
Il a fallu que la France montrât les dents: elle a chasKê li; révéïpnd francopholie et ses zélés moniteurs, qu'elle a remplacés par un pnsleur et des instituteurs Trançnis; mais c'est encore un peuple h conquérir.
Un bon peuple, pai'att-îl. Il cultive avec amour
son ingrat madrépore où il n'y a plus de place pour des cnloiis niétropolilains. (l'est tout au plus si le quart de l'archipel, 45 000 à 50 OOO hectares sur près de 200 000, offre aux pauvres Canaques une terre s.ins profondeur, lentement aeeumulée entre les fissuivs du corail ; tout le i-esle est le domaine du roc mndréporiqup, de la foréi, des plateaux sans rus, sans sources parce que l'eau s'en-
mu-i nil(^ i Lai») : Il
fuit dans les fonds par les cassures de la pierre qui fut vivanti- assise pjir assise, chaque génération de pnlypiei-s crnissant sur les cadavres de la génération passée. Ces plateaux se superposent, au nnmbi-e de trois dans Lifou, au nomhre de cinq dans Mare, jusquii lallitude de 90 i. 100 mêlres. Toute la nation a pour demeure le pourtour des îles bordées de cocotiers, et entre cette lisière et la forél la zone que les Canaques appellent SoAt et 1 . Fini tadij of the land : une Jes épitbî-les ilc In rciiic
qui est un liousculis de blocs de corail où s'est glissé, dans les creux, le peu d'humus des iles Loyauté: là pas plus qu'ailleurs l'eaii ne i-égurgite du sol en fontaines à boire, et les indigènes s'abreuvent à la noix du coco.
Ils oliéissent aux lois, ils ne demandent que la paix sous leure cocotiere après leurs petites guerre» de religions, tempêtes dans un verre d'eau.
Siu' des terres si peu fécondes, leur table est mal servie ; buvant soit au coco, soit d l'eau mauvaise qui s'amasse dans quelques trous de grotte.
ils mangent du taro, de Tigname, des bananes, de la canne à sucre; la viande leur manque, ils ne se dévorent plus entre hommes depuis la déroute de Tanthropopliagie, dans laquelle on nous dit quils furent experts. Ils tenaient cette pratique de Tune ou de l'autre des races dont ils procèdent, sinon des deux ; leur origine est double : un fonds mélanésien, un apport polynésien — après les Noirs les Olivâtres.
Les Loyauté sont très importantes pour la Nouvelle-Calédonie en ce qu'elles lui fournissent des travailleurs, mais en petit nombre, par un va-etvient continuel.
Le résident français habite è Chépénéhé, sur la côte orientale de Lifou.
Des annexions récentes ont ajouté au groupe néo-calédonien des ilettes situées au loin, à des centaines de lieues vers l'est-nord-est, par delà Tarchipel anglais des Fidji. On les nomme les Wallîs et Fotouna.
Les Wallis ne sont en réalité qu'une seule île, car dix des onze terres de cet archipel n'ont que dignité d'écueils ; simples récifs de madrépore, elles entourent une rade, et dans cette rade s'élève Ouvéa. Leur ceinture n'est rompue qu'en trois endroits, par trois passes dont deux ne valent rien : la troisième, la brisure d'Honikoulou, a suffisance de largeur* et profondeur, mais on y bataille presque toujours contre le vent contraire.
Ouvéa, c'est le nom que porte aussi la plus st^ptentrionale des îles Loyauté, au peuplement de laquelle Wallis a contribué dans le temps. Toute en grâce ainsi que d'autres sont en grandeur, Ouvéa-Wallis charme par l'élégance de ses bosquets tropicaux, forêt lianesque étreignant des collines dont un antique volcan donna la matière ; un petit lac marque peut-être le soupirail de la chaudière depuis longtemps éteinte.
Du sol, Ouvéa lève ce que doit lever une terre océanienne entre Equateur et Tropique, sous le ti'eizième degré de latitude australe, à 300 kilomètres, plus ou moins, <iu nord des îles Tonga ou des Amis, à 400 au nord-ouest des îles Samoa ou (les Navigateurs, à 400 également au nord-est des