‹ La France et ses coloniesChapitre 268 sur 283 · Houahiné-lti · texte numérisé non relu

Houahiné-lti

sur un piédestal de 5800 hectares ; on lui attribue 800 insulaires.

Motou-lti n'est qu'un écueil inhabité; Maoupiti, qui monte à 250 mètres, peut avoir 300 âmes; Mapétia est un écueil où nul ne vit, où nul ne passe, sinon de temps en temps des pêcheurs de tortues; Bellingshausen et Scilly ne sont pas moins désertes.

En tout, c'est une trentaine de milliers d'hectares, avec 4500 Maoris.

Voilà l'empire que la jalouse Albion nous a disputé pendant quarante-cinq années; ses missionnaires craignaient que la propagande « romaine )) , qui précède ou suit la domination française, ne troublât dans sa pureté le protestantisme de ces Polynésiens.

Ces insulaires sont en tout semblables à ceux de Taïli, sur leurs îlettes de basalte entourées d'un cercle de coraux protecteurs, à des distances de la Nouvelle Cythère qui varient entre 165 et 270 kilomètres dans la direction du nord-ouest.

2« LesToubouaï. — A 500, 600, 650 kilomètres au sud de Taïli, l'archipel des Toubouaï comprend quatre îles, dont deux occupées — îles entourées chacune de son récif — ; elles ont, dans leur voisinage, des cyclades et sporades d'îlots dont plus d'un n'est qu'un simple écueil.

Sur les quatre îles, deux sont encore inoccupées, savoir : Rouroutou (550 habitants) et Rimatara; deux, Toubouaï et Raïvavaé, sont plus ou moins effectivement protégées.

Toubouaï, vaste de près de 4500 hectares, peu plée de 356 hommes, porte la tête à 300 mètres.

Raïvavaé, à 180 kilomètres est-sud-est de Toubouaï, s'élève à 320 mètres; dépassant de peu 2000 hectares, elle a 509 habitants.

Avec les îles non protégées, cet archipel dérobe environ 14000 hectares â la mer du Sud; il entrelient 1200 à 1500 Maoris de belle stature, de complexion vigoureuse, d'allures aimables, de visage

avenant.

Ils ne parlent encore que leur langue polynésienne. Arrachés en apparence h leurs divinités canaques, compagnes de l'enfance de leur race, ils professent le protestantisme.

3* Râpa. — 153 Maoris, parlant un vieux dialecte de la langue encore très peu contaminé par

rinfluence étrangèro, peuplent Tîle de Râpa ou Oparo, à 600 kilomètres sud-sud-est de Raïvavaé, à ioOO kilomètres de Taïti, également vers le sudsud-est, entre le 27'* et le 28« degré de latitude australe. On dit qu'ils étaient 1500 quand Vancouver vit cette île, premier des Européens» h la fm de 1761.

Cest une montagne, un cratère éteint, ébréché d*un côté par la mer, qui s'y est taillé le pori d'AhiUTï.

2500 hectares de l)onnes terres plus ou moins planes autour d'une dizaine de milliers d'Iieclares de montagne permettront à ses 150 insulaires de décupler, de vingtupler leur comnuinauté, qui pratique le protestantisme, qui cultive et mange le taro, péclie en mer, cueille l'orange, la banane.

Les gens de Râpa pourraient aussi bien tenter les plantes européennes, car, comme le prouve l'expérience, cette île maoriphone, sise en dehors du Tropique, admet la vigne, l'orge, la pomme de terre, etc., tandis que les arbres qu'elle a reçus du nord tropical y sont, les uns nains, les autres petits et chétifs, et que le palmier cocotier n'y mène pas ses fruits à maturité.

Il se peut que la phtisie, la pneumonie, les rhumes négligés aient pour cause l'extratropicalité de Râpa; trop peu vêtus contre ce climat où soufflent des vents de mer très vifs , les Opariens prennent froid sur la montagne, près de leurs menhirs, pierres debout ou statues informes semblables à celles de l'île de Pâques, terre très lointaine qu'ils disent avoir colonisée. Et en effet l'île de Pâques s'appelle réellement Rapanouï ou la Grande-Rapa, tandis que, par opposition, Oparo se nomme tout du long Rapaïti ou la Petite-Rapa.

4*" Les Tonamotons. — 1750 kilomètres de longueur du nord-ouest au sud-est, 500 à 800 de largeur dans le sens contraire, une aire de 80 à 100 millions d'hectares, telle est notre colonie des Touamotous. Seulement cette colonie ave(! très peu de colons se compose tellement d'onde, si peu de terre, que cet immense égrènement d'îles n'occupe que 86000 hectares — soit un hectare de terre pour près de 10 kilomètres carrés d'eau : eau non pas seulement extérieure, mais aussi intérieure, par le fait des lagons.

A l'exception de trois îles*, surplus de 80 (sans

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