PORCELAINES, FAÏENCES, POTERIES COMMUNES, BRIQUES, ETC
On désigne sous le nom de céramique une industrie qui remonte aux temps les plus anciens, et qui consiste à utiliser certaines substances naturelles, comme les argiles, les feldspaths, le sable, à la fabrication de vases devant servir, soitanx usages de l'économie domestique, soit à rornementation de nos habitations. L'homme employa d'abord les argiles à la confection des vases destinés à recueillir les cendres des morts et à contenir les grains. Ils étaient façonnés à la main, et avaient assez de solidité pour pouvoir être transportés à quelque distance; mais ils ne résistaient pas à l'eau, dans laquelle la matière argileuse se délayait. Plus tard, les Grecs et les Romains, en soumettant ces vases à l'action d'une chaleur intense, augmentèrent leur solidité et leur résistance vis-à-vis de Teau. CiC grand progrès ne suffisait pas encore : les objets fabriqués en argile cuite sont poreux et absorbent les liquides; à partir du xu* siècle, on trouve des poteries recouvertes d'une substance vitrifiée, ou glaçure^ qui les rend imperméables : les villes de Schelestadt et de Pesaro se disputent le mérite de cette découverte. Le vernis plombeux, qui fut alors en usage, était incapable de cacher le ton rougeâtre de l'argile ; l'emploi de l'oxyde d'étain, en donnant l'opacité à la glaçure, réalisa un nouveau progrès, et l'industrie de la faïence se répandit en Italie, en Allemagne et en France, où les immortels travaux de Bernard Palissv créèrent tout un genre nouveau de poteries et de faïences émaillées.
La faïence, déjà si supérieure aux poteries anciennes, ne devait pas cependant marquer en céramique la dernière étape du progrès. Sa pâte est souvent colorée, opaque et plus ou moins tendre; ce sont là des défauts que ne présentaient pas les porcelaines de la Chine et du Japon, qui furent importées en Europe par les Portugais et par les Hollandais. On se mit à la recherche des procédés de fabrication em-
ployés par les Chinois, et, vers 1709, Bœttger découvraiten Saxe que le kaolin, argile très-pure provenant de la décomposition du silicate double d'alumine et de potasse appelé feldspath^ donne par la cuisson une poterie très-remarquable, dure et incolore : c'est la porcelaine. A partir de cette époque, cette industrie se développa rapidement, et elle est arrivée aujourd'hui à une haute perfection.
On divise les produits de la céramique en trois grandes classes: 1** les poteries « ;?d/e dure et translucide^ comme les différentes espèces de porcelaines ; 2* les poteries à pâte dure et opaque^ comme la faïence fine et les grès cérames; 3* les poteries à pâte tendre^ comme les poteries éraaillées (faïence commune), les poteries vernissées, les poteries lustrées, les terres cuites, les briques, les tuiles, etc.
Les matériaux qui entrent dans la composition des pâtes nous sont, pour la plupart fournis par la nature ; il y en a de deux espèces principales :les uns communiquent à la pâte la plasticité qui permettra de la façonner et de lui donner les formes les plus variées : ce sont les argiles; les autres, appelés substances rfé^'^râw^sayi/es ou antiplastiques, sont destinés à enlever à l'argile l'excès de plasticité qu'elle a quelquefois, h diminuer le retrait de la matière à la cuisson, à d'erapècher le fendillement qui en résulterait. Les principales espèces d'argiles sont : les argiles plastiques et fiqidines^ qui entrent dans la composition des grès cérames fins et conjmuns; les kaolins^ qui forment la base des pâtes à porcelaine ; les argiles marneuses^ employée? dans la fabrication des faïences; les marnes argileuses {{'àiencQ^^xit^), les marnes calcaires (faïences communes). Quant aux matières dégraissantes, elles sont beaucoup plus nombreuses : telles sontlequarlz (porcelaines dures), le sable (porcelaines dures, terres cuites, briques), le feldspath (porcelaines dites parian)^ la pegmatite (porcelaine dure), le ciment (terres cuites en général), la craie (porcelaines et faïences), le gypse ou sulfate de chaux (porcelaines), le sulfate de baryte igrî^ anglai^), etc., etc.
La fabrication de la porcelaine constitue pour la France l'objet d une industrie considérable, dont le centre principal est Limoges; c'est aux environs de cette ville, et principalement à Saint-Yrieix (Haute- Vienne), que se trouvent des carrières assez riches en kaolin pour alimenter tous les centres de fabrication, même la Belgique, Tltalieet l'Allemagne. Limoges emploie environ AOOO ouvriers. Cette ville fut longtemps le siège presque unique de l'industrie de la porcelaine; mais
PORCELAINE. 5()î)
ï peu on a été amené à penser qu'il y aurait économie à transir le kaolin dans d'autres contrées plus riches en combustible, > que le Berry ; des établissements importants "et organisés de la ière la plus large se fondèrent dans plusieurs départenjents du •e, à Vierzon, à Saint-Amand-Montrond, à Méhun-snr-Sèvre r), à Champroux (Allier), dans Toucst à Bayeux, dans le midi à t-Gaudens. Enfin, Paris étant le centre principal du commerce de ramique, des fabriques se sont /établies dans la >ille et dans ses ■ons, et c'est là surtout que s'est développé Tart de la décoration porcelaine. Le monde entier connaît les admirables produits de inufacture nationale de Sèvres.
s matières premières employées à la fabrication de la porcelaine le kaolin, un sable quartzcux et du feldspath : le kaolin constitue bstance plastique de la pâte à porcelaine, le sable quartzeux en i partie dégraissante, et le feldspath, en faisant éprouver à la porne au moment de sa cuisson un commencement de fusion, la translucide. A Sèvres on ajoute aussi de la craie de Bougival. natières premières doivent d'abord recevoir une pré{)aration. A >ges, ces préparations ne se font pas toutes dans les manufactures )rcelaine, mais dans des établissements spéciaux. Le kaolin subit >rd un lavage, qui a pour but de le débarrasser des grains de tz et des morceaux de feldspath qu'il renferme ; ces derniers lenteraient la fusibilité de la porcelaine. Il est délayé dans l'eau ité dans le liquide à l'aide de palettes; pendant cette agitation arties les plus grosses gagnent le fond de la cuve. La boue liquide écantée dans une seconde cuve où elle laisse déposer les grains petits de quartz et de feldspath, puis décantée une seconde lans une troisième cuve, où les eaux troubles séjournent penlongtemps et abandonnent tout le kaolin qu'elles tiennent en msion.
lant aux matières dégraissantes, le feldspath et le quartz, comme sont ordinairement en morceaux et non pas friables comme le n, elles doivent d'abord être concassées et réduites en poudre, faciliter ce concassage, on commence par les étojiuer^ c'est-à-dire laufler au rouge pour les projeter ensuite dans l'eau froide. Cette .tion de température a pour effet de produire un grand nombre jsures qui rendent la matière plus fragmentable; elle a déplus ntage de déterminer différentes colorations, qui facilitent l'éliition des parties ferrugineuses dont la présence nuirait plus à la blancheur de la porcelaine. Après cette calcination oîi asse et l'on pulvérise les substances dégraissantes à l'aide
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d'appareils diffcrents (bocards, cylindres canndés, moulins à verticales ou horizontales) ; la poudre obtenue est souvent passée i blutoir et toujours soumise à une lévigation et à un repos qui la barrassent des grains les moins fins. On mêle ensuite à Tétat humi la pâte de kaolin et celle de quartz ou de feldspath, et Ion s'effa de rendre le mélange aussi intime que possible ; puis on amène pâtes au degré de consistance voulue par Topération du resimgt du raffermhsage^ qui a pour effet de les dessécher. Celte dessiccal s obtient, soit par évaporation spontanée, soit en les chauffant, eu les abandonnant dans des caisses de pl&tre, dont les parois s(3rbent Teau, ou bien enfin en les comprimant dans des sacs de cirée.
Telles sont les opérations qui constituent la pré|>aration desp A leur arrivée dans les manufactures de porcelaine, elles sont mises à un nouveau traitement, le pétrissage^ dont le but de les rendre parfaitement homogènes : c'est la condition essenliï de toute bonne fabrication. En tiHe des moyens de pétrissage, convient de placer le marchage^ qui s'exécute sur des aires en pierreJ où l'on place la pAte arrivant des établissements de préparation à mélangée, à parties égales, aux résidus provenant des opérations èi façonnage que nous décrirons bientôt; un ouvrier la piétine en ma^ chant ilu contre à la circonférence et de la circonférence au centre: c'est 00 qu'à Limoges on appelle la danse. Puis la pâte est relevée à 11 pelle on hallous de 25 kilogr. environ et battue, soit à la main, soi! avec des battes de bois; en môme temps on la découpe avec unfl de laiton pour découvrir les soufflures et Ion mélange les raorceaui en les battant.
Toutes oos opérations mécaniques exigent beaucoup de soin et de propreté de la part de l'ouvrier, qui doit éviter que des poussières ou d'autres matières organiques ne s'incorporent dans la pûte, {)arrt qu'elles se décomi)oseraient par la chaleur et produiraient des soufflures ou des fentes; la présence d'un cheveu suffit pour pAler complètement un objet de porcelaine.
Les pûtes ainsi préparées peuvent servir à la fabrication de la po^ celaine, maison a reconnu qu'on améliorait leur qualité en les abandonnant dans des caves humides pendant un temps qui peut dur?' plusieurs années; il s'établit une fermentation donnant naissance à l'hydrogène sulfuré et peut-être, suivant M. Salvetat, à une substance glaireubC qui augmente la plasticité. Ce phénomène est désigné sou? le nom de pourriture des pâtes; il développe dans la niasse des balte gazeuses que l'on expulse par un nouveau malaxage, qui s'eïét«^*
S l'atolier de fabriciition. Les ouvriers compliment énergiqucit la [jâle avec les 'mains et en font des boules qu'ils lancent avec e contre la table de pétrissage.
faut maintenant mettre la pâte eu œuvre et procéder à la conion des \ascs de dilTérenlos formes. On siili pour cela plusieurs
idés, parmi lesquels nous distinguerons le travail sur le loin-, lulage et ie couUi'je,
! tour du potier consiste en un axe vertical sur la partie inférieure lel est implanté un grand disque horizontal en bois que l'ouvrier faire tourner avec le pied (fig. 367); un second disque plus que le premier est fixé à la pa rtie supérieure de l'axe et reçoit la L'ouvrier est assis sur un banc ; il place au centre du disque su- ■ur la quantité de pâte nécessaire, met le tou;* en mouvement et me la pièce en lui donnant app^o^imativement, avec la main, la e et les dimensions qu'elle doit a\oir. Dans ce façonnage, l'oucomprime avec les mains la balle de pâte placée sur le tour, de lère à l'aplatir, à l'allonger ensuite et augmenter ainsi son homoité; il répète plusieurs fois cette opération, en ayant soin de se iler chaque fois les mains avec de in barbaline, c'est-à-dire avec itilange de pAteet d'eau. Puis il enfonce le pouce dans le milieu
bit INDUSTRIES DU LOGEMENT ET DE L'AMEUBLEMENT.
de la balle pour la percer et en faire une pièce creuse, et, la façonnant ensuite avec les mains, il Tamène peu à peu à la forme définitive. U figure 358 représente les différentes phases de la fabrication (fou vase de porcelaine.
Tout ce que nous venons de décrire constitue Yébauchatje. C'est no travail excessivement difficile; la moindre négligence, le moindre
Vu.. ;î."»S. — l>iiri!'i'»^iit«'S |ili:i>«'S lie la faluiration tl'ini va>L' «le porc-i'laiiif
dri'aiit dlinmogénrité dans rqiaisseur, dans la structure nioléculain de la pAto, siiffiseiit pour perdre l.i pièce à la cuisson,
Lrhaiicliaire donne raremcMit à l'objet une forme assez rcf:uiHV pour ([u'oii puisse le soumettre directement à la cuisson ; au^^i loiiiplète-t-on le travail par le tournassage. Après avoir abandonné 1;. pièce pendant quelque temps à une dessiccation spontanée qui lui donne plus de consistance, l'ouvrier la remet sur le tour et, pondant qu'elle est en mouvement, il lui donne sa dernière forme et ses dimensions avec un outil de bois ou d'ardoise, appelé cstP(jm\ ([ui lui sert à l'entamer et à la polir; c'est un travail analogue à celui du tourneur en bois. L'eslè(|ue a des formes diverses, carrées, triaiiizulaires, etc. ; souvent il présente le profil même du vase à contou^ plus ou m(»ins simieux, et l'ouvrier, en l'appliquant pendant la natation sur l'objet ébaucbé, lui comnumique exactement la form»' cbercbée. Cit(»ns aussi les compas d'épaisseur employés par le potier pour mesurer les dimensions des pièces, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il n'j a plus qu'à détadier l'objet du tour, ce qui se fait eu
passant un fil métallique dans la base (fig. 359); avant la cuisson il faudra, comme nous le verrons, soumettre les pièces au travail du tr€ichevage.
Le tournassage ne s'exécute pas toujours comme nous venons de le dire; souvent on place sur le tour un moule en plâtre représentant en creux les filets ou ornements qui doivent être en relief; on y introduit l*éba!iche toute fraîche encore, on fait marcher le tour, et, à Taide d'une éponge humide, on applique la pâte contre le moule : c'est le tournassage à la housse. Après un commencement de dessiccation, on démoule, on laisse sécher de [nouveau et J'on tourne la pièce à Tintérieiir seulement, car la forme extérieure a été donnée ^ ^.^ ^ ......
^ FiG. 3o9. — Outil à deta-
par le moule. clier les pièces.
Ajoutons que le tour du potier a quelquefois Çon axe horizontal ; il est alors appelé tour anglais; il exige des niasses] de pâte plus grandes, car rébauchc doit avoir plus d'épaisseur, sans quoi les pièces se déformeraient pendant le travail. Les calibres ou estèques, qui fixent les contours extérieurs, sont ordinairement montés sur un axe autour duquel il est possible de les faire basculer pour les rabattre sur la pièce.
Le moulage s'applique à la fabrication des pièces de porcelaine qui, n'étant pas des surfaces de révolution, ne peuvent se travailler sur le tour. On se sert de moules habituellement en plâtre que l'on fabrique sur des modèles en plâtre, en terre et même en métal s'ils doivent servir un grand nombre de fois. Le moule se compose souvent de plusieurs parties qu'il est facile de séparer pour sortir la pièce fabriquée quand elle n'a pas de dépouille^ c'est-à-dire quand elle présente des saillies qui ne permettraient pas de la sortir, sans la déchirer, d'un moule fait d'une seule pièce.
Le moulage s'exécute soit à la balle^ soit à la croûte. Dans le premier procédé, on fait pénétrer avec le pouce, dans toutes les cavités et aussi également que possible, de petites balles de pâte que l'on juxtapose et que Ton comprime pour les souder ensemble.
Le moulage à la croûte se pratique en appliquant la pâte contre le moule, sous forme d'une feuille plus ou moins épaisse, et en l'y comprimant avec une éponge de manière à lui faire épouser toutes les cavités ou saillies du moule (fig. 360). Ces feuilles s'obtiennent ordinairement en écrasant la pâte sur une table avec un cylindre de bois
que l'on fait rouler sur elle en appuyant. Ou peut coraparcrMlraïjil
h celui du pâtissier Faisant des feuilles de pâte.
Pour la fabrication des assiettes et des plats, voîci commerit m
opère. Après avoir comprimé à l'éponge une plaque de pile sUIU moule en plàlri? pré^entanl en relief la forme de l'inl^rieiir I
siette, l'ouvrier place le moule (Bg. S(il) sur le tour, et penilwt l« rotation il applique contre lui un calibre dont le tranchant repré*ent( le demi-profil de la face extérieure de l'assiette; l'outil enlèw l'cic*- (lant de pllte et donne ii l'assiette la forme voulue. Cette opÉratinn s'appelle calibrage.
coulage s'exécute en versant dans un moule en plâtre une lie liquide de pâte de porcelaine (cette bouillie se nomme Uiné). Le moule absorbe Teau de la barbotine et la pâte se so- ; sur ses parois en couches plus ou moins épaisses, suivant que itact a duré plus ou moins longtemps. On renverse le moule faire écouler l'excès de barbotine et Ton retire l'objet. C'est ette méthode qu'on fabrique les tubes en porcelaine, les tasses \ très-minces, les becs de théières, les anses creuses des vases rcelaine, etc., etc.
5 objets fabriqués par les méthodes précédentes doivent être
îs avant la cuisson à un travail nommé rachevage^ qui a
but de corriger leurs imperfections et de compléter leur fabri-
î pièces qui se fabriquent par moulage et par coulage présen-
par exemple, des lignes saillantes appelées coulures qui se brmées aux points de réunion des diverses parties du moule; • fait disparaître en grattant la surface avec un instrument tran-
et dentelé, nommé gradine; en même temps on se sert des enlevées pour engraisser certaines parties qui sont trop minces, ivail doit être fait avec une grande délicatesse, il touche presque , du sculpteur. Il faut aussi boucher les trous, ou bulles, que le jlage a mis à découvert : c'est encore là une opération qui exige d'habileté, et pour laquelle l'ouvrier se sert d'une pâte ayant itnent la même densité que celle delà pièce; il a soin de ne
comprimer et d'en mettre un léger excès qu'il enlève avec la le-
rachevage comprend en outre les opérations qui consistent à entre elles les différentes parties d'une pièce, à placer les anses Tes appendices fabriqués à part, etc. Ce collage s'effectue avec barbotine.
aut maintenant procéder à la cuisson des pièces, pour leur IV de la dureté et fixer leurs formes. Cette cuisson se fait en fois : le premier degré (dégou?*dissage) a pour effet de durcir la ît de lui donner une certaine porosité; ce durcissement l'empê-
de se déformer et de se délayer dans le liquide qui va servir à la vrir de glaçure. Cette glaçure ou couverte a pour but de former urface de l'objet une couche brillante, polie et non perméable à
Il est nécessaire qu'elle ait une certaine affinité pour la pâte lique, afin de pouvoir s'étendre complètement sur les pièces et
ne laisser aucune partie à nu ; mais il ne faut pas cependant qot cette affinité soit assez forte pour la faire pénétrer dans la pâte. U couverte doit être plus fusible que la pâte céramique, mais la diJerence de fusibilité ne doit pas être trop grande; car si la couverte I» dait avant que la pâte fût cuite, elle coulerait vers les parties i rieures ou pénétrerait dans le corps de Ja pièce. Enfin, elle présenter la même dilatabilité à la chaleur que la pâte, sans quoi se fendillerait ou se tressaillei*ait en tous sens.
La couverte est ordinairement une bouillie claire formée par mélange de quartz et de feldspath ; l'ouvrier y trempe l'objet à y/fl«r, le liquide est rapidement absorbé et laisse à sa surface une cou mince d'une substance facilement fusible qui, pendant la cuis-on, fondrçi et formera une espèce de vernis. Après la pose de la couv des femmes examinent les pièces et remettent de la glaçure avec pinceau sur les parties qui n'en ont pas pris, comme celles parlcs-l quelles Touvrier tenait la pièce ; elles enlèvent aussi la glaçure aui points qui ne doivent pas en être recouverts, tels que le dessous dei pièces, les gorges qui reçoivent les couvercles, etc.
Quand la barbotine est séchée à la surface des pièces, on les introduit dans des cylindres de terre réfractaire, ou cazeties^ où on les soutient, de manière qu'elles ne se touchent pas, à Taide de supports en porcelaine de forme variée, appelés pernettes^ colifichets^ patte$ decoq^ etc. Cette opération, que l'on nomme encastage^ a pour but de protéger les objets contre la fumée et les cendres et de les empêcher de se souder ensemble. Elle doit être exécutée avec beaucoup de soin; la plus grande attention est apportée à la disposition desj pièces, au choix des cazettes, à leur nettoyage, etc.
Après Vencastage vient l'enfournement, qui consiste à disposer les cazettes dans un four (fig. 362) chauffé par des foyers extérieurs et ordinairement divisé en plusieurs compartiments superposés, celui da bas étant nommé laboratoire^ celui du haut dégourdi. Ce dernier est (lesliné, à cause de sa température plus basse, à la première cuisson des pièces avant la pose de la glaçure. L'enfournement exige encore de très-grandes précautions : les piles de cazettes doivent être bien verticales, se soutenir les unes les autres par des accots, qui sont des pièces en terre cuite que Ton dispose entre elles.
La cuisson de la porcelaine se fait généralement au bois, quelquefois à la houille, à Sèvres par exemple. On commence par un feo lent qu'on uomme petit feu et l'on termine par le grand feu. Pendant la première période, l'eau qui se trouve encore dans la pâle se dégage lentement et sans déterminer les fêlures qui se produiraiefl^
inévitablement à une température plus élevée ; le grand feu opère la caisson proprement dite, la glaçure fond et recouvre la pièce d'un vernis uniforme. Pendant cette fusion, les objets ne se collent pas aux cazettes, parce qu'on a eu la précaution d'enlever la glaçure sur les points par lesquels devait avoir lieu lecontact entre la pièce et la
porccbii
cazelte. C'est cette partie que l'on voit rugueuseà la face inférieure des assiettes, des tasses, etc.
Après la cuisson, dont le temps varie avec la nature et les dimensions des objets (seize à vingt heures pour le petit feu, dix à douze heures pour le grand feu), on défourne avec soin, on vérifie les pièces et on les classe d'après leur perfection et leurs défauts. Quelques-uns de ces défauts sont corrigés par des opérations spéciales,