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CHAPITRE VI

imONZES D ART ET D'AMEUBLEMENT, FONTES D'ARTS D1\T:RS

L*intéricur de nos appartements et l'extérieur de nos habitalioos sont décorés par des objets de nature diverse, et dont la fabrication occupe, surtout à Paris, un assez grand nombre d'ouvriers. Nous cite rons les bronzes d'art et d'ameublemeet, les zincs d'art recouverte de cuivre et imitant le bronze, les objets de fonte de fer servante i décoration monumentale. Toutes ces industries ont les beaux-arts pour origine, et quoique leurs produits soient bien différenU^, elle» peuvent être considérées comme appartenant à la même famille.

URONZES HAUT ET I> \\ M E IBLEMENT.

Lo bronze tient, à bon droit, le premier rans: dans cette farai:^e d'industrie> artistiques ; son usage remonte aux temps les plu? anciens, et tous les peuples semblent lavoir choisi de préférence \mi lui conlîerle soin de transmettre aux âges futurs les chefs-d'œmro Je leurs artistes: la facilité avec laquelle il se moule, la finesse de ^es tons, sa résistance à Taction du temps, justifient complètement b taveur dont il a joui dans le passé.

Les objets dart reproduits par le bronze sont dus à deux classe:^ d*artistes : les statues, les bustes, sont faits par le sculpteur statuairr, les autres objets, comme les coupes, les lustres, les flambeaux, etc., sont créés par le scu/ftfeur ornemanhfe.

Les artistes créent le modèle, soit d'après leurs propres inspiratioiiN suit d'après les indications de l'industriel qui les emploie et qui coni- |K>se d abord un premier dessin, en se informant aux exitiences & la fabrication. Ces modèles sont faits avec une argile douée de plasticité, ou a\eo du pkUre, et s«.int ensuite livrés au fondeur, qui reproduit d'abord leurs détails dans un moule en creux. Ici se présente

BRONZES D'ART ET D'AMEUnLEMENT. 609

une diflêrence essentielle entre la manière dont on procédait autrefois et la méthode que Ton suit aujourd'hui, et cette différence est la cause d une certaine infériorité dans la valeur de la plupart des produits modernes. Autrefois l'artiste fondait lui-même son cuivre et le retouchait ensuite par la ciselure ; aujourd'hui l'œuvre de l'artiste est livrée au fondeur, qui la transmet au ciseleur; et, si habile que soit ce dernier, il ne parvient pas toujours à la perfection qu'aurait obtenue le maître lui-même. Cette différence constitue pour l'industrie du bronze la nécessité de former des ouvriers artistes capables d'interpréter avec talent la conception de celui qui a créé le modèle.

Le moule destiné à recevoir le bronze fondu est ordinairement fait avec du sable de Fontenay-aux-Roses; ce sable ne doit contenir ni calcaire, ni oxyde de fer, le calcaire donnant lieu au moment de la coulée à un dégagement d'acide carbonique qui nuirait au résultat de l'opération, l'oxyde de fer pouvant à une haute température se combiner avec la silice du sable et produire des composés fusibles qui entraîneraient de graves altérations dans le moule. Nous n'avons pas à décrire avec détails les procédés employés par le mouleur; il sufûra de se reporter à ce que nous avons dit h ce sujet lorsque nous nous sommes occupé de la fonderie. Remarquons cependant que la fabrication des moules destinés à reproduire les objets d'art exige de la part du mouleur un soin infini et des précautions que n'est pas obligé de prendre le mouleur en fonte de fer. Le moule est recuit à l'éluve et recouvert de poussier de charbon pour éviter défausses adhérences. Dans ces derniers temps, quelques fondeurs ont substitué la fécule de pomme de terre au charbon, dont la poussière présente des inconvénients au point de vue de la santé des ouvriers. Mais cette substitution ne paraît pas avoir donné de bons résultats : la fécule communique au moule une sécheresse et une aridité qui l'empêchent d'être perméable aux gaz; il en résulte qu'au moment de la coulée du métal l'air, ne trouvant plus d'issue facile, produit dans la masse métallique des ravages qui rendent les surfaces rugueuses.

Lorsqu'il s'agit de pièces ayant des dimensions dépassant une certaine limite, la coulée ne se fait plus maintenant d'un seul jet : quand on remet un modèle au mouleur, il doit l'étudier avec soin et le diviser par la pensée en parties qui seront fondues à part. Cette division du travail a été pour l'industrie du bronze la cause de progrès incontestables.

Il est un autre procédé de moulage qui n'est employé que dans des

cas très-rares, mais que nous ne pouvons passer sous silence, parce

qu'il a servi de touttempset qu'il don ne des résultats bien supérieurs:

(i1(i IMlLSTlOES W LOGEMENT ET Iff L AlffiUlLEIEm

cet;! le ujoulaee u cire perdue. Ici c'est l'artiste iuî-nièiiie quilùtl moule, et la foute reproduit vov œuvre avec la plu? ^muide fidâitti cjtDiiieuce jjar fabriquer avec du plâtre un iio}*au repi É:ro»ièreirjeiit le^ forme? qu'il ^eut créer; il le reisouvre ensuite d*! épaiiiï.eur de cire correfpoijdaut à oeUe que doit avoir le métal,! c e?it ?ur ce* le cc»uche de cire qu'il travaille suivuiit le^ iuspirationsi ^ju ^'étiie. Ou«Lnd le modèle e^t fini, l'arûsiele reconrre d'une de harh^jWi^, OU saLle d»!^layé dan? l'eau, qu'il eleiid au piiit^u:i| la laisse è^'ber pendant deu\ ou troi? jour?^ pui? applique «uccfts- Aerneut un nombre de œuclie? suffisant pour que la bariwÙDf laaj autour de la cire une enveloppe d'une ré^ij^unce conveuai)lt^. L «ft évident que cette barlK»tJne étendue au pinc-eau ^^e modèle sur k r.ff a^K' une t'-anôe délicat^-^se. en reproduit tou? le? détait averfine»^ eî,?j loij \e'.aît à faite fundre la cire on aurait en creux un moui»- ]iarfbit 'Je !"<jeu\re de larti-te. Ce^t le m^yen qu'on emploie. (»t ?:• t Aire ù*a}M.«rd ie m^Kièle a^ec une en\ek»pT»e en jil&tre^ ou chajie.n pabie de ?*vu\rir. puis on chauffe le mouiv lenii-ment à J"t-xi*TO*ur.b chaleur se projia^'eant peu à i»eu arrive jusqu'à la cire, qui s»eftii»dfi ?' écoule budfrhorï p-ir un orifice jiratiqué à cet effet. 11 n'j B]ii':^ alor^ qu'a cou!*.r le mét-il d:nr 1 espace laissé libre par ïh fusion de :; c:r»'. L a^a'jij:^'»- d'un tel pr'.">d»r est inc'>nte?tabie: k- înivail Ji. fii-

{.p'-i-i-rî V'jt»^ ::•; iîj»'t:iqu»;. C«* ; r^c-iv. dû à M. r.. .L,>. .. r-Tiùiû j"ir.'l';-*.r:»r 'i"i Monze 1»> plu* ^raii»)- >enioer, tu ce st*Tl^ ^][j :. ....-*. p»':'i:ji' 'i'.' '. ML''iii-'r d»?- U'uvr*:-- qui, jiar îvur r-iroî»- e: Jvl: î: v «HeN-. fi^' ,'"'i\.'ii*.'riî tr'»u\v':- |il-n;«; que dans r.os mus es «:•:; d:-:.? /.? r.p.i.r.'.j.K.- d»; rirlif'- amateur-.

r^upi^^^-oii- qu'il >*at:i:rïe de faire en petit ûî:. o^i le buste M : «•:! placera re l-u-tf -ur une i>late-fMrnie lt,qui peut t-'urner aui-ur dH:i axe \».Mti«:M *< r«'<;e\«âr >ou mouvement dune \is sans fin mue yî-sh rnani\rlle C. A une c»Tt;iirie di-tance est une autre plate- foruie R portant, i^mni»- ia première, une r«Mie dentée engrenée a\eo la \is -an- fin «-t t'jurnant à chaque niouvenn-nt de cette \is du même anizîe (jue la plat^'-lnruie 11. Sur la seoMiide plate-forme est disjiosre une masse dar-ile molle qui \'d ser\ir à modeler le huste que l'on >eul reproduit', i^our cela, en avant des deux plates-formes est placé un pantograplie OaAM//^ Cet instrument jouit de la propriété pco-

BRONZES D'ART ET D'AHElJBIJ:Hk:NT.

ique suivante : si on le déplace de manière à faire décrire à une le M une certaine courbe, un burin placé en m décrira une le semblable. La touche et le burin peuvent glisser dans des

•«lisses que l'on voit sur la règle Om M. Ce fait étant admis, si avec la touche on parcourt une courbe quel-

■nque sur la surface du modèle, le burin tracera une courbe sem-

blable dans la matière molle. En rapprochant ainsi les courbes ^écrites, on parcourra tous les points contenus dans une portion quelconque de la surface du modèle, el le burin tracera, dans le même temps, t^nr l'argile une surface exaclcmenl semblable à celle qu'aura parcourue la touche; en tournant la manivelle C, on fera tourner les deu% plates-formes R et R' et l'on pourra opérer sur une autre portion Quelconque de la surface du modèle. Quand on aura promené ta ttuche sur tous les points du modèle, le burin aura reproduit dans la matière molle un buste identique.

' Reprenons maintenant la description des opérations que subit un objet en bronze avant d'être livré au commerce.

En sortant de la fonderie, les différentes parties du modèle sont "■ difrtribuées entre les mains d'ouvriers spéciaux : le tourneur rectifie *, EUT le t')ur les formes auxquelles ce genre de travail est applicable ; le ^ tourneur en rétreignanl ou resserrant les molécules du métal lui T- donne de l'éclat. Le travail du tour appliqué à des formes élégantes, ornées de jolis profils, peut donner, surtout dans les itstensUes, des ^ objets charmants et d'un excellent usage; il a de plus l'avantage

ol2 INDUSTRIES DU LOGEMENT ET DE L'AMEUBLEMENT.

crêlre bon marché. Hajusteur se livre à un travail de retouche, qui a pour effet d'assurer Tagencement parfait des différentes pièces; enfin, le ciseleur reprend le tout et corrige au burin les imperfectioDS delà fonderie.

Ordinairement, le fabricant confie à son ciseleur le plus habile Texi^cntion d*un premier modèle, qui sert ensuite indéfiniment à h fabrication des moules. On comprend l'intérêt qu'il y a à ce que a premier modèle soit bien exécuté, car l'industrie du bronze n'employant pas deux fois le même moule, il est souvent nécessaire de le refaire un grand nombre de fois, et il est bon d'avoir pour cela ud modèle en mêlai qui soit aussi parfait que possible.

Il iry a plus maintenant qu'à donner au bronze, qui est jaune, le ton et la nuance que doit avoir sa surface. Tantôt il reçoit une couleur appoli'^o patine, tantôt sa surface est dorée.

La patine est ce ton, si recherché des amateurs, que prend avec le tem[>s la surface des objets en bronze exposés à l'action de l'air et des agents atmosphériques. Cette couleur varie suivant les époques : elle est d'autant plus belle que la composition du métal est meilleure ; elle est surtout admirable dans les bronzes antiques et florentins.

Ou oonnnunique directement au bronze la couleur antique en h\M sasuif.ioe avto dos solutions diverses dans lesquelles entrent du sti an\nuMuai\ du \inaii:ri\ du nitrate de cuivre, du sel marin, (!♦' li or^ino kw \av[\\\ Vax ro|M''tant crs l.ivaiios et en laissantsérher clia«|i.'.' l\>is Li lii-solntii'i^ ou arii\e you à ]«eu au t«»n \oulu. L< linniz»"ijui livÎNonî a\o::* un ivfl^t jaune sont dabord treinj>r> d;insdo- biiii" d\»r vi^si "..i:>so'.i: il»'p'W;M' à leur surface une cuuolie très-miiue dfr. pui^ o:\ i^r.;»' »^' !o> ili>M»;uti"ns saièes, et Ton frotte a\»:r (le> hrnSN'^ >v.v ! -.; .1 ."■.*- ■^:: ;\ rais do la sauiruin»* et de la mine do plomb, l! tai* ,\\v ;:• > ::\ ;■ v.r .*:*ri\or à u:i Inau r«»!i, de passer les brosses sur u:i luovroa,; lio o ro ;A\r.:o :\\à:îî do frotter le nu^tai.

l..i ilv-n;":^ s' .::•::.: ; .\rdou\ {•r'»o,JtS principaux : la dorttre 'f\'

L.^ ; ri :vi.v * r. ;-\:o o-: de v.i-'i:.^ e:imv»ins sui\i; non? en d»'o:i-

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..; -•:. . / .i . 1 V : . ;::: a:::-^ i::i- .i\ r. o*o>t-à-ilire un allia^r [iât.':i\

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