‹ La France et ses coloniesChapitre 47 sur 283 · IV. DES BIBANS AU CHÉLIFF · texte numérisé non relu

IV. DES BIBANS AU CHÉLIFF

!<* Les Portes de Fer. — Le col des Bibans ne s'appelle pas Bab *, la Porte, mais Biban, les Portes.

I 1. Bab, pluriel biban. est un mot arabe.

En effet, il est double, ayant une Grande l'orle et une Petite Porte, l'une à 4 kilomètres de lautrt.'. Dans l'énitnne remous de montagnes, Jurjuru, Babors, Djebels Hodnéens, Dira, nulle bréclie ne se creuse fi plus basse hauteur, avec autant de facilité

Rit': 81

d'accès, enti-e l'Algérie orientale ou ^umidie et l 'occidentale ou Maurètanie.

Piétons, cavaliers, compagnie d'hommes ou de hèles, on ne passait ici que lorsque les Kabyles des cimes voisines admettaient au passage; mais il

Li Grill ilr-K^ibjl il', |ilu

fallait, lanlAt largement, tnnI6t rhtclieinunt, suivant que la fortune l'ordonnait, payer un tribut aux Berbères, gardiens jaloux des deux vantaux du c Portail de Fer v.

Ou de l'argent, ou du sang; et il s'en vei-sa par rivières au piwl de ces roches plus que sombres, et surtout dans les collines par où l'un tentait de brusquer l'avcntuiv.

lue petite nation berbère, les Ait-Abbès, s'appuyait, prés de lu, dans des uionlagues sauvages, 0. IticLui. — Hm CoLonics.

sur une « kalaa ' » redoutée, forteresse à 1000 mètres ou plus d'altitude, sur Ion des kef ou rochers les plus malaisés de la chaîne qui. d'occident en orient, commence aux Portes de Fer. puis se poursuit par le Guergour jusqu'au Hagi'is de Sétif et, encore au delà.

Alors puissants, les Ait-Abbés, craints du cAIè

I. On écril iiiililToi-rmnietit Kala.-i. Kala, Kalali. Gu6laa, Guéla.

S. Kcf, jnot aralH'. au pluriel Lirait : rocher.

de Constantine comme du côté d*Alger, fermaient à leur gré les Bibans, et ni les généraux pachas, ni le dey lui-même, n*osaient monter à la kalaa pour rompre les coffres où s*entassaient Tor et l*argent du rachat de passage.

On dit que les Romains s*abslenaiont do clierchor ici des Fourches Caudines entre leur ville de Sitifi * et leur ville d'Auzia'. Les Turcs usaient des Bibans, mais sabre baissé, la bourse à la main. Les Français y passent depuis 1859, comme en témoigne Tinscription : « ARMÉE FRANÇAISE, 1839 d. Inscription modeste et qui avait lieu de l'être : cette armée, c'était 5000 hommes seulement, et personne ne lui avait disputé ces Thermopyles.

Depuis, les Portes de Feront perdu leur terreur; la diligence d'Alger à Constantine y faisait de jour ou de nuit tinter ses grelots, dans le silence de la Grande Porte, à peine interrompu par une faible voix de torrenticule ; et maintenant la locomotive y souffle, aussi dans la Grande Porte, à côté, audessus, au-dessous de la route.

2» HontB Hodnéens du Nord. — Lorsque, laissant au nord le Jurjura de Béni-^Mansour, on a franchi Tune ou l'autre Porte, on voit s'élever au midi le Kteuf, masse puissante dominant la bourgade berbère de Mansoura, qui est, avec sa banlieue de val ou montagne, une petite Auvergne envoyant des émigrants à toutes les villes telliennes, principalement i^i Alger, où les Hansouriens forment à eux seuls une corporation.

Ayant 1862 mètres, soit 446 de moins que le plus haut Jurjura, le Kteuf ou Dôme de Hansoura protubère parmi les Monts Hodnéens du Nord, mais de très peu : le Maadhid, qui est le pic du Midi de Bordj-bou-Arréridj,monteà 1840 mètres; d'autres djebels dépassent 1800 mètres ou s'approchent de cette altitude, qui marque une supériorité de 1400 mètres sur le Hodna, de 800 à 1000 sur la Medjana.

Le Hodna, c'est, à 400 mètres au-dessus des mers, le fond salin de l'immense cuvette hodnéenne de toutes parts entourée de monts, ceux du nord plus élevés que ceux du sud ; la Medjana, c'est, à 800-1000 mètres, le plateau fécond qui prolonge, à l'ouest de Sétif, la plaine sans fin des Lagunes salées et sursalées — plaine semblable en Numidie à ce que la Manche est en Espagne et le Traz Os Montes en Portugal.

Ce Hodna sevré des vents par les Babors et les Monts Hodnéens, cette Medjana sevrée aussi de la

Page 1