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ÉBÉNISTERIE

Lorsque les maisons sont construites et décorées, on les garnit de meubles destinés à en rendre l'habitation plus confortable. La fabrication des meubles fait l'objet de l'ébénisterie, industrie qui s'exerce dans toute la France, mais qui a son centre le plus importante Paris, oîi elle occupe presque toute la population du faubourg Saint- Antoine.

Le bois est, par excellence, la matière convenable à la fabrication des meubles, et quoiqu'on se serve souvent aussi d'autres matières (ivoire, nacre, métaux), c'est lui qui peut être considéré comme fo^ mant toujours la partie principale des objets d'ébénisterie. Indéjiendamment de la beauté de leurs teintes, de leurs veinures, de l'éclat qu'ils acquièrent par le polissa|[^e et le vernissage, les bois d'ébénisterie ont surtout le mérite de se travailler avec facilité et de se prêter aux formes élégantes qu'on veut leur donner.

L'ébénisterie emploie à la fois les bois de pays, comme le chêne, le poirier, le noyer, et les bois exotiques, comme l'acajou, l'ébone, le palissandre et le tuya. Les bois exotiques étant d'un prix élevé, on a vulgarisé leur emploi par le placage^ c'est-à-dire en construisant le? meubles avec du bois de pays et en appliquant à leur surface une lame très-mince de bois exotique.

Les différentes manières de façonner le bois suivant des formes voulues ont nécessairement une relation intime avec les formes décoratives qui sont le plus souvent employées. Nous distinguerons : l' le travail à la scie et au rabot, qui permet de produire toutes les «surfaces, dites en géométrie, à génératrices rectilignes, c'est-à-dire que l'on peut obtenir par le mouvement d'une ligne droite : les moulures piir exemple; 2** le travail au tour, qui permet d'obtenir les surfaces sph»*riques, cylindriques et coniques; 3° enfin le travail au ciseau j qui, dans les mains du sculpteur, xient ajouter à l'élégance des meubles «le luxe toutes les ressources de la sculpture décorative.

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-*es différentes pièces d'un meuble, quand leurs contours et leur ne ont été déterminés, doivent être assemblées^ et c'est ici que se sente une différence essentielle entre la menuiserie et Tébénisterie. béniste ne se sert jamais ni de clous, ni de chevilles pour fixer ses îroblages, mais toujours de la colle forte; indépendamment des îmblages à plats joints, à tenons et mortaises, il emploie sout aussi, pour les tiroirs par exemple, l'assemblage à queue d'aronde i'hironde, que représente la figure 346.

)uand les différentes pièces d'un meuble sont préparées, et que, es avec du bois de 'pays, elles sont destinées à être recouvertes avec feuilles minces de bois exotique, on procède au placage. Les ailles de placage peuvent être faites avec la scie ordinaire, mais on iploîe ordinairement des machines spéciales, qui opèrent avec plus rapidité, d'économie et donnent des lames de bois plus minces. )iis citeroijs celles de M. Garaud. Tantôt ces machines sont dispoesde manière à couper le bois à plat, c'est-à-dire à diviser une inche en lames planes et plus minces. Tantôt elles le découpent •culairement : l'arbre étant animé d'un mouvement de rotation au- «de- son axe, l'outil de la machine reçoit un mouvement de va-etint qui découpe le bois en feuilles circulaires, de telle sorte qu'après lécoupage le morceau de bois n'est plus qu'un rouleau de feuilles ; produit journellement des feuilles de 2 mètres de largeur sur 10 très de long.

jes feuilles de placage s'appliquent à la surface des bois par quatre cédés différents :

l* Au marteau, — Cette méthode est surtout employée pour les ties plates. Après avoir passé à la surface du bois à plaquer, ou /, un rabot à dents dit brette^ qui rend cette surface rugueuse et la dispose à recevoir la colle, on encolle le bAti et l'on applique le plae. Puis, à l'aide d'un marteau de forme spéciale, on appuie en rait sur la feuille de placage et en poussant toujours l'outil en avant . 355). La main droite tient le marteau, et la main gauche, apant sur le bois, doit toujours contrarier l'effet de la main droite r empêcher la feuille de glisser. De cette manière on détermine hérence delà feuille, et l'on repousse en avant l'excès de colle; à ure que celle-ci apparaît sur les bords, on l'essuie, afin de l'emlerde s'y fixer et de former un bourrelet solide qui s'opposerait à trtiede l'excès qui peut encore rester entre le bûti et la feuille. On K)uventobligé de mouiller extérieurement la feuille de placage pour trarier l'effet de la colle, qui tend à la faire voiler ou gondoler. md on s'aperçoit que la colle n'a pas pris en certains endroits.

56i INDUSTAIES DU LOGEMENT ET DE L' AMEUBLEMENT,

on y passe un fer chaud (fcr h plaquer) qui, amoUîssanl 1» permettra à une nouvelle action du marteau de déterminer 1' rence.

2° A la cale. — On comprend que le procédé que nous venou dikrire ne puisse s'appliquer au placage des parties courbes. Poi moulures, par exemple, on emploie la cale : c'est un morceau de offrant la contre-partie de la pièce à plaquer. On dunne k l,i

courbure nécessaire, soit à l'aide du fer, soit en lu mouillaîil ment d'un cûti! et en la chauffant de l'autre. On encolle, on posi feuille et l'on applique aii-dessus d'elle la cale que l'on a chauflïei maintenir la colle liquide pendant un temps suffisant, on serre le' avec des presses spéciales {fig. 35âi. Nous ajouterons que le plac8( la cale s'emploie trës-sDu\ent aussi pour les parties plaies.

5" Au sable. — Quand la moulure est trop conlouroée dan forme pour permettre l'emploi facile de la cale, on se sertdei remplis de sablecimud qui, pressés A l'aide de presses et de cales, cent la feuille à bien épouser les détails de la moulure (Og. X&&).

h' A la sangle. — Dans d'autres cas, ce moyen lui-même ne si plus. S'il s'agît, par exemple, de plaquer le cylindre d'uaMa||l

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