Makaréka, Tikéi. Rékaréka
compter une infinité d'écueils), toutes les Touamotous enferment un lac, lagon, lagune centrale à force de temps séparée de la mer par le travail de madrépores qui ont, en une assiduité infinie, levé leur digue annulaire jusqu'au niveau de la marée. Plus tard l'océan a crevé çà et là cette chaussée circulaire, et alors les lacs intérieurs sont devenus des ports. Aux îles où il n'a pas rompu la digue, il ffuit passer la barque par un portage, de In nappe agitée du dehors à la nappe immobile du dedans, ou du dedans paisible au tempétueux dehoi^s.
En général la zone isolante des récifs a de 400 à 500 mètres de largeur, sur des longueurs d'anneau parfois très grandes, jusqu'à 50, 100, voire plus de 160 kilomètres comme à Fakarava, même plus de 180 comme à Raïroa.
Découverte de Bougainville, cet illustre navigateur les nomma très pertinemment les lies Basses, puisque, toutes de corail, aucune ne voit de haut l'expansion des océans. Il les appela aussi, non moins sagement, l'archipel de la Mer Mauvaise, car si le vent pousse une barque contre le corail abrupt en eau profonde, cette barque se brise : il n'y a pour elle de salut qu'à la passe vers la lagune intérieure.
Veau quelques mois après Bougainville, l'Anglais C.ook les désigna sous le nom d'Archipel Dangereux.
On pourrait aussi bien les nommer les Iles Tristes, car la mer se plaint indiscontinûment sur les brisants autour d'elles; le récif d'entre vague et lagon, blanc corail, luit au soleil conjme des ossements; rondes, ovales, quadrangulaires, suivant la forme de leur ceinture madréporique, toutes sont également terre stérile, et pas même terre, mais roche avec des buis appelés mikimi kis, des pandanus, et, pour le sourire de ces lieux mélancoliques, le gracieux panache des cocotiei-s frêles que le vent balance.
Canaquement parlant, on les nommait Pomotous ou les îles de la Nuit. Soumises par les Taîtiens, elles devinrent les Paoumotous ou les Iles Soumises ; puis, la France intervenue, les Indigènes, qui sont fiers, répudièrent ce nom, marque de leur servage: on le leur changea donc officiellement en celui de Touamotous, c'est-à-dire les Iles de l'Étendue, ou encore la Longue Chaîne, l'Archipel. Attaquer, dompter ces écueils de proche en proche, les Néo- Cythériens le purent sans trop d'effort; la sporade « basse », « mauvaise », « dangereuse », proche
TAÏTI ET DÉPENDANCES
de Taîti par ses îles du nord-ouest S n*ayait aucune terre assez grande, assez haute, assez peuplée pour résister longtemps à File aux i 04 000 hectares, supérieure à elle seule de 18 000 hectares à Tensemble des 80 Touamotous, et les dépassant d*un tiers en nombre d*hommes.
En effet, les « lies de la Chaîne » n*alimentent que 7270 habitants, dont moins de 50 Blancs. Et encore est-ce la mer où ils pèchent, où ils com-
mercent avec i80 bateaux, qui les nourrit plus que la terre, dont ils reçoivent la noix de coco, remplaçant ici leau des sources : on ne boit guère aux puits, qui sont saumâtres, vu Tinfiltration de la mer toujours voisine dans le réseau lâche du corail, et il n'y a point de véritable fontaine; on s*abreuve donc à la noix du palmier, et de cette même noix on fait Thuile de coco ou coprah, qui est, avec la plonge dans les lagons h la recherche
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Carte des iles Touamotous
de la nacre et de Thuile perlière*, le principal souci des Indigènes.
Les Maoris des Touamotous, probablement originaires des Marquises, ont la peau plus sombre que leurs cousins restés Marquisiens, peut-être à cause de leur exposition constante au soleil, qui est très chaud par ici, mais les nuits, traversées de vents de mer, ramènent la moyenne annuelle à SO'^jS.