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non très loin de l'endroit où d'aucuns supposent que l'infidèle Déesse osa trahir à Zama le grand vainqueur du Tessin, de la Trèbie. de Trasimène, de Cannes. Sicca naquit de sa source, fiot constant qui s'échappe d'une caverne; elle grandit autour d'un autel d'Astarté, la Vénus phénicienne : d'où le surnom de Vcneria donné par les Romains, ces héritiers bénévoles des dieux nationaux, des génies du lieu, des temples et pèlerinages, dans toute l'étendue de leur domaine mondial.
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6» Khalled et Siliana. — Le long de la Medjerda/leis étranglements de Mlarif commencent où fmit la Dakhiat; ils s'achèvent là où souvre le . bassin de Testour, après tant de torsions que le chemin de fer y passe neuf fois le fleuve.
Dans ce bassin de Testour, la Medjerda s'empare de rOued-Klialled et de l'Oued-Siliana.
Le Khalled est bref. Li phénicienne Thugga, romanisée en Dougga, et, tout près de là, Téboursouk (Thubursicum Bure), punique également avant que Rome se saisît de l'Afrique, n'ont disparu qu'à demi des petits monts de sa rive gauche ; maint monument y a presque vaincu dix-sépt ou dix-huit siècles, devant de jeunes masures qui croulent, à côté des tentes que l'Arabe plante pour un jour ou pour une saison. On y admire encore, en conservation presque entière, un harmonieux temple de Jupiter et des portes monumentales datant du grand empereur stoïcien * mort en Pannonie, dans les plaines de la Save, en essayant.de maintenir contre les Barbares la majestueuse intégrité de l'Empire; mais on n'y voit plus, sur une pierre de mausolée, l'inscription punique et libyquc (or, libyque, cehi veut dire berbère) emportée par vol à Londres, où n'était point sa place, pas plus qu'à Paris. Les pierres de Dougga la tunisienne dcATaient rester à Dougga.
Le Siliana est long, atlantidiennement parlant ; il approche de 150 kilomètres. C'est un fils des hamadas. Il a dans son bassin supérieur, à sa rive même, par 660 mètres, la grande ruine de Makter (Oppidum Mactarilanum) et , au-dessus de ses sources, en des djebels de 1200 à plus de 1300 mètres, le bordj de Souk-el-Djema veillant pour les Français dans la Tunisie centrale, au faîte entre le nord et le sud, entre le Tell et le Steppe, entre la Zeugitane et la Byzacène, au bord d'un aïn superbe jadis emprunté par les Romains pour leur cité des Mactarilains. Le Siliana passe auprès de Djama', qui fut Zama la Grande, l'endroit le plus ])robable de la bataille perdue par le héros de Carthage.
7» La basse Medjerda, le delta carthaginois.
— Désormais plus d'affluents, la Medjerda est complète. Oscillant entre un moindre débit de 1861 litres et des crues extrêmes de 987 mètres cubes, elle frôle les jardins maraîchers de Testour (Bisica Lucana)qui,de par ses quatre vallées divergentes et de par son équidislance de l'Algérie et de Carthage,
i. Marc-Auréle.