Même, ce villaÉTe de \almy s'appela longtemps le Figuier
les cromlechs, les dolmens, les pierres debout, les galgals et tombeaux frustes, proposent leur énigme, de moins en moins énigmalique, au passant dans la solitude.
Le steppe des Abd-en-Nour, que prolonge à Test, vers Sétif, le plateau plus haut encore des Eulmas, s'abaisse à l'orient avec le Roumel et se transforme le long de l'oued en une gorge sèche, sauvage, étranglée, plombée, livide, avec roches menaçantes. — Gorge faite à souhait pour un barrage ; au meilleur endroit de ce défilé de l'Oued-Atménia, une digue de 30 mètres de hauteur soutiendra 45 millions de mètres cubes pour le service des usines de Constantine, l'irrigation de sa banlieue, la dessouillure de son ravin : dans l'état actuel le Roumel d'hiver lave les ordures du gouffre de Cirta, mais le Roumel d'été n'en est pas capable.
2<^ Le Bou-Herzoug. — Au moment de descendre dans la colossale fissure qui est la gloire de Constantine, le torrent s'unit à l'antique Ampsagas, jadis frontière entre la Numidie à l'est et la Maurétanie sitifienne à l'ouest. L'Ampsagas a présentement pour nom Bou-Meraoug.
Bou-Merzoug, c'est en français Père de l'Abondance, et vraiment l'Ampsagas dispense à son vallon la sève, les feuilles, l'herbe et la fraîcheur, bien qu'il ne sorte de t(»rre ni froid, ni frais, mais un peu tiède, à 25°, 75. Il est presque tout entier dans sa source, qui jaillit à 726 mètres d'altitude devant le massif du Cuérioun, au pied du Portas, mont crayeux. Tout auprès de cette humble Touvre ou de cette Yaucluse, sur les plans et plateaux, des rangées de menhirs rappellent les champs armoricains, Carnac, la lande de Lanvaux, et le plateau de Thorus, près Vivonne, en Poitou : thème superbe pour nos pères les celtisants, quand ils donnaient tout l'ancien monde aux Celtes, lorsqu'ils voyaient dans les mégalithes, pierres fichées, pierres couchées, pierres portées, pierres en rond, une œuvre énorme de nos ancêtres, et partout des temples, des figurations curvilignes du « Dieu Serpent », des autels, des symboles du druidisme.
Dans les ans pluvieux l'Aïn-Bou-Merzoug verse de 500 à 600 litres par seconde, et (paraît-il) jusqu'à 900, mais quand le ciel tient longtemps rigueur à la terre, on voit la source descendre à 400, 550, 500. Les Romains, conune il appert partout dans ce qui fut leur empire, s'emparèrent de toutes les fraîches sources, les grandes pour les mener
aux villes puissanlcs, les petites puur les conduire aux petites cités. Ils ne manquèiimt pas di> prendre le Bou-Mcrzoug à son urne mOnie, de l'ntlinT à Cirra el, d'atjueduc en aqueduc, par une des voies triomphales qu'ils faisaient à l'eau (tes Tonlainea, l'Ampsagas arrivail à l'aride rocher. Constaiitine pi-cnd aujourd'hui l'onde pure un peu plus loin