‹ La France éternelleChapitre 51 sur 66 · FOCH, MARECHAL DE FRANCE · texte numérisé non relu

FOCH, MARECHAL DE FRANCE

10 « Paris dégagé. Soissons et Château-Thierry reconquis de haute lutte, plus de 200 villages délivrés, 35,000 prisonniers, 700 canons capturés, les espoirs hautement proclamés par l'ennemi avant son attaque, écroulés, les glorieuses armées

15 jetées d'un seul élan victorieux des bords de la Marne aux rives de l'Aisne, tels sont les résultats d'une manœuvre aussi habilement conçue par le haut commandement que superbement exécutée par des chefs incomparables. »

20 C'est en ces termes que M. Georges Clemenceau, président du Conseil, s'exprimait dans son rapport adressé à M. le Président de la République pour lui demander d'élever le général Foch à la dignité de Maréchal de France.

30 Le document est du 6 août. Bien du chemin a

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été parcouru depuis: les 35,000 prisonniers sont devenus 300,000, le nombre des villages libérés est incalculable, le pays tout entier est libéré ! Le Maréchal Foch a largement justifié la haute 5 récompense nationale dont il est l'objet . . .

La remise du bâton étoile d'or au nouveau Maréchal de France fut faite au front avec toute la solennité que comportaient les circonstances par M. le Président de la République, accompagné de

10 MM. Georges Clemenceau, Président du Conseil; Georges Leygues, Ministre de la Marine; Loucheur, Ministre de l'Armement, dans le décor sommaire et imposant d'un poste de commandement, en présence d'un faible détachement de

15 troupes qui rendaient les honneurs. De nombreux officiers des armées alliées y assistaient.

Dans l'allocution qu'il prononça à cette occasion, le chef de l'État résuma ainsi le rôle glorieux du Maréchal:

20 « Depuis le début de la guerre, dans les postes divers où vous avez été placé, vous avez justifié, avec un éclat grandissant, toutes les espérances que, dès le temps de paix, l'armée avait mises en vous . . .

25 « Tout en sachant assouplir aux nouvelles nécessités de la bataille les idées que vous aviez professées, vous êtes resté fidèle à ce qui était l'âme de votre enseignement. Au mois de septembre dernier, lorsqu'auprès du château de Mondément,

30 vous nous retraciez magistralement les phases du combat livré en 19 14 dans les marais de Saint-

Gond, je voyais vos principes familiers prendre devant moi la forme et le mouvement de la vie et je me rappelais vos définitions favorites: « La guerre: département de la force morale; la ba- 5 taille: lutte de deux volontés; la victoire: supériorité morale chez le vainqueur, dépression morale chez le vaincu. »

« Cette supériorité morale, vous l'avez entretenue comme une flamme sacrée. Combien de fois, en

10 des heures graves, sur l'Yser et sur la Somme, n'ai-je pas été témoin de votre énergie et de votre ténacité !

« Vous avez fait preuve des mêmes vertus militaires, lorsque vous êtes devenu, comme chef

15 d'état-major général, le conseil technique du gouvernement et aussi lorsque vous êtes allé, au delà des Alpes, vous concerter avec le commandement allié pour la défense de la Piave, cette Marne de l'Italie.

20 « Mais c'est surtout dans les journées tragiques des 24, 25 et 26 mars dernier, que vous avez donné la mesure de votre caractère et que votre liberté d'esprit, votre clairvoyance, votre sang-froid ont eu raison du péril . . .

25 « Dès que, grâce à la généreuse adhésion des gouvernements britannique et américain, vous vous êtes trouvé investi du commandement en chef des armées alliées, vous «vous êtes employé à réaliser l'unité d'action stratégique, si nécessaire

30 devant la puissante organisation de la discipline allemande, et, à peine les premières vagues du formidable afflux américain avaient-elles déferlé

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sur le front, que, par de savantes opérations successives et combinées, vous avez surpris et battu l'ennemi, d'abord sur la Marne et sur l'Aisne, puis sur l'Avre, sur la Somme, sur l'Oise. Vous 5 avez brisé son offensive, déconcerté ses plans, épuisé ses meilleures réserves, capturé en masses ses hommes, ses canons, ses mitrailleuses et ses munitions. Gloire à vous, Monsieur le Maréchal, et à toutes les armées que vous commandez ! »

10 On ne saurait mieux résumer, en termes plus sobres, plus vibrants et plus clairs, la superbe carrière et la noble figure de celui devant lequel le monde entier s'incline avec respect et admiration.

Contamine de Latour Foch. Picart, éditeur, Paris.

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