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Berbères et latines

5. C'est assez exactement Taire des bassins de l'iluisne, de la Sèvre Nantaise; un peu plus que ceux du Gard, du Verdon, de l'Ognon; un peu moins que la conque de la Sauldre ou de l'Hérault.

de pluie, étant une terre de Steppe tout autant qu*une terre de Tell.

Ce module, on Testime à 20 mètres cubes par seconde, les crues majeures atteignant 1000 mètres cubes, les étiages descendant à 200, 150, 100 litres, et à rien dans tel inexorable été.

C'est le tribut d'un cours de 225 kilomètres, à peu près égal k Tlsle périgourdine, en un bassin d'un million d'hectares, un peu plus grand que le département de la Dordogne.

Des pluies qui la raniment en automne jusqu'à l'entrée de l'été qui l'amortit, elle ressemble aux courants à pleins bords de la vieille et toujoui*s jeune France : les premiers jours de juin la voient rouler encore 5 mètres cubes par seconde.

Seybouse est un mot très conforme à notre euphonie, de visage français, mais d'Ame punique ou africaine.

Les Carthaginois appelèrent ce fleuve l'Ubas, ou bien ils prirent ce nom aux riverains qu'ils y rencontrèrent.

De même ils appelèrent Ubbo la ville de son embouchure, et Ubbo devint Hippone, et Hippone c'est Bône.

Ainsi, Seybouse, Bône et Bizerte sont le même mot sous trois formes, sinon que Bizerte contient un élément étranger à Seybouse et à Bône.

L'aïn primordial de la Seybouse est presque exactement au sud de l'engloutissement dans le golfe bônois, mais le fleuve ne va point en toute hâte au terme de sa course. S'il ne se laissait tenter (au lieu de son septentrion nonnal) par l'occident, l'orient, le midi, si même il ne revenait souventefois en arrière, il vivrait tout juste 75 kilomètres; or il triple cette durée — toute route lui est bonne pour longer ou fendre torrentueusoment les djebels qui le contrecarrent.

Ses oueds initiaux s'élancent de la même montagne que les naissants de la Medjerda. La naïade qui incline l'urne de leur épanchement la redresse chaque année lorsque brillent les plus longs jours, mais jamais assez pour qu'il n'en tombe plus de flots : le pays est un pays supérieur à 1000 mètres, il est pluvieux, et sa roche ou sa sous-roche c'est la craie.

Son nom, c'est d'abord Oued-Tifech, d'après un site de ruines, Tifech, qui fut la Tipasa romaine, à 958 mètres au-dessus des mers, — Tipasa de l'Est, par opposition à la Tipasa de l'Ouest, autre ville latine ou latinisée d'où l'on allait, en une petite journée de marche, à Julia Caesarea, la capitale d'une des Maurétanies.

Elle serpente en un val fécond, puis dans une gorge où elle rétracte tellement sa coulière qu'on y retiendra sans peine 95 millions de mètres cubes derrière une digue de 30 mètres. Elle passe ensuite dans l'ample plaine des Sédrata; là on ne la nomme plus Oued-Tifech, mais Oued-Uammimin ; vers sa rive gauche se traînent des ruisseaux sans énergie, qui s'arrêtent en chemin pendant presque les trois quarts de l'année.

L'un d'eux fut pourtant, très jadis, la vraie tête du fleuve, quand il emportait vers le nord les eaux du grand lac dont le temps desséchant a fait la lagune du Tarf dite sebkha des Haracta. Ce marais salé n'était pas alors tel que sous nos yeux; de troubles torrents de l'Àurès, plus haut, plus neigeux, plus fontainierqu'à cette heure, ne cessaient de l'emplir, et une rivière pure de l'exonder. Le lit du déversoir a disparu; deux pentes contraires l'ont remplacé, l'une au méridion vei*s la lagune, l'autre au septentrion vers la Seybouse; mais la vallée d'union est manifeste encore, entre le massif du Sidi-Bouis à l'ouest et la montagne d'Aïn-Beida à l'orient.

Plus bas, ce n'est pas Oued-Hammimin qu'on l'appelle, mais Oued-Cherf, jusqu'au Gué Bouge (Medjez-Ahmar) : là elle rencontre le Bou-Hamdan, et désormais Seybouse est son nom.

6» Hammam-el-Heskhoatin. — Piètre ruisseau que ce Bou-Hamdan qui, dans son cours supérieur, est le fiévreux Oued-Zénati dont on dirait un vilain rio de la Castille, car il va, louche et rare, entre des collines pelées qui sont les tuméfactions d'un plateau bon pour la céréale, la sèche pâture — et la vigne, sauf les gelées tardives.

Passé à la dignité de Bou-Hamdan, il est plus gros en crue, non plus bel en éliage, mais le superbe Taïa, montagne encore par endroits olivestrc et sylvestre, s'élance de sa rive gauche, et près de sa rive droite il a les merveilles d'Hammam-el- Meskhoutin ou les Bains des Maudits : les Bains des Maudits d'après une légende; et Bains des Bénis, parce que leurs eaux, ferrugineuses et salines, très calcaires, extrêmement thermales, guérissent arthritiques et rhumatisants : non certes tous, mais beaucoup.

Le calcaire des sources presque bouillantes* s'y concentre en immenses dépôts de travertin.

Se déplaçant toujours par suite de la plasticité même de leur dépôt, à mesure qu'elles élevaient

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