‹ La France et ses coloniesChapitre 9 sur 283 · La < guerre sainte », contre les Infidèles · texte numérisé non relu

La < guerre sainte », contre les Infidèles

2.. Le c côté de la prière », le côté de La Mecque, l'Orient aral)e.

5. Un million, d'après d'autres : tous ces calculs sont des a calcul^ en l'air d

ne vivait pas le Punique, dans TAurès, sur les plateaux de Cirta, et dans tout le centre, dans tout l'ouest de « l'île », là où le Romain avait peu pénétré, peu ou pas colonisé.

Les trois religions étaient celles du païen, du chrétien, du juif.

Dès le départ des troupes de Byzance, le Romain ne compta plus dans l'Afrique du Nord. Il ne resta donc que deux nations, la punique et la numide, en face des conquistadores sortis de l'Asie la plus sèche et la plus sereine; et l'une des deux, issue du même Orient par la plupart de ses ancêtres, tenait de ses fondateurs carthaginois un idiome de même esprit et de même chair que l'arabe : en réalité le Punique était^par son sang le demi-frère des compagnons d'Omar, d'Amrou, d'Okba, et par la langue il était leur frère.

Aucun conteur de ce temps de ruines, de mêlées, de fermentations et renouvellements n'a voulu nous apprendre comment l'élément « carthaginois » se comporta envers l'élément arabe ; mais on peut croire que la lutte, si lutte il y eut, fut courte : ceux qui avaient suscité contre Rome Annibal ne suscitèrent aucun grand vainqueur, aucun grand vaincu contre les conquérants rapides qui leur arrivaient avec un esprit pareil au leur, une parole semblable à la leur et une religion née dans cet Orient d'où leur venait, à eux Phéniciens, leur conception du visible et de l'invisible. •

Cette religion, agissant dans le même sens que la sororité des langues et la demi-consanguinité, mit le sceau à l'absorption du Punique, et elle commença l'assimilation du Numide par la vertu de son livre saint, le Coran, c'est-à-dire la Lecture (par excellence).

Le Coran, Bible de l'Islam, est l'œuvre d'un quasidélirant. Mahomet le Koreïchite, quadragénaire insensé, l'écrivit comme l'ange Gabriel le lui dictait de la part de Dieu, c'est-à-dire suivant ses hallucinations, après les songes légers de la nuit ou les rêves lourds de la sieste.

Aux fantasmagories du sommeil, peut-être à celles de la veille, car il semble qu'il rêva les yeux ouverts, il mêla ce qu'il avait appris dans ses voyages, surtout lorsque sous le soleil, la poudre de sable et le hAle, encore adolescent, il avait franchi la pierre des llamada et l'arène des Néfoud pour guerroyer dans les pays du Nord qui ne sont plus Arabie et ne sont pas encore Syrie.

Tradition juive et tradition chrétienne; légendes contées chez les tribus pastorales, au campement i du soir, près du feu flambant, quand s'avance la

nuit lunaire ou seulement stellaire; sentences de la sagesse arabe; louanges au Dieu « qui est le vivant, le fort, l'aimable, le juste, le clément, le miséricordieux » ; malédictions sur Satan le lapidé quWbraham poursuivit de ses pierres; hymnes, apophtegmes, imprécations, paraboles; appels aux armes contre Tlucroyant ; règles de conduite, lois d'hygiène, indications de propreté ; prophéties et récits d'antan; et les terreurs du Jugement Dernier; et le Siralh, pont tranchant comme un fil de sabre au-dessus de la géhenne du feu ; et le Firdous ou paradis dos délices, avec ses hour-el-aïn^ aux yeux profonds et noirs destinées aux hommes du témoignage, qui sont morts de la a mort rouge », dans les combats pour Dieu, et non de la a mort jaune n, par épidémie ou maladie; enfin tout ce qu'il lut dans les livres, tout ce qu'il entendit dans la chambre de poil ', tout ce qu'il ouït de voix indistinctes et vit d'impalpable pendant son dormir ou sa somnolence, tout se heurta dans son kitab, dans son « écriture », devenue, depuis, la « lecture ». Son démon familier lui disait : « Écris! » et il écrivait sans souci de ce qu'il avait tracé la veille.

Et aussi sans souci de ce qu'il tracerait le lendemain pour instruire dans la Loi et guider dans la Foi; il pensait pour le moment même, selon le caprice ou la nécessité de ce moment, car, ainsi que le dit l'Évangile des chrétiens : /( A chaque jour suffis sa peine! »

Lui mort, le premier calife, c'est-à-dire le premier remplaçant, le premier vicaire, Abou Bekr, rassembla pieusement les a inspirations de Dieu »; et ce qu'on en trouva, partout épare, jusque sur des os d'épaule de mouton, devint, pour parler à l'arabe, la « montagne de l'incohérence ».

Ainsi fut révélée la « Sainte Lecture », le Coran, livre de ili sourates ou chapitres, dont, suivant l'antique usage, la foule parcheminée des commentateurs a noirci le clair-obscur en ténèbres.

Mais Mahomet fut poète, en un arabe vaillant, concis, pur, idiomatique, et le Coran transporte d'aise les arabophones.

Même le Musulman ne peut vivre sans ce livre, puisque c'est non seulement la voix de la révélation, mais aussi, tel que les commentaires l'ont étendu, torturé, tordu, la règle de la vie, la norme des actions et des pensées, le fondement de la loi civile, le code infaillible, la racine de foute science, ou plutôt toute la science elle-même. Le Prophète a tout Ml, tout su, tout compris, dit, décidé.

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