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CORRÈZE

ruines d'une ancienne ville; on y trouve souvent des médailles romaines.

Le territoire de cette commune est entrecoupé de vallées, parmi lesquelles celle d'Enval se fait remarquer par son heureux site. A quelque distance de cette vallée pittoresque et digne de fixer le pinceau des peintres s'élèvent les belles ruines du château de Lafage.

Les forets du voisinage offrent aux amis du sport le plaisir de la chasse au sanglier, car ces animaux y sont nombreux. Les foires de Chambcret, au nombre de sept, sont très fréquentées.

CoRRÈzE. — Corrèze, station de la ligne du chemin de fer de Périgueux à Clermont par Brive, Tulle et Ussel , sur la rive droite de la Corrèze et à 21 kilomètres au nord -est de Tulle, est un chef-lieu de canton de 1,765 habitants. Nous ne saurions dire lequel des deux, de la rivère ou de la commune, a donné son nom à l'autre. Ce qui est

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certain, c'est que Corrèze est un bourg industrieux qui possède des fabriques de soieries et un comice agricole. Ses marchés sont importants et son petit port sur la Corrèze est fréquenté.

Les armes de Corrèze sont : d'argent, à trois bandes ondées de sinople.

UzERCHE. — Uzerchc {Userca), chef-lieu de canton, peuplé de 2,982 habitants, à 33 kilomètres au nord-ouest de Tulle, est une ville ancienne, située sur la route de Limoges à Tulle, au bord de la Vézcrc. Elle fut, dit-on, fortifiée par Pépin le Bref durant ses guerres contre Waïfre, duc d'Aquitaine. On y montrait autrefois la tour où fut décapité, suivant la tradition, le maire du palais Léocaire. Près de la ville sont les ruines du château de La Blanche, où l'on prétend qu'habitait saint Martial, apôtre du Limousin. Uzercheaélé plusieurs fois assiégée. Elle reçut le nom d'Uzerche-ta-Pucelle pour sa fidélité envers les rois de France pendant la guerre de 4^8. — Corrèze, 3° Liv.

Cent ans. Les Anglais ne purent jamais s'en emparer. Les protestants s'y établirent en 1559, mais ils furent bientôt contraints de l'abandonner.

Avant la Rcvolulion, Uzerche était le siège d'une sénéchaussée, qui passait pour la plus ancienne de la province. André Duchêne lui donne le titre de ville royale, de seconde ville du Limousin.

L'église collégiale de Saint-Pierre appartenait autrefois à un ancien monastère fondé au v^ siècle. Le monastère et l'église furent détruits, en 1028, par un incendie. Un abbé du nom de Richard et i'évèque de Limoges entreprirent et achevèrent la restauration des deux édifices. En 1037, les moines furent soumis à la règle de saint Benoît. Le pape Clément V, au commencement du xiv siècle, rebâtit l'église et voulut y être enterré (131.3). On lui éleva un mausolée que les protestants détruisirent en 15G8. Selon un ancien auteur, qui a vu et décrit ce tombeau, « il estoit dressé de jaspe, d'albâtre et de marbre blanc, richement élabouré. » Le monastère, qui était le chef-lieu de la congrégation des exempts, fut, eu 1740, sécularisé et érigé en collégiale. L'abbé était seigneur de la ville.

« Uzerche, dit un voyageur, quoique mal percée et peu agréable à parcourir, se présente cependant de loin d'une manière avantageuse et offre un aspect très pittoresque. L'église de Saint-Pierre et quelques autres constructions éminentes donnent de la variété à cette vue. D'ailleurs, toutes les maisons sont couvertes en ardoise. Autrefois, elles étaient crénelées et garnies de tours ; c'est ce qui avait donné lieu au proverbe : « Qui a maison à Uzerche a château en Limousin. »

La Yézère , profondément encaissée , entoure Uzerche de trois côtés, à l'ouest, au nord et à l'est Quoique très élevée au-dessus de la rivière, la ville est de toutes parts dominée par une chaîne de colhnes. Elle a deux faubourgs considérables : l'un, au nord, qui porte le nom de Sainte-Eulalie; l'autre, au sud, nommé la Pomme. « Au témoignage des voyageurs, on ne peut rien voir de plus pittoresque que le site d'Uzerche. Lorsqu'on se place à l'aspect de l'orient, on a à ses pieds des jardins soutenus par des terrasses d'une élévation prodigieuse; au bas de ces terrasses, la route de Paris à Toulouse ; au-dessous de cette route et à une grande profondeur, la Yézère, qui semble sortir de la base du Puech de Chammart, et dont l'œil suit avec délices le cours paisible et sinueux, dominé par le clocher de l'église panissiale, qui s'élève ninjestueusement

à plus de trois cents pieds au-dessus du sol. En face, par delà la Vézère, est le Puech Groslié ou Puy- Grolier, dont la cime, couverte de terres labourables, contraste merveilleusement avec les prairies, les bouquets d'arbres et même les rocs à demi découverts qui garnissent ses flancs et descendent jusqu'au bord de la rivière. Sur le côté sud de ce Puech est un vieux bâtiment flanqué de quatre tourelles et depuis longtemps inhabité. Du côté opposé, vers le nord, on trouve les ruines du château de Fargeas. Le côté de l'ouest ne présente qu'une nature sauvage et triste. La vue, bornée par un étroit horizon, ne se repose que sur des collines couvertes de bruyères et de châtaigniers. »

Uzerche est la patrie du chirurgien Boyer et du conventionnel Chambon. Sa foire du 4 octobre est renommée pour le commerce des chevaux.

Les armes d'Uzerche sont : d'azur, semé d' étoiles à six rais d'argent , chargé de deux lionceaux -passant l'un sur l'autre, d'or.

Masseret. — Masseretest une commune du canton d'Uzerche, située dans un pays très accidenté de collines et dévalions, ' 44 kilomètres au nord-ouest de Tulle, sur l'extrême limite du département et de celui de la Haute-Vienne ; sa population est de 8G2 habitants.

Ce bourg fut assiégé et pris sur les ligueurs, par le comte de Ventadour, en 1595; il était alors fermé de murs et défendu par un chàtelet dont il ne reste plus de traces; aujourd'hui, c'est un centre agricole d'une certaine importance.

A 1 kilomètre vers l'ouest, on aperçoit un retranchement circulaire en forme de cône tronqué de 24 mètres de hauteur et de 82 mètres de circonférence à la base et de 17 à son sommet ; il est entouré de deux fossés concentriques, larges chacun de 7 mètres. On y voit encore deux remparts, l'un de 3 mètres de hauteur, intermédiaire aux deux fossés, et l'autre extérieur, d'une hauteur de plus de 3 mètres, avec deux évasements que l'on peut supposer avoir été deux portes du fort. Cet ouvrage militaire, envahi par un taillis de hêtres, poussés .nccidentellement en cet endroit, est parfaitement conservé.

A 1 kilomètre plus loin et dans la direction du ,iord-est, entre un marais et la lisière des forêts de La Vergue, on voit un camp retranché de forme ovale, dont le grand axe a près de 25 mètres, et le

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petit 16. Il est évasé aux deux extrémités du grand axe. Le relranclienicnt qui regarde le nc^rd est presque intact ; il a, sur sa hauteur, 16 métrés, et à sa base 6 mètres de largeur. Le retraiieheinenl opposé, celui du midi, est moins bien conservé ; il présente une agglomération de terres de 10 mètres de hauteur sur 3 de largeur. C'est un ancien camp, dit de César, qui est un but de promenade pour les étrangers.

Égletons. — Égletons, station de la ligne de Tulle à Ussel, est une petite ville, chef-lieu d'un canton, située à 33 kilomètres au nord-est de Tulle, entre la Doustre et un affluent de la Luzège. Sa population est de 1,849 habitants. C'est le principal marché aux grains de cette partie do l'arrondissement de Tulle, ses foires et ses marchés y attirent un concours considérable de cultivateurs et de fermiers des environs.

On trouve dans son voisinage des débris de constructions sur la Doustre.

Les armes d'Égletons sont : cchlqnctc, d'or ci d'azur, aiiàs : de gueules.

J1oustier-Vent.\dol'r. — >foustier-Ventadour est une commune agricole de 922 habitants, située dans le canton d'Égletons, à 5 kilomètres à l'est de celle dernière et à 37 kilomètres de Tulle. Elle est dans une région montagneuse, dominant un petit affluent de la Luzège. Elle doit son nom à un ancien prieuré qu'y fonda, au xii" siècle, un vicomte de Ventadour. A peu de distance, sur la cime d'une colline qui domine le cours de la Luzège, on voit les ruines de l'important château de Ventadour, qui, au moyen âge, était le rendez-vous des plus illustres chevaliers et des plus célèbres troubadours, parmi lesquels on cite : Guillaume d'Aquitaine, Ebles et Bernard de Ventadour. Ce dernier était fils d'un des serviteurs du château. Il fut admis à la cour d'Éléonore d'Aquitaine et à celle de Raymond V, comte de Toulouse ; on a de lui quelques tensons et environ oO canzoncs. Pétrarque le signale avec éloge. La vicomte de Ventadour avait été érigée en duchépairie par Henri III, en 1378.

Les armes de la maison de Ventadour étaient : échiqueté, d'or et de gueules.

\jK Roche-C.v.mllac. — La lloche-Canillac est un petit chef-lieu de canton, situé à 2y kilomètres au sud-est de Tulle, et qui compte 50o habitants. Il n'a

d'autre importance que celle que lui donnent les ruines de son ancien château, assis sur une colline qui domine les gorges pittoresques de la Doustre. Son donjon, très élevé, commandait au loin la campagne. Un de ses seigneurs, Guillaume de Canillac, prit part à la première croisade, en 1093, et à la seconde en 1148. Un de ses successeurs avait pris part à la ligue dos seigneurs du Limousin contre le roi d'Anglclerre, Henri H. En 1183, les Anglais s'emparèrent du château, dont ils détruisirent une partie des tours et des murailles. Il fut réparé ; mais, pris et repris pendant les guerres de religion, il futoiitièremeul ruiné sous Louis XIII.

Ussel (lat. 43°32'30"; long. G''l'41"0.). — Ussel [UselUs ou l'antique JJxellodunum, selon quelques savants [?]), chef-lieu d'un arrondissement et d'un canton, à 60 kilomètres au nord-est de Tulle, est une petite ville peuplée par 4,231 habitants, avec tribunal de 1''° instance, collège communal; station de la ligne du chemin de fer de Périgueux à Clermont par Brive, Tulle et Ussel. Elle dépendait autrefois du parlement de Bordeaux , de l'intendance de Limoges et avait le titre de duché-pairie. Située entre deux rivières, la Diège et la Sarsonne, elle était le chef-lieu du duché de Ventadour. Cette seigneurie, qui a eu pendanf longtemps le titre de vicomte, fut érigée, l'an 1330, en comté; l'an 1578, en duché simple, et l'an 1.389, en duché-pairie. Les lettres de cette dernière érection furent enregistrées le 24 janvier 1594.

Les vicomtes de Ventadour tiraient leur origine des vicomtes de Comborn. Archambaud, deuxième du nom, vicomte de Comborn, eut de Piolberge de Rochechouart, sa femme, trois enfants mâles et une fille; Èbles, l'un d'eux, fut le premier vicomte de Ventadour. Bernard, frère d'Èbles I", tua de sa propre main Èbles H, son neveu, et lui succéda en 1111. Après avoir joui longtemps du fruit de son crime, ce brigand féodal se retira au monastère de Cluny. Son fils fut surnommé Èbles le Chanteur. Il se distingua parmi les troubadours, et l'on raconte qu'il combla d'honneurs le fils d'un pauvre habitant de Ventadour, « à cause de ses belles et riches inventions en poésie. » Ce seigneur mourut en 1170, au Mont-Cassin, en revenant de la terre sainte. De son mariage aviec Agnès de MontIuçon, il avait eu un fils, qui lui succéda sous le nom d'Èbles III. Èbles IV épousa, vers l'an 1174, Sibylle de La Paye. Èbles VI épousa Dauphine de La Tour d'Auvergne.

Il fit le voyage d'outre-mer avec Alphonse, comte de Poitiers, frère de Louis IX. Èbles VU accompagna saint Louis dans la huitième croisade et fut fait chevalier devant Tunis.

Bernard, comte de Vcntadour, combattit à Poitiers à côté du roi Jean et fut fait prisonnier avec son fils (13oG) Rendu à la liberté, il ne sut point défendre son château contre les Anglais. En 1379, Geoffroy Tète-Noire, un des pillards qui tenaient pour le roi d'Angleterre, s'empara de Ventadour. « Le comte, dit Froissart, estoit ancien et simple prud'homme, qui plus est s'armoit, mais se tenoit tout coi en son castel. » Il se relira avec sa femme et ses enfants au château de Montpensier, en Auvergne. Geoffroy Tète-Noire mourut au château de Ventadour. Il remit à ses compagnons d'armes ce singulier testament : « Premièrement, je laisse à la chapelle de Saint-Georges, qui sied au clos de céans, pour les réparations et les réédifications, mille et cinq cents francs.

» Et après, m'amie, qui loyalement m'a servi, deux mille cinq cents francs.

» Item, aux valets de ma chambre, cinq cents francs.

» Et après, à Alain Houx, votre capitaine, quatre mille francs.

» Item, le surplus, je laisse et donne ainsi que vous dirai.

» Vous êtes tous, comme il me semble, environ trente compagnons d'un fait et d'une entreprise, et devez èlrc frères et d'une même alliance sans débats ni riotte, n'estrif entre vous. Tout ce que je vous ai dit, vous trouverez à l'arche. Si départirez le surplus entre vous bellement; et si ne pouvez être d'accord, et que le diable se mette entre vous, voilà une hache bonne et forte, et bien tranchante ; rompez l'arche, et puis en ait qui avoir pourra. »

Il ne faut pas s'étonner après cela que le souvenir de la guerre de Cent ans se soit maintenu parmi le peuple de ce canton, et que le patois du pays conserve le proverbe : « Méchant comme un Angly. «

Jacques de Ventadour, petit-fils de Bernard, fut fait prisonnier à la bataille d'Azincourt (1413). Il mourut en 1422 sans postérité. Son frère, Charles, lui succéda. Louis, fils de Charles, de son mariage avec Catherine de Beaufort, fille de Pierre, vicomte de Turenne, eut une fille unique, qui fut unie, en 1472, à Louis de Lévis, seigneur de La Voûte. Alors commença la seconde race des seigneurs de Ventadour. Gilbert 111 de Lévis-Ventadour épousa Ca-

therine de Montmorency, fille d'Anne, connétable de France. Cette maison a joué un rôle important dans l'histoire et à la cour.

A part son église, monument historique du xu° et du xv siècle, et quelques anciennes maisons à tourelles, l'ancien chef-lieu du duché de Ventadour, transformé en chef-lieu de saus-préfecture, ne possède aucun édifice remarquable. Le château a complètement disparu ; le monticule qu'il couronnait a été aplani pour recevoir une halle couverte.

Ussela été dévastée par plusieurs incendies (1358, 1404, 1472) ; des maladies épidémiques enlevèrent une partie de la population en 1438, en 1564 et en 1587. La peste de 1438 dura trois années.

« Ussel, dit M. Abel Hugo [France inttoresque, 1835), a été le théâtre, il y a environ un siècle, d'une mystification dont le souvenir est encore désagréable aux habitants. On raconte qu'un jeune espiègle, clerc de procureur à Clermont, vint visiter Ussel avec plusieurs amis, revêtus comme lui de costumes empruntés à la garde-robe de quelque théâtre; qu'il y fit une entrée triomphale, se donna et fut reconnu par le peuple et les autorités pour un prince grec, et qu'il s'y fit ainsi héberger pendant plusieurs mois. »

Ussel fabrique de grosses étoffes de laine, des toiles à voiles et des clous; elle possède des tanneries et fait un commerce assez important en bestiaux, chanvre, pelleterie, toile, cire, suif, bois, merrain, etc. Dans les environs, il y a des carrières de granit bleu.

Les armes d'Ussel sont : de gueules , à trois landes nndées dor.

BoRT. — Bort [Extrema Terminus), chef-lieu de canton peuplé de 3,092 habitants et situé à 29 kilomètres au sud-est d'Ussel, dans un joh vallon, près de la rive droite de la Dordogne, était jadis entouré de murailles dont il reste quelques ruines dans le quartier de Bessac. Il y avait autrefois dans celte ville un prieuré de Notre-Dame. Pendant les guerres de la Ligue, les habitants suivirent le parti de Henri IV. Le faubourg, que traverse la route d'Aurillac à Clermont, est séparé de la ville par la Dordogne.

Bort est la patrie de Marmontel, dont le buste s'élève sur la promenade. On y fabrique des toiles recherchées' dans tout le Midi. Il s'y fait un commerce assez important de toiles, grains, fromages, cire, porcs gras, chevaux, bœufs, merrain.

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peaux, etc. C'est l'entrepôt du Cantal et de la Coi-rèze.

Aux environs s'élève un rocher basaltique appelé les Orgues de Bort. Il est composé, dans sa partie supérieure, d'énormes prismes irréguliers de phonolithe compact, quelquefois poreux, souvent maculé et se délitant rarement en feuilles minces. Cette roche repose sur une roche de cailloux roulés et sur le gneiss; elle est généralement couverte de bruyères. Du sommet, l'on jouit d'un beau point de vue sur la Dordogne et sur les pays environnants. La partie ouest est surmontée d'une pyramide construite pour la triangulation de la France.

A 6 kilomètres de Bort est une cascade, le Saxit de la Sanle, formée par un petit affluent do la Dordogne. Marmontel la signale dans ses Mémoires. « Il ne lui manque, dit-il, pour être renommée que de plus fréquents spectateurs. » Cette cascade, au témoignage d'un ancien préfet de la Corrèze, est remarquable par le volume de ses eaux, par la hauteur de sa chute, et surtout par la forme des récifs qui encombrent le lit inférieur de la rivière. On y voit de nombreux contours plus ou moins profonds que la cascade a creusés à la longue dans les rochers. Au pied de la saillie actuelle, à 6 mètres environ au-dessus du gouffre où les eaux se précipitent, s'élève un de ces rochers dont le sommet a été ainsi creusé en forme de tonneau, ce qui l'a fait nommer plaisamment la Tribune aux harangues.

Les armes de Bort sont : d'or, au sautoir denché de gueules; — aliàs : d'azur, à trois bandes ondées d'or.

Mevmac. — Meymac, station de la ligne du chemin de fer de Périgueux à Clermont par Brive, Tulle et Ussel, au pied de la montagne du même nom et à l'abri du vent du nord, est une petite ville de 3,184 habitants, située à 17 kilomètres à l'ouest d'Ussel, dans une position très agréable, sur la Luzège, et chef-lieu de canton ; elle possède des filatures de laine , des fabriques de bas et fait un commerce de bœufs et de moutons. C'est une ville très ancienne; en 1085, Archambaud III, sire de Comborn , avait fait massacrer douze religieux de l'abbaye de Tulle. En expiation de son crime, il voulut fonder à Meymac une abbaye de l'ordre de Saint-Benoît. Gui, évèque de Limoges, fit la dédicace de l'église, qu'il soumit à l'abbaye d'Uzerche. On voit encore aujourd'hui une partie des bâtiments de cette abbaye , mais ils n'offrent que peu d'intérêt. L'église, rangée au nombre des monu-

ments historiques, est plus remarquable ; elle offre un porche du xi» siècle, et la nef, qui est sans bas cotés, se termine par trois absides polygonales. Aleymac avait obtenu des vicomtes de Pompadour une charte communale en 134d.

Dans les environs, il y a une mine de bismuth.

Les armes de Meymac sont : d'azur, à trois ])als ondes d'argent.

MiLLEVACUE. — Millevache est une petite commune de 3o3 habitants, située au pied du mont Odouze, à 27 kilomètres au nord-ouest dUssel et dans le canton de Sornac ; elle n'a d'autre importance que d'avoir donné son nom au plateau élevé (850 à 860 mètres) et désert qui sépare le bassin de la Garonne de celui de la Loire. La température, très basse en hiver, y est très variable en été.

Neuvic. — Neuvic {JVovus Vicus), malgré sa désignation moderne, date du moyen âge. Elle dépendait de la vicomte de Ventadour et obtint, au xui" siècle , une charte communale du vicomte Èbles III. Cette charte, qui fut confirmée par son successeur, affranchissait les habitants de toute servitude. On y voit des restes de ses anciennes fortifications; dans ses environs, l'église de Saint- Projet, ancienne abbatiale de dominicains, et les anciens châteaux ruinés de Chambon, qui appartenait au marquis de Eontanges, et de Pénacord, détruit à la Révolution.

Neuvic est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Ussel, à 25 kilomètres au sud de cette ville; sa population est de 3,274 habitants. Elle fabrique des poteries, fait un certain commerce de grains , possède de belles pépinières. Dans ses environs, au lieu dit les Plaines, il y a une ferme école qui a déjà rendu d'utiles services à l'agriculture régionale.

Saixt-A.ngel. — Saint-Angel est un petit bourg situe dans une position agréable, sur les bords de la Triousonne, à 9 kilomètres au sud-ouest d'Ussel. Elle est dominée par une belle église, qui dépendait d'un monastère fondé au ix» siècle par Roger, comte de Limoges, et qui eut pour protecteurs les seigneurs de Saint-Angel , dont le château était voisin. Le presbytère occupe l'emplacement d'un ancien prieuré qui était fortifié.

La population de Saint-Angel est de 1,506 habitants.

Brive (131.43° 9' 34"; long. 0°48' 16"0.).— Brive [Briva Curretia, Brivatensis Viens), chef-lieu d'un arrondissement communal et d'un canton, station de la grande ligne du chemin de fer de Paris-Limoges à Toulouse et de la ligne de Périgueux à Clermont par Prive, Tulle et Ussel, à 28 kilomètres au sud-ouest de Tulle, à 502 kilomètres de Paris, est une ville peuplée par 11,920 habitants, avec tribunal de 1" instance, tribunal de commerce, collège communal, petit séminaire, bibliothèque publique, etc.; elle dépendait autrefois du parlement de Bordeaux , du diocèse et de l'intendance de Limoges, et possédait présidial, élection, sénéchaussée et plusieurs couvents.

Brive, que l'on a appelée Brlve-la-Gaillarde à cause de son heureuse position, et peut-être aussi à cause de la vaillante défense qu'elle opposa toujours aux vicomtes de Turenne et aux barons de Malemort, est une ville ancienne qui doit son nom celtique à un pont sur la Corrèze; elle est située dans le joli vallon de la Corrèze , au milieu d'un bassin de prairies et de vergers, entre des coteaux chargés de vignes, d'un côté, et des collines boisées, de l'autre. C'est l'une des villes de France qui a le mieux conservé sa physionomie du moyen âge; cependant elle tend chaque jour à s'embellir, à se moderniser : de beaux boulevards, un beau pont sur la Corrèze, de nouveaux édifices publics, de jolies constructions, notamment dans la rue des Nobles, s'offrent aux regards du visiteur.

Brive disputait à Tulle l'honneur d'être la capitale du bas Limousin. C'est une ville d'une assez haute antiquité. Grégoire de Tours en fait mention en parlant de Gondovald, qui s'y fit proclamer roi. Ce Gondovald, fils naturel de Clotaire I", fut renié par son père, se retira en Italie auprès de l'eunuque Narsès et le suivit à Constantinople. Le duc Boson lui persuada de revenir en Gaule. Il débarqua à Marseille. Soutenu par Mummol, patrice de Bourgogne , et par Désidcrius , il marcha vers le Limousin et s'arrêta à Brive, où il fut élevé sur le pavois ; mais bientôt ses partisans le trahirent. Il se réfugia dans les murs de Saint-Bertrand-de-Comminges, y fut assiégé par Contran et précipité par ses soldats du haut d'un rocher. (Voyez l'article Saint-Bertrand-de-Comminges , département de la Haute-Garonne. )

Avant la Révolution, Brive était le siège d'un présidial, qui lui fut longtemps contesté par les habitants de Tulle.

L'église de Saint-.Martin, monument historique , est une ancienne abbaye sécularisée depuis plusieurs siècles. Au xvni" siècle, la collégiale était composée d'un prieur, de dix chanoines et de huit titulaires. La ville possédait, eu outre, trois communautés : celle des récollets, établie en 1613; celle des jacobins, fondée en 1261 : celle des cordeliers, fondée en 1227. Dans l'église des Cordeliers furent enterrés" plusieurs vicomtes de Turenne. Ayne ou Annet de La Tour, quatrième du nom, seigneur d'Oliergues, comte de Beaufort, vicomte de Turenne, mort le 26 janvier 1489, et Anne de Beaufort, sa femme , y reposaient dans le même tombeau. Antoine de La Tour, vicomte de Turenne, quatrième enfant mâle d'Annet IV et d'Anne de Beaufort, fut enseveli à côté d'eux. Il mourut le 14 février 1S27. Son père l'avait destiné à l'état ecclésiastique; mais telle n'était point sa vocation. Il mena une vie si dissolue, qu'Antoinette de Pons, sa femme, se vit forcée de se séparer de lui. Son testament offrit des marques authentiques de son incontinence; il fit des legs à quatorze enfants naturels qu'il avait eus de ses servantes. François de La Tour, deuxième du nom, fils du précédent, vicomte de Turenne, chevalier de l'ordre du roi, gouverneur de Gênes , de l'Ile-de-France , du château de Beauté-sur-Marne et du bois de Vincennes, lieutenant général du roi en son armée d'Italie, fut aussi enterré dans l'église des Cordeliers. «Il réunit en sa personne, suivant l'expression de Baluze, les deux sortes de noblesse qui ont été remarquées par les anciens, c'est-à-dire la noblesse du sang et la noblesse personnelle, qui est fille de la vertu. Il s'acquit une grande réputation dans son temps^ eut de grands emplois et de grandes charges et fut employé en diverses négociations importantes, le tout en considération de son mérite et de son savoirfaire. Il ajouta à ces grandes qualités une vie sans reproche et tint une conduite fort éloignée de la dissolution de son père. » Baluze rapporte que ce seigneur , n'ayant pas encore dix ans accomplis et suivant la cour du roi dont il était page, entreprit de copier un livre intitulé X Instruction d'un jeune prineepour se bien gouverner envers Diev, et le monde, et qu'il l'acheva avant sa onzième année. Ce livre , écrit et signé de la main de François de La Tour, fut longtemps conservé à Turenne. François II de La Tour mourut le 12 juillet 1532, à Villocher, en Bretagne. Son corps fut amené à Brive avec des honneurs magnifiques. « Il y avoit.dit Ba-

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luze, au-devant du cercueil cinquante pauvres habillés de deuil, avec chacun une lorchc à la main, aux armes du dérunt. Après marchoil le (ils de La Berlrandie portant les éperons dorés, monté sur un grand cheval housse do drap noir jusqu'aux paturons des pieds, avec une croix do futaine blanche, et le chaperon sur la tète dudil cheval , en sorte qu'on ne lui voyoit que les yeux. Après marchoit le fils du seigneur de Miramont, portant les gantelets, monte sur un autre grand cheval accoutré de même. Après marchoit le jeune Cornil du Quercy, portant le panon , monté sur un grand cheval housse de même. Après marchoit le seigneur de Ligonnes, portant le guidon. Après marchoit l'olTicier d'armes, portant l'écu dudit seigneur, sa cotte d'armes vêtue. Après marchoil le corps, et l'ordre du lloi sur un carreau de velours noir sur le corps. 11 y avoit sur chaque mulet de la litière un page habillé de deuil ; c'est assavoir le baron de Durfort et le petit-fils de La Bertrandie, une gaule noire à la main, couchée sur le bras gauche, le chaperon en la tète renversé, et autour quatre laquais habillés de même. Ils marchèrent en cet ordre jusqu'à Brive, où ils furent rencontrés par les syndics de Turenne avec vingt-quatre pauvres habillés de deuil, ayant chacun une torche à la main aux armes de Turenne; et quand ils furent au bout du pont, ils mirent le corps du défunt à terre, et là se trouvèrent les seigneurs en grand deuil , c'est-à-dire M. de Pompadour, mené par M. l'évèque de Tulle; M. de Ribeyrac, mené par M. l'évèque de Sarlat; M. de Mirambeau, mené par l'abbé de Saint-Chamans, accompagné de tous les parents et gentilshommes. Pareillement se trouva au bout du pont Al. l'évèque de Périgueux, accompagné des abbés, qui estoient tous habillés en pontifical avec les églises de Brive marchant en procession, ensemble tous les consuls et syndics de la vicomte marchant en son rang. Il se trouva à cet enterrement dix-neuf cents prêtres, qu'on avoit fait venir de toutes parts, lesquels furent récompensés comme ils le méritoient. 11 y eut aussi quatre mille neuf cent soixante-six pauvres auxquels on fit l'aumône. On compta plus de mille gentilshommes ou prélats et six cents hommes de cavalerie. »

Outre sa vieille église de Saint-Martin, Brive possède un bel hôpital, un ancien collège, deux doctrinaires et un petit séminaire dont l'architecture date en partie de la Renaissance, une tour en belvédère, que domine le clocher de Saint-.Martin, et

plusieurs maisons à tourelles des xv" et xvi" siècles.

Brive est la patrie du cardinal Dubois ; du maréchal Brune, auquel elle a érigé une statue en bronze ; du diplomate Treilhard cl de l'entomologiste Latreilic. On y fabrique des bougies, de l'huile de noix etdesétoffesde coton, et on exploite, dans les environs, des ardoisières; elle fait un commerce important de bois de construction, vins, marrons, châtaignes, moutarde, champignons en conserve, truffes, dindes et pâtés truffés, laines, bestiaux, porcs, etc.

Les armes de la ville sont : d'azur, à nexif épis de blé mis en trois fleurs de lis, i et 2.

Male.mout. — Malemorl, sur la rive droite de la Corrèze, à 4 kilomètres à l'est de Bjive, n'est plus cette place forte redoutable dont les seigneurs inquiétèrent si souvent les paisibles bourgeois de Brive; c'est un centre industriel de 1,175 habitants, où l'on trouve une filature de coton et une belle papeterie. Au-dessus du bourg, sur la colline, on voit quelques ruines de l'ancien château ; on en distingue aussi l'enceinte , au-dessous de laquelle régnaient de vastes souterrains. Le château fut détruit en 1413 par les habitants de Brive, qui en chassèrent les Anglais. Il fut plus tard remplacé par celui de Bréniges, dont une partie existe encore au bas de la colline. La baronnie de .Malemort fut vendue par les vicomtes de Turenne à la maison de Noailles, qui l'a possédée jusqft'en 1793. L'église de Malemort, placée de l'autre côté de la rivière, est du style roman; son portail offre de belles sculptures.

Le château de Malemort portait autrefois le nom de Beaufort; pendant les guerres du xv° siècle, il servit de retraite aux Brabançons, aventuriers introduits en France pendant la guerre contre les Anglais, qui pillaient et ravageaient tout le pays. Les seigneurs limousins prirent les armes, assaillirent les brigands dans leur repaire et en tuèrent plus de deux mille. Depuis ce temps, le château de Beaufort porta le nom de Malemort.

No.uu,ES. — Noailles, village de 567 habitants, situé à 10 kilomètres au nord de Brive, sur une hauteur et suf la route de Paris à Toulouse, est le berceau d'une de nos plus célèbres grandes familles de France. Le premier seigneur de Noailles suivit à la première croisade son suzerain, le premier vicomlede Turenne. Louis .\IV érigea, en 1ij63, le terre de Noailles en duché-prairie en faveur d'André de Noailles, premier capitaine de ses

gardes. La seigneurie do Noailles comprenait le comté d'Ayen, les cliûtellenies de Larche, de Mansac et de Terrasson. La famille de Noailles y possède encore un château , où le comte Alexis de Noailles avait réuni plusieurs objets d'art, des tableaux de maîtres et quelques antiquités. De la terrasse du chôleau , on voit de belles excavations dans une chaîne de rochers, les ruines du château de La Fage, résidence favorite du cardinal de Noailles, compatriote et contemporain du Dubois, mais qui sut se faire aimer et respecter par ses vertus : puis, au loin, un immense horizon couronné par le château de Pompadour, par les hauteurs d'.^yen et d'Yssandon.

La commune de Noailles produit du froment de bonne qualité, du vin passable et du bois de chauffage excellent.

Les armes de la famille de Noailles sont .• de gueules, à la lande cV or.

Ayen. — Ayen, chef-lieu de canton, à 28 kilomètres au nord-ouest de Brive, est un bourg de 1,330 habitants, assis sur le penchant d'une colline d'environ 400 mètres d'altitude, que l'on appelle le Puy d'Ayen. C'était autrefois le siège d'une châtellenie qui relevait primitivement des vicomtes de Limoges et de Ségur. Olivier de Lastours y fut tué en assiégeant le château, en 1181. Quelque temps après, les barons du Limousin y attaquèrent la garnison qu'y avait mise Richard Cœur de Lion et en chassèrent les Anglais, qui ne tardèrent pas à reprendre la place ; mais, peu de temps après, Jean Dupont, bourgeois de Limoges, les força de se rendre après une résistance de dix-sept jours. Ce château fut démoli en 1444, par ordre de Charles Yll.

La châtellenie ou comté d'Ayen passa plus tard entre les mains de la maison de Noailles, et, en 1737, elle fui érigée en duché en faveur de Louis de Noailles. Non loin du bourg se trouve le Temple d'Ayen, ancienne commanderie des templiers, qui, à l'extinction de leur ordre, passa aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Aux environs, il y a des mines de cuivre et de plomb argentifère.

Les armes de la maison d'Ayen sont : de gueules, à une bastide ou tour d'or.

Org.\.\c. — Orgnac, près de la rive gauche de la Loyre et à 35 kilomètres au nord de Brive, est situé dans un pays accidenté et boisé. C'est un village du canton de Vigeois, peuplé de 1,061 habi-

tants, dans les environs duquel était situé, sur un promontoire dominant la Vézère, le château de l'antique maison de Comborn, l'une des plus importantes du Limousin.

Le premier vicomte de Comborn connu dans l'histoire fut Archambaud, qui fut en môme temps vicomte de Turenne vers l'an 980. Il avait reçu le surnom de Jambe pourrie, à cause d'une blessure, qui ne se ferma jamais, qu'il avait reçue en assiégeant le château de Turenne ; on l'appelait aussi le Boucher, à cause de sa force athlétique et de sa cruauté. Après lui, ses vastes domaines se divisèrent en trois vicomtes : Comborn, Venladour et Turenne. Plus tard, de ces trois fiefs se démembrèrent ceux de Treignac, de Donzenac, de Beaumont et de Malemort. Les seigneurs de Treignac, dit M.Marvaud, furent presque tous cruels et ambitieux. Archambaud II, jaloux de son frère, l'assassina en 1033. Archambaud III, en expiation de ses attaques contre l'abbaye de Vigeois, fonda celle de Meymac en 1083. Èbles II, privé vie son héritage, se vengea en déshonorant publiquement la femme de son oncle Bernsrd. Celui-ci le poursuivit et le tua dans une embuscade près de l'église d'Estivaux. Archambaud IV fit crever les yeux aux barons de Malemort, ses ennemis. En 13.33, Orgnac fut occupé par les Anglais ; Aimery de Uochechouart et les habitants de Brive les en chassèrent.

Les armes des seigneurs de Comborn étaient : de gueules, à deux lions Icopardés d'or.

A 3 kilomètres au nord d'Orgnac et sur la commune de Beyssac est l'antique chartreuse du Glandier, fondée par un des premiers seigneurs de Comborn ; après la grande Révolution, ses bâtiments, un instant abandonnés, furent convertis en une usine métallurgique. Il dut à M'"" Lafarge une triste célébrité. Plus tard, une nouvelle colonie de religieux s'y est établie.

Beaulieu. — Beaulieu [Bdlus locus, Belloc, Belliiec), appelé aussi Beaulieu-sur-Ménoire, cheflieu de canton de 2,367 habitants, situé à 39 kilomètres au sud-est de Brive, sur la rive droite delà Dordogne et au pied d'une colline de 381 mètres d'altitude, doit son nom à sa situation agréable sur les bords d'une belle rivière , au pied de coteaux couverts de vignes, et son origine à une antique abbaye de bénédictins, fondée en 835 par Rodolphe de Turenne (saint Rodulfe), archevêque de Bourges, dans un obscur village du Li-

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