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GRAVURE

On connaît depuis longtemps le moyen de graver en creux des dessins sur des planches métalliques, mais c'est au Florentin Maso Finîguerra que l'on doit d avoir utilisé ces planches à la reproduction sur papier des lignes gravées. C'est à lui qu'est due l'invention de la gravure au buriîij qui de tous les procédés en usage est le plus ancien. Malgré la variété des méthodes de gravure, nous les ramènerons toutes à deux types principaux: la gravure en creux ou en taille-douce ^ et la gravure en relief ou en taille d'épargiie.

La gravure en creux s'exécute sur métal au burin ou à Yeau^forte.

La gravure au burin consiste à pratiquer dans une planche de cuivre, qui doit être très-homogène, dessillons entrecroisés, ou tailles^ reproduisant tous les détails du dessin. Ce travail, qui est très-simple comme description, exige de la part de l'arliste une très-grande habileté et se fait à l'aide d'un outil en acier appelé burin. Si l'on passe sur la planche ainsi gravée un tampon imprégné d'encre d'imprimerie très-épaisse, l'encre entre dans les tailles et il devient facile de reproduire par impression sur une feuille de papier les dessins gravés. Dans la pratique, le burin ne sert ordinairement qu'à activer le travail préparé par l'action de l'eau-forte, action dont nous allons maintepant parler.

(.80 INDI'STIIIES SATISFAISANT AUX BESOINS INTELLECTIELS.

La gravure à Veau-forte^ dont les uns attribuent rîn\ention Albert Durer, les autres à François Mazzuolli, a été pratiquée |)oarl pi-emière fois par Wenceslas d'Olmtiltz, en 1A66. Ce procédé consis à creuser le métal (cuivre ou acier) par laclion de lacide azotii étendu d'eau. Pour atteindre ce but on couvre la planche d'un vei composé de poix de Bourgogne, de poix noire, de cire vierge d'asphalte; puis, avec des poinles, on enlève le vernis suivant k lignes du dessin. On borde ensuite la planche d'une petire nuirail de cire, de manière à en faire une espèce de cuvette, dans laquelle oi verse Teau-forte (composée ainsi, pour le cuivre : acide azotique, 1 partie; eau, 2 parties; azotate de cuivre, 60 gram. par litre; poui l'acier: eau distillée, 15 parties; alcool, 2 parties; acide azotique, 1 partie; azotate d'argent, 1 gram. par litre). Le mordant attaque Ici métal, le creuse partout où il est à nu, c'est-à-dire suivant les lign«| du dessin, et respecte les parties recouvertes de vernis. Quand l'al-l taque est jugée suffisante pour les tailles fortes et commence i\ atteindre celles qui doivent être moins creusées, on transvase l'eauforte et l'on ajoute de l'eau ordinaire. Puis on enlève la couche de* vernis en frottant la planche avec un morceau de charbon de saule; par un lavage à reau-lbrte, on rend au cuivre sa couleur qui a été altérée, on arrose la planche avec de l'huile et on la frotte assez éneri:iquemcnt avec un morceau de feutre à clinpeau : elle est pi été à ^Miv livrée à riin|)rimt'ur.

La graAure en taille-douce se fait aussi sur pierre. A[>rès avoir préparé la pierre avec une solution de tannin, do izomnie laque ti d'acide nitrique, qui empêchera l'encre d'imprimerie do jirondp* -iir les parties non gravées, on décalque le dessin à graver sur la pienv. Pour cela, on enduit d'une poudre rouge appelée sauyuine lc\ol^<' de la feuille où est le dessin, on l'applique sur la pierre et, en sui\ai)î les lignes de ce dessin avec une pointe, on les reproduit en traits coïK-titués par la sanguine. Ce sont ces traits que le graveur entaille ensuite* au burin. Après gravure, on enduit la pierre avec de rimilepinirla préserver de l'humidité et avoir des tons plus purs; puis elle e^t liNPoe à rimpiimeur, qui se sert d'une j)resse analogue à colle que i:oikdécrirons bientôt à propos de la lithographie.

Pour la gravure des sujets qui doivent être reproduits un grand nombre de fois, on emploie souvent la méthode des reports sur zim\ Cette méthode consiste à tirer d'abord sur papier une épreuNO d^'la gravure sur pierre; puis, par un moyen analogue à celui que non? verrons employé par les lithographes, on reporte les lignes de répreuve sur une plaque de zinc, que Ton attaque ensuite par un

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acide. L'encre de Tépreuve reportée protège le raélal de l'action de l'acide et quand l'attaque est faite, toutes les lignes sont en relief sur la planche métallique, dont les parties non couvertes d'encre ont été creusées par le liquide. On se sert alors de cette planche comme si elle était un cliché d'imprimerie. On comprend que, lorsque le tirage l'aura détériorée, la pierre gravée, qui n'a encore fourni qu'une épreuve, permettra de faire un nouveau report aussi pur que le premier, et ainsi de suite.

La gravure en relief on en taille (Il épargne se pratique ordinairement sur des morceaux de buis en bois debout. Le graveur entaille au burin toutes les parties qui doivent rester blanches : les parties correspondant aux noirs seront en relief et prendront seules l'encre lorsqu'on passera le rouleau à leur surface.

Le graveur sur bois suit dans son travail le dessin fait à la surface du morceau de buis par un artiste appelé dessinateur. Voici comment ce dessin est exécuté : Le dessinateur en fait d'abord un projet sur papier et place sur lui une feuille de papier gélatine transparent; avec un burin très-fin il suit les principaux traits : il obtient ainsi, en gravure sur papier gélatine, l'esquisse du dessin. Après avoir passé sur la face gravée un peu de sanguine, qui ne reste que dans les sillons formés par le burin, il applique cette face sur le morceau de buis, et en frottant le papier gélatine il reproduit sur le bois l'esquisse du dessin. C'est sur cette esquisse qu'il travaille ensuite au crayon et à l'encre de Chine.

Le talent du graveur ne réside pas seulement dans la sûreté de sa main, mais surtout dans la manière dont il interprète le dessin pour en reproduire les effets. Il doit savoir rapprocher ou éloigner ses tailles, suivant qu'il veut avoir des tons plus clairs ou plus foncés.

Le bois gravé peut servir à imprimer sur papier, mais on comprend qu'au bout d'un certain nombre de tirages les reliefs s'écraseraient et perdraient de leur finesse. Pour éviter cet inconvénient et respecter aussi longtemps que possible le travail du graveur, on procède par clichage^ c'est-à-dire qu'on reproduit par galvanoplastie le bois gravé, et ce n'est plus le bois qui est employé à l'impression, mais le cliché qui, dès qu'il sera détérioré par l'usage, pourra être refait sur le bois.

Le moule, qui servira à la reproduction galvanique, est fabriqué soit avec de la gutta-percha ramollie qu'on applique sur le bois et que l'on soumet à une forte pression pour la forcer à bien se modeler sur lui, soit avec de la cire. Voici la méthode que nous avons vu suivre

688 INDIISTH1ES SATiSFAlSAÎÏT MU BESOPiS INTELLECTITIS. chez M. Stoesseï-, clicheur à Paris, qui préfère employer la an, parce qu'elle ne subit point de retrait par le refroidissement el, pu suite, ne donne pas lieu à des déformations inévitables avec la guUipercha.

On fait fondre de la cire jaune el on la tamise; puis on la coule dans une espèce de cuvette en plomb peu profonde : quand elle eâl solidiûée, on la saupoudre de plombagine, on passe un blaireau à sa

surface pour enlever l'excès et on glisse la cuvette, avec la r-ire qu'elle contient, dans une coulisse portée par la plalc-forme supérieure a fixe d'une presse que représente la figure il8. Au-dessous d'elle et sur une plaie-forme mobile, on place le bois dont oti leut prendra ' l'empreinte. A l'aide d'une roue à bras que montre la figure, on manœuvre une vis qui fuit ouvrir l'angle de deux plaques de fonte appelées genoux et situées au-dessous de la plate-forme mobile. {Od ne voit sur la figure que l'un de ces genoux; l'autre, qui est voisin de la roue, est en parlie caché.) A mesure que la roue tourne, les penoiu s'ouvrent, font monter la plate-forme et appliquent le bois sur la cire. Grftce à la pression considérable et très -régulière eiercée par 1* machine, l'empreinte se fait sur la cire de la manière In ]ilus détiote. Au bout de quelques instants, on a une épreuve en creux sur !■ planche de cire qui est devenue très-dure; on la plombagi

lagii^l^

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suia et un la purle au bain de sulfate de cuivre. L'actiun du courant décomposé le sel et fait déposer le cuivre sur le moule; après quarante-huit heures de bain, on obtient une planche de cuivre reproduisant avec finesse tous les détails du bois.

Celte planche ne serait pas assez solide pour servir à l'impression ; il faut la doubler d'une semelle en plomb. On étnmesa face inférieure, puis on la place dans une cu^etle et l'on coule sur la face étamée du

plomb fondu, qui, après solidification, forme la semelle destinée à rendre le cuivre plus résistant. Il n'y a plus maintenant qu'à nettoyer le cliché {ce qui se luit avec de l'essence minérale, de la poudre appelée terre pourrie, et de la sciure de bois) , à le dresser et à le rendre parraitement plan. TjP dressage de la face de plomb est commencé sur le tour et achevô sur una machine, que représente la figure âl9. Elle se compose d'une plate-forme horizontale, mue par des engrenages et . des crémaillères que met en mouvement une roue à bras; au-dessus de cette plate-forme et à l'extrémité de la machine se trouve un rabot fiïe. On place le cliché sur la plate-forme en mettant au-dessus la semelle de plomb ; l'ouvrier, en tournant la roue à bras, fait passer le cliché sous le rabot qui le dresse.

INDUSTRIES SATISFAISANT AUX BESOISS IMiUXÊCTfELS.

On di'coupe ensuite les bords à la scie circulaire, on les rabote t4 l'on dresse le cliché en le plaçant sur une pierre plane, en le recou- \rant d'une planche d'acajou bien plane aussi, et en frappant smàlit avec lin marteau; enfin on dresse encore sur le tour la semelle di> fonte et on lamine une dernière fois au rabot. Toutes ces précanlioiu sont nécessaires pour que les chehés puissent s'agencer exactement dans les formes d'imprimerie.

C'est par ce procédé que l'on fabrique les clirhés qui servent à fait» les figures des ouvrages illustrés.

LITUOCBAPIIIE.

La Hthofîra])liie est un art qui wnsiste h imprimer les caractèrt» el dessins tracés avec un corps gras sur une pierre calcaire appdér fnerre lithoijrapldque. L'invention de cet art remonte à l'année 1799: f^lle est due à Aloys Senefelder, choriste au théâtre de la c^ur à Munich. Senefclder avait composé plusieurs pièces de théâtre; mais n'ayaiii [i;is les ressources suffisnntes pour subvenir nu\. froîs de leur impression, il chercha le moyen économique de reproduire l'écriture. Après des essais assez nombreux, il eut l'idée d'utiliser à cet effei une pierre calcaire que l'on trouve en abondance aux environs ilc Munich, qui a le grain serré et peut recevoir un beau poli. II îma^na (l'écrire sur celte pierre parfaitement polie, à l'aide d'un corps gnâ, [luisde verser àsasurfaceun acide qui, rongeantla pierre bus eiulnnt^ non recouverts decorpsgraset la respectant au\ parties préservées pv Itii, mettrait les caractères en relief et produirait ainsi une v^iritablf planche d'imprimerie. Senefelder n'obtint pas le relief nécessaire poor l'impression, miiis il remarqua que la partie nlliiquée de la pienv était devenue incapable de recevoir l'encre d'imprimerie, si bien que, lorsqu'on passait h sa surface un rouleau à encrer, les caractfrres seuls se chùrgeuieut d'encre. Il suffisait alors d'appliquer une feuille At papier sur la pierre, de la soumettre à une pression convenable pour avoir la reproduction des caractères tracés. Tel est encore le priiiai» sur lequel repose la lithographie. Depuis Senefelder cet art a subi^p remarquables perfectionnements; il fait aujourd'hui l'objet d'uni' imporl-tnlp industrie qui s'est répandue dans toutes les grandes villes, mais dont Paris est surtout le siège. Nous allons en décrire les principaux délails.

On emploie communément en France deux espèces de picn*litliof^rapbiques : celles d'Allemagne ou de Munich et celles des pu-

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