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Le Mestaoua ou Mastaoua, qui, vu de la plaine, « ressemble à une colonne tronquée » , s'achève par un plateau très vaste où toute une peuplade peut camper. Ainsi capable d'accueillir en foule des vaincus, des fugitifs, et facile à défendre d'en haut à cause de la raideur de ses pentes, il fut de tout temps un asile pour les fuyards de la Plaine des Lagunes. En 1871, quand agonisa la révolte suscitée par Mokhrani, le grand seigneur de la Hedjana, 12 000 hommes, Arabes et Berbères, le gravirent et de là prolongèrent quelques jours un combat sans espoir.
Le Bélezma fut un « mont desT Oliviers », ainsi que le prouvent assez les ruines de pressoirs à huile dans les débris des colonies romaines qui l'entouraient. Maintenant c'est plutôt un mont des Genévriers, et aussi des Cèdres; et ce sera bientôt peut-être un mont sans arbres.
Le Bou-Thaleb (1820 mètres), qu'on pourrait nommer le Pic du Midi de Sétif, n'a perdu qu'une partie de ses forêts ; le cèdre, le pin, divers chênes le couvrent encore, qu'on s'empresse d'abattre ; ce n'est pas assez que les sylves s'allument en Afrique plus facilement <{u'en pays froids ou tempérés, on les coupe au pied, souvent pour un maigre profit. A l'ouest, le Bou-Thaleb voit près de lui le haut relèvement des Monts Hodnéens du Nord; au septentrion il plonge sur la plaine de Sétif où se lève, isolé, le Djebel -Youssef (1431 mètres), comme en mer un formidable écueil; par delà ce sommet chauve on contemple les pointes des Babors, qui sont les Pics du Nord de Sétif et qui appartiennent à un tout autre monde, le Bou-Thaleb, le Bélezma, le Mestaoua étant presque toujours des piliers de l'azur, alors que les Bàbors, voisins de la mer, se cachent souvent dans les nues, les neiges, les pluies de la tempête.
A l'endroit où les torrents des djebels d'entre Touggueur et Bou-Thaleb passent de l'étroitesse de leur kheneg^ dans l'évasement du Plateau des Sbakhs (ainsi qu'un ravin s'ouvre soudain sur l'Océan), les Romains avaient bâti des villes profitant à la fois des bois, des ruisseaux de la montagne et des terres meubles de la plaine. De deux d'entre elles, les plus brillantes, les noms ont à peine changé. Zaraî, qui a fourni son demi-millier d'inscriptions, est devenue Zraïa, et Diana Veteranorum, dont les débris couvrent 400 hectares, s'appelle Zana. Mais la nature y a dépéri, la sylve y est moindre, l'olivier plus clairsemé, l'eau plus