ARDÈCHE
Toornon.
deux cents cavaliers, en tout, dit un contemporain, sept cents pillards. Il somme la ville, qui refuse de se rendre. Alors, il y entre de vive force et y met tout à feu et à sang : les uns sont précipités vivants du haut des tours ou brûlés vifs ; les autres sont jetés dans la rivière; les catholiques seuls sont épargnés (1562). Après avoir t'ait raser les fortifications et abattre les principales tours, Saint- Ghamond se retire, chargé de butin , mais en laissant garnison dans la ville. Reprise par les prolestants, elle ne tarda pas à revoir Saint-Chamond à ses portes (1563). Il était en nombre et en force. Après avoir fait jouer son artillerie contre les remparts, il parvint à y faire une brèche; mais, là, il lui fallut combattre jusqu'aux femmes. Il fut repoussé. Cependant Annonay finit par capituler; mais à peine Saint-Chamond y fut-il entré, que, violant la foi des traités, il livra la ville au pillage. Ses bandes se ruaient dans les maisons, la torche d'une main, le poignard de l'autre, tuant femmes, France illustrée. 136.
vieillards, enfants, ou les jetant par les fenêtres. Ils firent un si grand carnage, que, suivant l'expression de Théodore de Bèze et d'Aubigné, le sang coulait dans les rues à la haxdeur d'un pied. Ils vendirent les prisonniers, les femmes et les filles à l'encan après les avoir violées, et, faute d'acheteurs, ils les égorgèrent. Presque toute la ville fut réduite en cendres, et Saint-Chamond n'en repartit que lorsqu'il n'y trouva plus rien à piller ni personne à tuer. Cependant l'édit de pacification de 1563 vint rendre un peu de calme à cette malheureuse ville. Bientôt elle se repeupla et sortit de ses ruines. Depuis ce temps , grâce aux développements de son industrie et à l'activité de ses habitants, elle n'a fait que prospérer.
Annonay s'élève en amphithéâtre sur sept collines, au confluent de la Cance et de la Déôme; un tronçon de chemin de fer de 20 kilomètres la met en communication avec Sainl-Rambert, station de la ligne de Lyon à Avignon. Vue des hauteurs de