Mot arabe : défilé, cagnou
rare, plus maliaisante : depuis qu*on a cessé de la diriger sur des jardins, elle émane en fièvres ; de principe de vie dégradée en principe de mort, elle s'arrête presque aussitôt sur le chemin des JLagunes, et de moins en moins elle renouvelle la jeunesse de leurs flots. — Aussi ces lacs ne sont-ils ni plus ni moins « lacs )) que les étangs salés du nord de TAurès ; leur sel aveugle plus que leur eau ne rafraîchit; le plus grand, 8500 hectares environ, n*a point usurpé son nom de Chott-el-Ueîda*, la Blanche Lagune.
6» Anrès d'orient, Monts Tunisiens, Hamadas, Zaghonan. — A l'est de la coupure de TOuedel-Arab, TAurès se prolonge au loin ; sous le nom de Monts de la Pierraille, s'il s'appelle Djébel-Cliéchar; sous le nom de Monts des Cascades, s'il s'appelle Djébel-Cherchar : on hésite entre l'un et l'autre de ces deux quasi-homonymes arabes, et de l'un comme de l'autre il est digne, mais du second moins que du premier, parce que, Cherchar plutôt que Chéchar, ce djebel est un « pays de misère » assiégé par le vent chehli.
Le chehli l'a corrodé; il le corpode jusque dans ses hauts bastions (1878 mètres).
Non pas lui seulement, mais aussi les Monts des Némencha (1400 mètres), qui le continuent vers l'orient sur le vaste territoire d'une tribu décadente. Les Némencha pouvaient lever 6500 guerriers, dont 2500 à cheval; ils étaient 60000, ils occupaient 700 000 hectares à des altitudes de 800, 900, 1000, 1100 mètres, au vent du sud plus qu'au vent du nord, étant presque tous sur le vei^sant saharien; à peine si maintenant ils arrivent à 50 000 hommes. Berbères ayant conservé le langage berbère, mais la plupart sachant l'arabe en attendant de baragouiner le français.
La reforestation de tous les versants opposés au funeste vent du Sahara l'empêchera seule de flétrir toute plante, de tarir toute fontaine, d'émietter toute craie le long des torrents qui dégringolent en cascades (les orages aidant) vers la dépression franco-tunisienne, vers Ferkane et Negrine pullulantes en serpents, vers Gafsa féconde en palmiers. C'est un de ces pays qu'on peut restaurer encore par reboisement, regazonnement, extinction des torrents anormaux, barrage des torrents réguliers, si toutefois l'eau ruisselle régulièrement sous un ciel où le nuage ne triomphe presque jamais du soleil, où six mois, huit mois, quelquefois peut-