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DEBOUT, LES MORTS

10 C'était au sud de Verdun, lors des attaques entreprises le 8 avril 191 5, pour dégager la région de Saint-Mihiel. Nous avions conquis, la veille, au prix de luttes terribles, un élément de tranchée qui communiquait par un boyau à une tranchée

15 d'arrière occupée par les Boches. Français et Allemands n'étaient séparés, dans le boyau, que par un barrage de sacs à terre.

Tout à coup les Boches contre-attaquent. Les grenades pleuvent de chaque côté du barrage.

20 Une torpille éclate dans un abri et nous tue ou blesse toute une demi-section. Il en résulte un moment de panique. Les morts et les blessés encombrent le boyau. Le barrage cède. Le boyau va être pris. Tant d'efforts surhumains et

S tant de douloureux sacrifices vont-ils être inutiles ! A cette pensée, l'adjudant Péricard se sent pris de

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désespoir. Étendu à terre, une blessure au front, une blessure au menton, le visage ruisselant de sang, il empoigne un sac de grenades placé devant lui et s'écrie: « Debout, les morts ! » Les blessés, 5 galvanisés par cet appel, font un suprême effort, se redressent, et parviennent à chasser l'ennemi. .

Ce cri sublime souleva l'admiration du monde entier.

(Voici comment le poète nous raconte ce cri sublime.)

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