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Quelque part sur les montagnes de Médéa

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change aussi d* a orient » ; la masse énorme du Jurjura l'arrête en sa course vers le septentrion, court chemin de la mer; de plus en plus, il fléchit à Test, et lorsqu'il atteint Bouira, sous le nom d'Oued-Dhous, sa vallée va droit au levant.

Bouira s'élève où s'élevait Hamza, ville arabe, tout au pied du Jurjura, qui s'élance d'un bond à 2123 mètres, tigré de forêts dont les ravins sont dangereux la nuit quand sortent pour la proie les familles encore nombreuses des lions et des panthères. Plus loin, le val descendant, le Jurjura montant toujours, celui-ci, qui ne dominait à Douira l'Oued -Dhous que de 1500 mètres, le domine de 2000 à Béni-Mansour, par son pic suprême (2508 mètres).

Deux mille mètres, c'est trop haute barrière pour que la buée marine la surmonte aisément. C'est pourquoi dans le val de l'Oued-Sahel maint hiver succède à l'automne sans qu'un seul ouragan ait cuivré, puis noirci la voûte, sans même qu'un an>on-ciel ait à la fois parlé du soleil et de la pluie; puis un printemps sans ondées vient après l'hiver; puis l'été, plus stérile encore que nature après ces saisons infidèles à leur devoir. Mais qu'un cycle d'années pluvieuses résolve en terre humide le sol durci en airain par le cycle des ans anhydres, et Tinfra-Jurjura du sud devient un val d'abondance. Tel quel, il promet d'être une vigne el une olivaie : l'huile et les vins dorés peuvent ruisseler avec excellence, comme avec exubérance, des contrées plus que sèches dont l'alfa moire la nudité. — Cette verdure du Steppe n'est pas rare dans le bas-fond de TOued-Sahel, elle en dénonce le climat.

Le Jurjura monte si raide que ses oueds, souventefois abreuvés de neige, sont très courts. A droite arrivent des monts du midi de longues eaux rares et salées : l'une d'elles a son dur passage aux Portes de Fer et son confluent près de Béni- Mansour; elle vient presque de Bordj-bou-Arréridj, de la montagne où le chemin de fer d'Alger à Tunis a son plus grand souterrain, le tunnel des Palmiers (3000 mètres) ; elle passe devant Mansoura la berbère, petite ruche d'émigration d'où s'envole chaque année quelque essaim vers Constantine, vers Alger, ruraux qui s'en vont à la ville, montagnards h 1060 mètres d'altitude qui descendent vers la plaine.

De cet oued amer; de celui qui passe devant le Hammam-Okris, le Hammam-Ksenna et dans l'aride forêt d'Anif où les pins frémissent, et de plusieurs autres on usera, le temps venu, les barrages aidant,

pour le rafraîchissement du val où la canicule efTace l'Oued-Sahel.

Bou-Sellam, long de 180 kilomètres, et Sahel qui n*en a que 120 se rencontrent en vue du piton d'Akbou : le second n'a drainé que 363500 hectares, tandis que le premier en réclame 415000.

9^ Le Sahel Infériear : Boagie. — Par la

vertu du Bou-Sellam, le Sahel inférieur est une rivière sans lacune roulant de 500 à 1000 litres dans les mois impluvieux, de 5000 à 10000, ou même 15000, durant douze ou quinze ou dix-huit semaines de Tannée.

Mais c'est presque tout un Nil qu'il faudrait pour tempérer la vallée extraordinairement torride, quasi saharienne où ne ventent pas les souffles vivants de la mer. — C'est encore le Jurjura qui les arrête : si l'oued tourne vers le nord-est, c'est que la montagne a fait comme lui ; ou plutôt il a fait comme la montagne, dont il suit l'enracinement, tantôt par des gorges telles que celles de Khorza et de Fellaye, tantôt dans une plaine; tantôt devant un village kabyle, tantôt devant une bourgade française, tantôt en face de ruines romaines dont les plus imposantes, ù côté de Tiklat, sont le squelette de Tubusuctus.

Le val ardent du Chéliff, si redouté pour ses embrasements de chaleur, n'est pas plus terrible que la coulière du fleuve de Bougie quand le vent vient du sud ; lorsqu'il arrive du nord-est par la porte qu'entre-bûillent Babor et Jurjura, on se sent revivre.

Vallée d'ailleurs magnifique en promesses.

Si la fièvre y germe dans les stagnances du Sahel, dans les mares laissées par son cours d'hiver, dans les « igarapés' » séchants qui raccompagnent, on sait qu'elle monta, plus meurtrière encore, des marais de Boufarik; et si bonne et profonde est ici la terre qu'on y pressent une autre Métidja

Devenu Souraraam, le fleuve passe entre les oliviers et les orangers; il atteint son terme après un coure de 255 kilomètres comptés à partir de la font du Bou-Sellam.

911500 hectares, c'est l'étendue de son bassin triangulaire, plus large que long par l'extrême divergence des deux branches mères : de l'aîn le plus oriental du Bou-Sellam à l'aîn le plus occidental de rOued-Sahel il y a, ligne droite, 186 kilomèties.

1. Bras latéraux : c'est un nom brésilien pour une chose universelle.

presque autant que d'Affreville à l'embouchure du ChétifT.

Ainsi qu'Alger plaquée sur sa Bouzaréa, Bougie grimpe à son Gouraya, qui jette à la mer les trois promontoires du cap Carbon; seulement le Gourays* dépasse en altitude et en attitude la gracieuse montagne d'El-^jézatr : digne fin du Jurjura vis-â-vis du Babor, il suivit à 705 mètres.

Carthaginoise, numide, romaine, vandale, bmntine, berbère, espagnole, française. Bougie, vieille comme le monde, n'est point une fille du caprice ou du hasard. Elle est parce qu'elle doit être, au bord d'une rade de 900 hectares, profonde, abritée de beaucoup de vents, â l'ouverture d'un grand val, au point de départ d'un des chemins les plus courts entre la Méditerranée et le Petit Désert.

Boiigle.

- Deuin de Boudicr, d'iprts une pholognphie de U. NcurdeiD.

Celte ville porte le nom d'une antique li-ibu du pays, les Bedjaïa. Les Latins, sous lesquels elle resta petite, en un tour de murailles de 3000 mètres, l'appelaient Salda ou Colonia Julia Augusta Saldantium; puis, ce prétend-on, lex Vandales la nommèrent Goraia*, la Montagneuse, du mot gora, qui veut dire mont dans Ips langues slaves. — ~

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