BRONZES DART ET D*AMEUBLEMENT
Le métal, avant de recevoir Tamalgame pâteux, subit certaines piréparatioQS qui prédisposent sa surface aux opérations de la dorure, pièces en bronze doivent d'abord être recuites; on les place pour dans une espèce de cylindre en briques que les ouvriers appellent war^oufle^ et qui est chauffé intérieurement avec du charbon de bois ou charbon de terre. Un grillage en fer placé à une certaine ince des briques maintient le charbon et laisse intérieurement un ice vide oîi Ton suspend les objets. Quand la pièce est portée LU rouge cerise, elle est retirée du moufle à Taide de longues pinces on la laisse refroidir lentement à Tair. L'opération du recuit a surtout pour but de débarrasser les pièces de toutes les matières Igl^asses que leur surface a pu prendre pendant les travaux auxquels elles ont déjà été soumises, matières qui auraient pour effet d'empêcher Vadhérence de l'amalgame. M. Darcet pense que cette opération a aussi pour conséquence de volatiliser une certaine quantité de zinc à la surface du bronze et de rendre celle-ci plus apte à se combiner avec Vamalgame. A la température élevée qu'elles subissent pendant le recuit, les pièces se recouvrent d'une légère couche d'oxyde dont on les débarrasse par le décapage^ en les plongeant dans des bains acidulés, le premier avec l'acide sulfurique, le second avec l'acide nitrique; elles sont ensuite brossées, lavées à grande eau et séchées dans la sciure de bois. Leur surface devient alors d'un beau jaune pâle et légèrement grenue.
Les pièces sont maintenant aptes à recevoir l'amalgame, qui s'applique avec un pinceau en fils de laiton h^^ûê gratte brosse et que l'on trempe d'abord dans une dissolution de nitrate de mercure. Quand tout l'amalgame est bien réparti, on volatilise le mercure en exposant la pièce tenue dans de longues pinces à l'action d'un feu de charbon de bois.
La dorure au mercure est une industrie des plus insalubres et des plus dangereuses pour les ouvriers qui la pratiquent : les vapeurs de mercure produisent sur l'organisme des effets désastreux : tremblements nerveux, amaigrissement général, perte de la mémoire, paralysie de la langue, etc. Aussi a-t-on tout fait pour conjurer ces terribles dangers, et l'oi; doit à M. Darcet un appareil qui, s'il ne remédie pas complètement au mal, en atténue beaucoup les effets. Sans décrire l'appareil inventé par M. Darcet, nous dirons qu'il se compose d'un fourneau d'appel muni d'une hotte sous laquelle s'effectuent les différentes opérations : les vapeurs mercurielles sont continuellement entraînées par le tirage de la cheminée, et les ouvriers sont protégés contre leur atteinte par des vitres et des ri-
r>li INDUSTRIES DU LOGEMENT ET DE L'AMEUBLEMENT.
deaux derrière lesquels ils se placent pour manœuvrer les pièces.
Dans ces derniers temps, on a proposé dans le même but l'emploi de la casaque des plongeurs, avec laquelle l'ouvrier peut trafailier sans subir Tinfluence des vapeurs mercurielles et en prenant ao dehors l'air nécessaire à sa respiration.
Quand la pièce est terminée, elle est lavée, puis gratte-brossée avec de l'eau acidulée par du vinaigre. Mais elle n'a pas encore la belle nuance jaune que l'or doit lui communiquer; on la lui donne parla mise en couleur^ opération qui consiste à appliquer sur eue ao pinceau une bouillie appelée or moulu et composée sur 100 parties de 30 parties d'alun, 30 de salpêtre, 30 d'ocre rouge, 8 de sulfate de zinc, 1 de sel marin et 1 de sulfate de fer ; on la porte ensuite sur un feu de charbon de bois jusqu'à ce que les sels, fondus et desséchés, prennent un aspect brunâtre. Les différents corps qui composent Vor moulu agissent sur lor, lui font prendre le ton voulu, et il n'y i plus qu'à les dissoudre en plongeant la pièce dans Teau acidulée par Tacide chlorhydrique et en la lavant à grande eau ; on sèche ensuite dans la sciure de bois.
La surface de lordoit alors être polie; c'est le but de Topérationdu bnoiissage^ qui s'effectue en frottant les différentes parties de la pièce avec des outils en acier p(»li ou avec des pierres dures (anales et hématiles^ em iiAssôes dan? des manches en bois.
Certains objets en bn>nze doré présentent des parties mates àowX les tons s'«»pposent à ceux des parties brumes et produisent le meilleur elTol. Voici comment on obtient ce résultat par une opération, appelée mtUage, qui se pratique a\ant le brunissage. Les parties qui doivent être brunies sont recouvertes au pinceau avec de Vé/Mirgne, ou niélancode blanc d'Espagne bien broyé et d'eau légèrement .i:omnieuse et sucrée: puis on chauffe l'objet sur un feu de charbon de bois jusqu'au jxnnt de faire bleuir les parties dorées et on le couvre au pinceau d'une composition désignée sous le nom de mai et formée de 5 p;\rties d'eau, 4i> de salpêtre, 40 d*alun et 3 de sel marin. La pièce, après avoir été recouverte de ce mélange à deux ou trois reprisi^, est chauffiH^ jusqu'à ce que les sels se fondent et plongée vivement dans Teau froide. A la température employée, les sels réagissent I un sur l'autre et pn^luisent un dégagement de chlore qui dissout le cui\re on tous les pi^ints de la surface où n'a pas été appliquée la courbe do blanc d'Es|vi::ne: en ces points lor forme une espèce de réseau qui no ri'tloi hil plus la lumière et produit l'effet mat. Les parties < if^:*ym'V^ <<m\ brunies par leî^ moyens ordinaires.
Kn pivsonoe des dangers si graves qu'offre la dorure au mercure,