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CHAPITRE Vil

ABRICATION DES ÉPINGLES, DES AIGUILLES, DES BOUTONS, DES BROSSES DES PEIGNES, DES BIJOUX ET DES ÉVENTAILS

FAKRICATION DES ÉPINGLES.

La fabrication des épingles a pour centre, en France, Laigle, Ruç^les et ses environs. La description des procédés de cette industrie vu lous montrer la fécondité du principe de la division du.travail et nous prouver que, lorsque la fabrication d'un objet exige plusieurs opéraàons distinctes, il est bon de les faire exécuter par des ouvriers différents. Chacun d'eux répétant toujours la même opération y acquiert tiientôt une habileté et une dextérité dont il serait incapable, s'il devait es exécuter toutes successivement.

Les épingles sont faites ordinairement en fil de laiton, qu'on étame Xprès fabrication.

La confection d'une épingle comporte quatorze opérations successives :

l** Dressage du fil , — Le fil de laiton qui sert à la fabrication des épingles, étant livré à l'ouvrier à l'état d'écheveau circulaire, doit d'abord être dressé. Pour cela, après l'avoir placé sur un dévidoir, l'ouvrier engage le fil entre les clous d'un outil appelé engin^ en saisit l'extrémité avec des tenailles, et le tire en courant sur une longueur le 10 mètres environ ; le fil se dévide et se redresse en passant entre es clous de l'engin ; l'ouvrier revient alors, coupe le fil et recomnence l'opération .

Lorsqu'il a dressé une botte de 10 à 15 kilogr., ce qui s'appelle w«c tressée j il la découpe à la cisaille par morceaux ou tronçons^ capables le donner chacun trois ou quatre épingles.

2» Empointage. — Un ouvrier nommé empoinieur est ensuite

5t0 LNDUSTRIES DU VÊTEMENT ET DE LA TOILETTE.

chargé de rendre pointues les extrémités des tronçons, opération qui se fait sur des meules de fer ou d'acier.

3° Découpage, — Les tronçons sont coupés à la cisaiUe en morceaux de longueur égale à celle que doivent avoir les épingles ; les morceaui provenant de la région intermédiaire du tronçon n'ont pas de pointes et doivent être rendus à l'empointeur. On appelle A^in^es les morceau coupés à longueur d'épingle.

4° Confection de la tète. — La tôte des épingles se fait avec un tortillon de fil de laiton. Un fil plus fin que celui qui constitue l'épingle est à cet effet enroulé en hélice sur une broche à l'aide d'un petit rouet.

5° Coupe des têtes. — L'ouvrier prend dans la main une douzaine des hélices ainsi obtenues et les présente ensemble à l'action d une cisaille, qui les découpe en petits morceaux correspondant chacun à deux spires de l'hélice. Chaque morceau servira à faire une tôte.

6° Recuite des têtes, — Les têtes sont recuites en les faisant rougir dans une cuiller de fer, puis en les trempant dans l'eau froide. Cette trempe produit sur le cuivre un effet contraire à celui qu'elle a sur l'acier : elle le ramollit et rend l'opération suivante plus facile.

7° Frappage de la tête, — L'ouvrière chargée de façonner la tète est appelée têtière. Elle a devant elle trois écuelles en bois, dont Tune renferme les hayises erapointées, une autre les têtes, et la troisième sert à mettre les épingles faites. D'une m&in elle enfile, sans les regarder, les épingles dans les têtes, puis de l'autre main place l'épingle sur une petite enclume munie d'une rigole destinée h loger le corps de l'épingle et d'une cavité hémisphérique qui reçoit la tète. Sur cette enclume peut s'abattre un outil nommé mouton^ qui se compose d'un poids assez lourd surmontant une petite matrice en acier présentant une cavité hémisphérique correspondant à celle de l'enclume. Le mouton est suspendu à une corde, qui passe sur une poulie et se termine par un étrier dans lequel l'ouvrière met le pied ; lorsqu'elle appuie sur l'étrier, la matrice est maintenue en l'air; lorsqu'elle soulève le pied, le mouton glisse verticalement entre deux montants qui le gliident et tombe avec ferce sur Tenclume; la tête de l'épingle, se trouvant comprimée dans les deui cavités hémisphériques, se soude mécaniquement à la hanse ; l'ouvrière doit donner cinq ou six coups de mouton pour la confection d'une tête, en ayant soin de tourner l'épingle sur elle-même pour frapper la tète de tous côtés.

9^" Décapage des épingles. — Les épingles en sortant des mains es têtières sont noires ; on les décape en les faisant bouillir dans de t lie de vin ou dans la dissolution d'un sel connu sous le nom de rème de tartre,

^ Etamage. — Les épingles doivent ensuite être étamées, ce qui 3 &it en les plaçant sur le fond de bassines en étain, qui sont trèsea profondes et que Ton empile dans une chaudière contenant une îssolution de crème de tartre. L'ébuUition détermine la formation *un sel d'étain, qui est ensuite décomposé par le cuivre des épinles et laisse déposer à leur surface une couche très-mince d'étain. nies sont ensuite lavées à Teau fraîche et claire : ce qui s'appelle les Éeindre,

IV Séchage et polissage, — On les sèche ensuite et on les polit ans du son renfermé dans un tonneau qui tourne autour de son axe.

11" Vannage, — On les sépare du son au moyen d'un ventilateur V d'un vannage sur un van à blé.

i2!* Piquage des papiers, — Le piquage du papier sur lequel on 'lace les épingles, est pratiqué à l'aide d'un peigne à dents très-effi- 5e8, dont on fait entrer les pointes dans le papier au moyen d'un oupde marteau frappé sur le peigne.

13* Boulage. — C'est la dernière opération ; elle consiste à mettre Bs épingles dans les trous du papier.

Les épingles noires sont faites en fer ou en acier que l'on recouvre le vernis noir.

La fabrication des épingles a reçu dans ces dernières années d'imlortants perfectionnements. M. Henri Cribler de Viroflay a importé en ^rance des machines, d'origine anglaise, qui fabriquent les épingles lans des conditions bien meilleures que celles que peut atteindre la abrication à la main. Ces machines, qui ont été améliorées par I. Cribier, sont au nombre de trois : la machine à faire les pointes, a machine à faire les têtes, et enfin la machine qui fait le piquage t le boutage; cette dernière est appelée machine à bouter. Nous les lécrirons successivement, au moins quant à leurs organes princi* taux.

Le fil de cuivre amené au diamètre voulu est enroulé sur une bobine B(fig. 812) , puis il s'engage entre huit clous verticaux plantés ior une plate-forme horizontale E fixe ; c'est par le passage entre ces îkMis que le fil se dresse et devient rectiligne. A sa sortie, il entre lans une pièce M animée d'un mouvement alternatif d'avant en urlère. A un moment donné, il s'y trouve serré, et la pièce M mar-

512 INOUSiniES DU VÊTEMENT ET DE t.A TOn.FTTB.

chant d'avant en arrière engage le bout de Gl dans les encoches o[i{ici-l sées e, e\ e' de deux rbnes A qui sont animées d'un moutemenldil rotation. A ce moment nu couteau G s'abat et coupe une longueurki fil égale à celle qui doit servir à la coufeclion d'une épingle. Puisla roues tournant entialnent avec elles ce tronçon de fil. Peiidanlet temps la pièce M est retournée en arrière en glissant le long' du 13, 1 qu'elle va bientôt entraîner d'avant en arrière, pour venir pré de nouveau à l'action du cou tenu l'extrémité du fil.

On comprend que par ce mouvement la roue se trouve garniedf tronçons de fil; ils sont maintenus sur elle par une espèce de frein, qui enveloppe la roue duns toute la partie (>arnie de tronçons. U rotation des roues amène alors l'une des extrémités de cej» moreeiui de fil au contact de deux organes F', F" en acier, striés et appdci fraises. Ces fraises tournent, font tourner les morceaux de fil mumémes et les appointent. Une dernière fraise F acbèvc d'appointer l'extrémité de l'épingle.

Il faut maintenant que les roues se débarrassent des ^pinglei; pour cela la rotation les amène au niveau d'une boite H que Vnu t figurée ouverte et qui porte une fente à sa partie inftTieure. Le ff«ii qui soutient les épingles entre dans la botte d'où on le voit sortir eti&i les épingles abandonnées par la roue restent dans la boite, où on Ici recueille avec une lame métallique S.

FABRICATION ItES ÉPINGLES. ->i3

La machine à faire les tâtes se compose d'une belle R (Qg. 313) , qui reçoit les épingles sortant de la madiinc précédente. Cette boite n'a pas de fond et se trouve au-dessus d'une roue A munie aussi d'encoches. Les épingles tombent dans ces encoches, sont entraînées |nrle mouvement de rotation delà roue .\, et sont amenées au ni\eau d'un levier L; ce levier, qui se meut d'un mouvement filternatif, porto ft son extrémité une espèce de pince qui saisit l'épingle, pendant cp'une pièce ;) s'avance pour en recevoir la pointe. A ce moment une espèce de marteau M, muni sur sa face antérieure d'une petite

Fie. 313. — Miicliinc à faire le» Wl<*a.

cavité, vient frapper sur l'extrémité de l'épingle et la télé se trouve feile par l'écrasement du métal pris entre cette cavité et les bords de la pince. Bientôt après l'épingle se dégage et toml>e dans un panier P par une rigole r, pour faire place à celle qui la suivait sur la roue A.

Les épingles sont ensuite étnmées, séchées et polies, puis livrées ;i U machine à bouter que représente la figure 31i. Les épingles placées dans la sébile D sont poussées par l'ouvrière sur une plate-forme indinée G que l'on peut comparer à un gril. Cette plate-forme présente quarante fentes d'une largeur telle que le corps de l'épingle peut s'y engager la pointe en bas, mais se trouve retenu par la tète qui est trop grosse pour pouvoir passer & travers les fentes. L'ouvrière, ù

Sti INDUSmiES Dri VÊTEMENT ET DE L\ TOILETTE,

l'aide d'une brosse b, force les épingles à s'engager dans les femw On a ainsi quarante rangées d'épingles qui pendent la [loinle rit Ui Ces rangées glissent le long de la fente de la plale-furmc flqu» rante épingles viennent se présenter à la fois à l'exlréniitr' ileffti plaie- forme. Ace moment, un organe P se soulève par l'^iftii

balancier BB' : les épingles sont alors au-dessus d'une bande en ^p F que l'ouvrière fait glisser sur une plate-forme/). Cette bande de pier se trouve rabattue et plissée de deux plis entre le gril G et /). . ce moment la pièce P redescend et poussant les épingles par la léte! force à entrer par rangées de quarante dans les deui plis àe feuille de papier.

FABRICATION DES AIGUILLES A COt'DHE.

L'Angleterre et la Prusse se partagent le monopole de la ùbrin tion des aiguilles à coudre. Cette industrie est peu développa' France ; la ville de Laigle est le seul centre de produclion de oet tfi de et elle n'arrive point h le produire dans d'aussi bonnes condif»

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