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Il en existait aussi dans les provinces, à Lyon, à Bordeaux, en Flandre. Chamousset avait le premier en France, sans succès, il est vrai, essayé à plusieurs reprises de fonder, au xvir° siècle, une maison d'association et des compagnies d'assurances pour la santé, fondéès sur les données régulières du calcul des probabilités (4).
Dans ces-faibles débuts était le germe d’une des institutions les plus efficaces que la prévoyance puisse opposer aux progrès du prolétariat. Mais le germe n'avait pas encore fructifié. | à
La solitude des onvriers vivant à l'écart au-dessous de l'échafaudage des priviléges, contribuait à entretenir leur malveillance, à leur faire prendre pour des réalités les chimères qui flattaient leurs désirs; leur silence ne prouvait pas leur résignation. Déjà pénétraient dans leurs imaginations ardentes ces théories que leur soufflent quelquefois des avocats complaisants, mais qui le plus souvent naissent spontanément du sentiment de la privation à la vue des jouissances d'autrui. À Lyon, ils eurent la parole; à Paris, où le mode de convocation les laissa, comme presque partout, en dehors des assemblées primaires, ils exhalèrent leurs plaintes par des brochures, et n'en furent que plus hardis dans l'expression. Dans le cahier des pauvres, ils formulent en ces termes leurs principales exigences :
« 1° Que les salaires ne soient plus aussi froidement calculés d’après les maximes meurtrières d’un luxe effréné ou d’une cupidité insatiable ; cs
« 2° Que la conservation de l’homme laborieux et utile,
(1) Emile Laurent, T. I, p. 264 et 265.
ne soit pas pour la constitution un objet moins sacré que la propriété du riche;
« 3° Qu'aucun homme laborieux et utile ne puisse être incertain de sa subsistance dans toute l'étendue de l’empire. »
Dans Îes quatre cris d'un patriote, ils font entendre les menaces brutales de la faim contre l'édifice de liberté que doit construire l'assemblée.
« Que servira une constitution sage à un peuple de squelettes qu’aura décharnés la faim? Il faut vite ouvrir des ateliers, fixer une paie-aux ouvriers, forcer le riche d'employer les bras de ses concitoyens que son luxe dévore... nourrir le peuple... Garantir les propriétaires de l'insurrection terrible et peu éloignée de 20 milhons d'indigents sans propriété. » (
Il semble que l'on entende déjà gronder l’émeute en guenilles qui ira demander du pain à Versailles ou qui viendra, en poussant le même cri, étoufler les derniers restes de la liberté dans la Convention décimée. « Quand je vois, disait alors le père Duchène, des hommes manger en un seul repas ce qui suflirait à la subsistance de dix familles dans un an, cela me f...âche, et beaucoup. » | :
Le sac de la manufacture de Réveillon est le prélude de ces tristes scènes. populaires. La conciliation si désirable du patron et de l’ouvrier est de tout temps un des problèmes sociaux les plus difficiles; mais les barrières que le régime des corporations et des priviléges mettait entre eux, n'étaient assurément pas le moyen de le résoudre.
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