‹ La France industrielle en 1789Chapitre 13 sur 36 · RER · texte numérisé non relu

RER

le remboursement du champart et de la diîme, disaient les gens d'Etampes, on pourrait convertir les droits en une prestation en argent. Le propriétaire et le cultivateur y gagneraient. La récolte de ce dernier ne serait plus exposée à l'intempérie des saisons, comme elle l’est aujourd’hui, le cultivateur ne pouvant enlever ses grains avant que le receveur n'ait compté les gerbes, et il conserverait en outre les pailles et fourrages qui lui sont nécessaires pour l’engrais de ses terres (4). »

La dime avait encore un grave inconvénient; comme elle se prélevait principalement sur les céréales, le clergé ne permettait pas qu'on dénaturät son fonds productif en introduisant les nouvelles cultures qui n’y étaient pas sujettes, comme la luzerne, et il contribuait à immobiliser dans la routine l’agriculture déjà paralysée par tant d’autres causes. D'ailleurs ces prélèvements en nature, la coutume ne s’y füt-elle pas formellement opposée, auraient par eux-mêmes empêché les paysans de songer aux cultures coûteuses et les auraient réduits à ne chercher que la plus grande somme de produits bruts obtenus avec la moindre avance.

Dans les provinces riches, le fermage avait pris la place du métayage ; mais les baux étaient de peu de durée : audelà de neuf ans, ils étaient frappés de surtaxes que nul ne se souciait de payer, el c'était un dommage pour la

(1) Cahier du Tiers-Etat, bailliage d’'Etampes, ch. 3, art. 3. Voir aussi le cahier de Mantes et Meulan, celui de Senlis, etc., dans la Collection générale des procès-verbaux , mémoires, lettres et autres pièces concernant les dép. à l'Ass. nat. de 1789, aux Archives de l'Empire,

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