‹ La France et ses coloniesChapitre 60 sur 283 · EUE · texte numérisé non relu

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Tell, l'olivier, gagne en nombre, en force, en opulence de In-anches, en bonté d'olives, jusqu'à ce qu'enfin il couvre d'une forêt pAle un sahel très liabilé bien que si'mblable à nos plus sèches gan'igues.

El toujours p.is de profondeur dans la mer littorale; et toujours pas de port capable d'ai

Cibè9 : Tue prise dlns les jirdini de Djara. — Deuia de Tajior, d'aprè» une pholographie

un gros navire ou seulement une barque contre la tempête; el toujours pas de falaise dont le fi-onlon cnclie au pécheur d'en bas le granil quarl des étoiles: pas de cap aveiilureux perçant la mer comme un poignai'd, — mais il ne la blesse point, el c'est elle qui le luera.

La rive est plate, le mont lointain. De ce rivage lias à ce djebel dans le pur azur, la plaine se déroule en « infinités ii, jaunie ou ternie, el n'ayant

de l'onde que ce que l'onde laisse d'impuretés et de méchancel es après elle, les bourbes salées qu'on nomme sebklias, les (laques paluslivs que de rares noircenrs du ciel vident pour quelques heures dans l'oued incandescent; et, tout autour, la fièvre d'exhalaison.

Grande y est, la nuit, le jour, la solennité du silence. Les villes romaines, les villages, les pressoirs à huile des colons italiens, dus Numides ou

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des Puniques, couvrirent jadis ce champ brûlé, presque sans habitants aujourd'hui — car les Méhédéba, tribu religieuse, et autres fractions arabes (ou, pour mieux dire, arabophones) ne l'emplissent qu'extrêmement peu.

De beaucoup de ces colonies le nom n'a pas encore été retrouvé. Comment tant de peuple vivait-il en une plaine si dépourvue d'eau maintenant? Sans doute par le sage emploi de la cioie des oueds et l'évocation des eaux dormant sous le sol ; puis on doit croire que de vastes pans de forêt ont été culbutés de la montagne.

A 50 ou 60 kilomètres à vol d'oiseau vers le nord un peu est de Gabès, en face de l'île presque ronde appelée Knaîs, un delta sec (le fleuve l'étant aussi) marque la fin de l'Oued-Rann, large gouttière qui commence dans les monts voisins de Gafsa et passe à quelque distance au nord de la Sebkha-en- Nouail ou Sebkhd-Manzouna, Tune des plus amples de l'ancien beylik de Tunis : elle a de longueur 22 kilomètres, de largeur 4 à 10 ou 12, et de pourtour environ 70, mais son trésor de flots est tout à fait misérable. 40 mètres font l'altitude de ce lac de plaine presque toujours altéré comme la plaine elle-même.

Avant d'arriver à Sfax, qui est sans doute une survivance de la romaine Taphrura*, le village de Thine, identiquement appelé sauf l'orthographe comme la Thinae de l'ère latine, indique la fin d'un fossé de défense dont nous imitâmes la puérile inutilité lorsque, vers 1840, la France essaya de garantir contre les indigènes sa portion congrue de Tell et Sahel.

De même aussi les Argentins, peuple maintenant si fier de sa jeune expansion, méditaient, il y a quelques années à peine, de se garer des Indiens nomades par une tranchée de trois cents lieues creusée dans le Steppe de Patagonie.

Les Argentins n'ont même pas commencé le fossé de la Pampa du sud; les Français n'ont pas terminé r « obstacle continu » ; les Romains ne respectèrent,pas non plus leur ligne inflexible, et la Numidie du midi devint « coloniale » autant que la Nuniidie du nord, a Tout ou rien ! » c'est la loi des conquêtes.

o^" Sfax, les Kerkenna. — De maint canton sec, pierreux, infécond de la France on pouvait dire avant l'invasion du phylloxéra qu'il y coulait plus de vin que d'eau.

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