‹ La France industrielleChapitre 101 sur 170 · FILATURE DU LIN, DU CHANVRE, DU JUTE. -^ CORDES ET CORDAGES · texte numérisé non relu

FILATURE DU LIN, DU CHANVRE, DU JUTE. -^ CORDES ET CORDAGES

Le lin, plante originaire de TAsie, est cultivé depuis la plus haute titiquité pour fournir à riionime des fibres capables d'être trans- >nnées en fils destinés à la fabrication des tissus. Il peut être consiéré comme formé d'un tube ligneux enveloppé par une écorce dont ^parties constituent la fibre textile : les couches utilisables de cette corce sont désignées par les botanistes sous le nom de liber; les bres qui les forment sont soudées entre elles et au tube central par ne matière gommo-rcsineuse. La hauteur du lin va jusqu'à 80 centimètres. La culture de cette plante est très-développée en Europe; la Russie est le pays qui en produit le phis, la Belgique celui qui fournit 'S qualités les plus belles. En France, les départements du Nord et € l'Ouest livrent à l'industrie une quantité considérable de lins estimés, raais inférieurs aux belles qualités des lins belges. L'Algérie a rit depuis quelques années de grands progrès dans la production du n, qu'elle cultive surtout pour recueillir la graine dont on extrait une uile souvent employée dans l'industrie. Il est à espérer que cette ulture se perfectionnera et que notre colonie pourra bientôt contriuerpour une large part à l'approvisionnement du marché français, 'ous citerons aussi les lins d'Irlande, qui sont très-recherchés.

Lorsque le lin est mûr, il est arraché par des femmes qui saissisent ne poignée de tiges, tirent obliquement sur elles et les enlèvent avec îurs racines. Quand la plante est arrachée du sol, on la laisse sécher.

Ce séchage ou fenaison se fait à l'air ; ou bien on étend les bottes urle sol en ayant soin de les retourner de temps en temps ; ou bien, e qui vaut mieux, on dispose les tiges obliquement l'une contre ^utre de manière à former une espèce de toit au-dessous duquel air peut circuler : c'est ce qui s'appelle cahoter le lin (fig. 230).

Quand le lin est sec, on l'égrène en le battant ou en passant Textréûité des bottes dans une espèce de peigne nommé dregeoir^ qui fait

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tomber la graine. Il faut ensuite séparer la partie textile oa filiUM,<ifi se compose de Gbres réiiÈiietî parla matière {tommeiise et soudtejpr elle au tube ligneux que l'on dc^signe sous le nom de chènewllt. Celte séparation de la clièi>e\ottL' et de la filasse e^t, en gi'nérd, exécutée dans les campagnes et comporte trois opéralinns : le nu» sage, le macquage ou maiUoge et le teillage ou écanguage.

Le rouissage a pour but de débarrasser te lin de la matière gomiDOM dont nous avons parlé. Il se pratique par deux procédés principam:

le ntuissagc à lu rosée ou rosage et le rmimage à / laii, La pn mélliode consiste h étaler le liu sur le sol et à le laisser eiposé^ l'action de la pluie ou de la rosée ; peu à peu s'établit une fcrmait»tion qui a pour effet de transformer les parties gommcuses et de i^ truire l'adhérenre qu'elles établissent entre les (îbres. Ce procèclée' long : il dure en moyenne de trente à quarante jours, pendant Icsiju*'* oudoit retourner le lin de temps en temps avec des gaules; il aiicplu' l'inconvénient de dépendre de l'état de l'atmosphère et d'exiger df* arrosages quand il ne pleut pas. 11 Tonmit les lins gris.

Le rouissage à l'eau est préférable et plus généralement pratiqua' il consiste h immerger, dans l'eau d'un rui««eau, d'un étang ou Jf foàses appelées routoirs, le lin que l'on veut rouir. On emploie m"*

întdes caisses à claire-voie, que Ton immerge après y avoir enferléles tiges. La fermentation s'établit et produit des gaz qui rendent eau fétide. Le rouissage à l'eau courante donne des lins jaunâtres, lie rouissage à l'eau stagnante des lins grisâtres. Quand les fibres îuveut se détacher d'un bout à l'autre, ce qui a lieu en moyenne au )utde quinze jours, on retire la plante de l'eau et on la fait sécher à lir soit en la cahotant, ce qui donne les lins verts, soit en l'étalant r le sol, ce qui fournit les lins blancs; elle subit alors une espèce de sage qui la blanchit. Quelquefois le lin est séché dans un haloir^ ist-à-dire dans une pièce où l'on élève la température d'abord à , puis à A5 degrés.

Lorsqu'on veut avoir des produits de qualité sup<jrieure, on rouit plusieurs fois, c'est-à-dire qu'on interrompt le rouissage par des shages; on empêche ainsi la fermentation de donner naissance à des bstances qui attaqueraient la filasse et la rendraient plus ou moins lonneuse.

On a essayé des procédés plus expéditifs en employant, soit de m chaude, soit des agents chimiques différents; ils n'ont pas oore donné des résultats assez satisfaisants pour passer dans la pra- [ue d'une manière générale.

Après le rouissage, il faut réduire la partie ligneuse intérieure ou inevotte en fragments plus ou moins petits, capables d'être séparés 08 facilement de la filasse : c'est le but du macquage ou maillage^ li s'exécute de plusieurs manières. Les outils le plus généralement nployrs sont la broie et les machines à cylindres cannelés. La broie se [compose d'une pièce de bois fixe, à l'extrémité de lalelle s'articule une planche mobile et munie d'un manche; Tenîmble peut être comparé à une grande paire de ciseaux dont Tune 3s branches serait fixe. Le Un est placé sur le bord de la branche fixe battu par la branche mobile, à laquelle l'ouvrier donne un raouveent de va-et-vient. La figure 231 représente une broie perfectionnée, i le lin est broyé entre plusieurs planches à la fois. Cet appareil trèsidimentaire est avantageusement remplacé par une machine à trois lindres, cannelés, entre lesquels on engage le lin (fig. 232) ; la lènevotte est broyée par le passage des tiges entre les cannelures. Le teillage succède au macquage ; il a pour but de commencer la paration des fibres textiles et de dégager les fragments de chène- >tte produits par le broyage ; il se fait à la main ou mécaniquement, ms le premier cas, l'ouvrier, tenant de la main gauche une poignée I lin, la passe en partie à travers une fente pratiquée dans une anche verticale, et de la main droite armée d'un outil en forme de

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palelte (écangtic), il bal la partie des liges qui di-passe la fente. ( il les a n'daites en filasse, il retourne la boite et recominenceroi lion sur l'extrémité qu'il tenait tout à l'beure de la main gaudie.fl travail s'exécute plus rapidement avec la macliine à tniller que n'prt- 1

sente lu n^ure 233, ei qui se comimsed'écangtie? montées à l'exlrtiuiti des rajuns d'une prandc rone mise en motivemont rapide de rolatJM.

Telles sont les opi^rations qui se font en gi^néral dans les Mmpagnes, sur les lieux de production ; on peut admettre qu'approiinHtivement lOOlvilogramraes de lin donnent 75 i\ 80 kilogramme? de lin roui sec et que ceux-ci roiirnissent 10 k 18 kilogrammes de lin teille. L'importance du déchet que subît la matière première euplîin* qu'il y a intérêt à efTecluer ce travail dans les campagnes pour diminuer les frais de transport.

Le lin teilIé est mis en bottes et expédié aux rit»teurs.

Le lin e^t de toutes les fibres textiles celle qui a élé le plus longtemps filée pnries anciens procédés do la quenouille et du muct(i) :

(t^ Un ijiK'iiouiMf, <|m fui cmpluyi^e iJi; loiil («'mjis au ni.i^, oU une bagu«U« da tMi>

18 de trente années s'étaient écoulées depuis l'invention, en Anglele, du filage mécanique du coton ; la laine se filait aussi mécaniquemt depuis longtemps; le lin seul avait résisté à toute innovation.

ipolûûn 1", frappé du développement de l'industrie cotonnière en nglelerre, voulut créer en France une industrie rivale et dérréta, le mailSlO : n qu'un prix d'un million de francs serait accordé h inwnteur, de quelque nation qu'il puisse être, de la meilleure «hine propre à Hier le lin i .

Ce fut un Français, Philippe de Girard, qui répondit le premier h.

' b Ueiisc lient sous le brai en fixant l'uno des pxlrvmitr'-» dans ta ceinture; à t'nulrc 'rtnilf cit p\acé le lin peigné. La fllfuso tire qui'ligiivs brins ilc la niuane sniis ccpentlant *D Elire snrtir coinplélcincnt ri lui atlarljc ik une pclîtr trgc iln lioii apprli^e futew, ■iBirun de «m bouts d'une rainure rnïpirali:; puis prenant le rnwaii entre les doigts. ' hi imprime ua mouvement rapide de rotatini) et l'aliandomie i lui-mitme. Les brins liinlHit, et, pendant que le f'.iseau tnumr et qu'il pend an-dcsMu« de la qui-noiiillu, cWa 'pnàpeu sortir de nouveaux brins qui restent alliiclics aux premiers et se tordent à ' uiie. Le fil ainsi formé gXina dnns la rainure et le Tuseau descend ; la lileuse enroule Mito sur lui le fil fabriqué et reramnience ro|iération.

'•'incnlion du rouet fut d^ji un notable perrectionncmenl ilu procéda ai primitir qup u Tenons de décnro; on y troutcro le germe des machines qui runctionncnt aujounl'liui U noi Qlaturei. Cnc bobine percée d'un trou suivant son nxc est placée sur une tijic lio- "oUle de fer, ou fuseau, munie d'aileltcs analogues ik celles des métiers i filor. Ce Àtsoau rapide da rotatiau par Vintermédiairc d'une corde qui paise sur une

rogé transporta, en 1816, ses procèdes et sl-s nuicliiiies dans It tiire impériale d'Histenberg» en Autriche, piiis, en 1819, à nhemniU en Saxe. Plus tard son invention était, à son insu, appliquée en Atiplfterre, où la filature mécaniqtte s'établissait en prand de 18"20 à 182i. Aussi les Anglais s'atlrîbuèrenl-ils !e mérite de cette nouvelle industrie. Mais justice a été rendueà Philippe de Girard : dès 18i0,le

fntndn roue que la fileuso tait tourner, su Pcnilanl que la machine taurac, l'aurrièrc qui le torif fl l'pnroule sur la bobinr.

Ces procédé* Turenl longtemps les seuls employés i la bbricalion des (II* ilwtlat* i li conreclion des vftcmenU, et pendant Un longues vcilléei d'hiver, dm grud'intra t* réuntis*ien( pour Hier en ilevîunl. Il ; a qaelques jour*, lu milieu d*uoe et«urMOi àMB les DionlagncB du mon! Dore, je rencunlrnj une vieilli? Temme qui, en pvdani !«• niail la laine à la quenouille. J'apprerais d'elle que c'était encore ainsi que te t les nu emplojjs à la conreetion des vitemenls des monlagnanja; qne ce» (Ils étaieol du lis la niMilâgne i qiirlqi es tisserands qi' '

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