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Les FratcUi des Italiens

Galiton (158 mètres) montent à son sud-ouest, à la distance de trois quarts de lieue : « Minorques » plus vides encore que leur « Majorque », aucun pécheur ne leur demande asile, la chèvre sauvage n'y bondit pas de roche en roche et le lapin n'y broute point l'herbe sèche, le thym parfumé.

Le Cap Negro protège du nord et de Test la petite anse de Boudma où bien avant 1830 la Compagnie Française d'Afrique avait un comptoir pour le commerce, la pêche, le corail. Plus loin, la côte, devenue sablonneuse, et qui reste telle jusqu'à Tabarque, laisse passer entre de vastes dunes rOued-Zouagha, torrent non tarissant puisant s\ des torrenticules du pays des Hogod et du pays des Kroumir, en de grandes forêts de chênes-lièges, de chênes zéens, de frênes, d'ormes.

Peut-être sont-ce là les bois les plus touffus en terre de Berbérie, parce que le soleil boit souvent la pluie sur leurs feuilles. Ici la mer est libérale, le nuage épais, le déluge fréquent, le long des oueds où le lion, la panthère s'abreuvent encore au pied des cascades.

Mais l'ours ne s'y désaltère plus, sa race est éteinte. Martin est mort,

A Tabarque un val palustre ouvre un accès au cœur de la montagne sylvestre ; son Oued-el-Kébir, comme qui dirait son Rio Grande, remonte jusqu'à r« Épine dans l'œil de la Kroumirie », jusqu'à la Source d'Argent, ou, d'un seul mot, « Fontargente o, Aïn-Draham*, forteresse française au pied d'un mamelon de 1070 mètres d'altitude.

Ce qu'est le Fort-National chez les Kabyles du Jurjura, ce bordj l'est ici chez les Kroumir, peuplade remuante.

Les Kroumir se riaient fort du bey de Tunis, leur prétendu seigneur, et ils méprisaient de très bonne foi la France. Était-elle aussi forte qu'eux? Ils osaient bien descendre chez elle, à travers les chausses-trapes des ravins, des futaies, des fourrés, des rochers ; et elle, la France, n'osait point monter chez eux.

Ces « puissants », qui ne l'étaient guère, vivent dans de pauvres masures. Ils sont de langue arabe, mais d'origines mêlées. Une de leurs tribus aurait des frères au bord du grand fleuve ultra-saharien, devant le Niger, eau deTombouctou : il est permis d'identifier, malgré quatre à cinq cents lieues d'écart à travers le désert majeur de l'Afrique et du monde, les Dedmaka ou Tâdemmaka kroumi-

i. L'arabe draham, argent, semble une corruption du grec dracbma, comme un mot de même signification, flous, lirait procéder d'obolos.

riens avec les Kel-Tâdemmeket de la confédération des Touarpg Aouéliinmiden.

Ainsi que les Basques avaient leur ehéne de Guernica poui' couvrir d'ombre aux jours de soleil les anciens du peuple déliliérant pour te bien de tous, ainsi les députés de la conrédération des Kroumir s'assemblaient sous le chéne-liège de

Fernana, près de l'Oued-Ghezala, tributaire du Bagradas, au versant méridional de leurs monts. Ce (I suber », vu de loin sur sa cnlline, est un arbre splendide ; seul sur la hauteur, il déploie sa rondeur de rameaux sur cent mètres de tour. C'est de lui que l'endroit tient son nom, Fernana signifiant cliéne-llège.

: photographie communiquée par X. D. Hëron.

Le golfe de Tabarque a des Tonds de 15 mètres. On en pourra Taire à peu de Trais un bon port, au moyen d'une jetée qui s'appuiera sur le stérile îlot de Tabarque, grès roux, argiles colorées par l'oxyde de fer et portant à leur cime, par 92 mètres, un Tort décadent.

Ci; fort rappelle l'Espagne et l'Italie, ainsi que. vis-à-vis, le bourg de Tabarque rappelle le Tercan (?) punique et la Tabraca roiiminf. Lp o Castillan » le construisit sous Charlos-Quinl, iiloi-s que l'Espagne

était comme un lion dévorant ; le Génois l'agrandit quand une riche famille' de la ville aux marmoréens palais lâcha Dragtil, terrible corsaire turc qu'elle avait pris en mer, au prix de ce rocher dont l'herbe est rare et sèche et qui n'a d'autre (blaic que les palisses du cactus.

ô" La Calle et ses lacs; monts et dunes. —

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